Préparation des chevaux et des cochers

Avant de vous présenter le chevaux et leur travail il nous faut vous expliquer deux ou trois petites choses. Notre projet de partir en Mongolie en roulotte hippotractée dépendait de l'achat des chevaux certes, mais aussi d'un lieu où construire cette fameuse roulotte. Pour les chevaux notre choix s'est porté sur des Comtois, rustiques, forts, capables de stabulation libre même l'hiver etc. Choisir un fournisseur dépendait d'une renommée sur le dressage, l'assurance de trouver des chevaux formés à un peu tous les travaux en plus de l'attelage et celle de tomber sur des équidés au caractère stable et assuré.

De fil en aiguille notre route nous amène au printemps à rencontrer la famille Cannelle à Balaiseaux (39)  dans le Jura Français.

Cette demeure tenue par les Cannelles, Denis, son fils Fabien, la maîtresse des lieux Régine, est un élevage de traits Comtois. Membres de l'association Accueil Paysan, ils y louent chambres d'hôtes, gîte, roulotte etc. Le fils Fabien, a développé en plus un manège avec pensions, cours d'équitation, d'attelage, avec de nomreux chevaux de selle.
 Il excelle dans le débourrage, et ce sont des gens engagés dans la responsabilité écologique, énergétique, et d'autres pensées alternatives.

Bref on se trouve non seulement devant des gens aptes à nous guider dans notre choix, à bien  nous conseiller, mais aussi face à des gens qui nous ressembles.

Après deux visites notre choix est fait, nous achèterons les chevaux ici, et en très peu de temps nous nous sentons bien conseillés et avons choisi notre paire de Comtois.

Voici As Des Ormois                                                                                       Voici Altesse Du Mont

Hongre né le 14/05/2010                                                                           Jument née le 6/04/2010

 

Ils sont jeunes, mais solides et volontaires. As a déjà pas mal d'expérience. Il sait tout faire, travail monté ou attelé, débardage, hersage ou laboure, aucun travail ne lui fait peur.

Pour François Cannelle, le frère de Fabien, c'est avec  un pincement au coeur qu'il le voit partir, ils étaient complices à travailler au bois, et nous le remercions pour sa participation à l'éducation de ce pénomène de travail qu'est devenu As. Il obeit à la voix, parfois on se passerait des guides sans soucis. Préparé pour les concours SHF il est le moteur mais aussi la sécurité de notre attelage.

 

Altesse c'est la force tranquille. Montée, attelée, pas de soucis majeur. Elle manque d'expérience mais se prête volontiers à tout connaître. Un peu inquiète dans les rues avec les camions, elle reste pourtant gérable et va vite s'habituer au reste.

Merci à Denis de nous avoir conseillé une excellente paire de chevaux. Il vont partout, passent des rivières, des ponts en bois, ils ont le profil pour notre périple.

Très vite As et Altesse se sont attachés à nous, même s'ils travaillent volontiers avec d'autres personnes, le lien privilégié est fait, un déplacement d'un weekend à 15km pour des démonstrations de travaux avec traction animale nous l'a montré, ils nous considèrent déjà comme leur référence dans leur rapport à l'humain, la complicité s'installe de jour en jour.

 

Construire la roulotte en Suisse posait quelques problèmes. Autre que celui de trouver l'endroit pour le faire, atelier et outillage, il fallait aussi travailler avec les chevaux pour nous apprendre à bien les conduire, on ne s'improvise pas cocher du jour au lendemain. Donc le lieu de construction dépendait aussi d'une pension pour les chevaux proche l'un de l'autre. En plus, en Suisse la réglementation pour les chevaux venant de France et l'utilisation d'une roulotte demandent quelques démarches administratives coûteuses et compliquées.

 

Du coup on a pensé travailler à mi-temps pour un paysan Français qui nous accueillerait avec nos chevaux et nous laisserait faire la roulotte chez lui, tout cela devenait compliqué. Ayant parlé de tout cela avec la famille Cannelle, leur ouverture d'esprit, leur générosité, l'attrait pour notre projet, ils nous ont offert de construire la roulotte chez eux et d'être sur place pour nous faire la main et travailler les chevaux à loisir.

 

C'est la belle saison, début de l'été, alors voilà nous nous installons ici sur un bout de terrain. Tentes de camping, une bâche de 20m2, nous avons notre chez nous provisoire, de l'outillage à disposition, du savoir partagé et de l'aide sur le chantier. Un bel esprit de servir leurs clients.

 

Premiers pas, premières expériences avec nos Comtois. As comme Altesse sont certes des chevaux de trait, mais ils sont également d'excellents compagnons de ballades, sûrs et calmes, on s'est rendu compte qu'ils peuvent être un outil pédagogique important avec les jeunes.

Sven en pleine leçon d'équitation

 

 

Premières sorties en attelage et démonstration de la force inpensable de ces chevaux. Nous avons attelé As et Altesse à un char agricole, départ pour ramener des balles de foins. 5 balles de 250 kg par voyage. Si l'on compte le poids du char à vide plus les trois occupants on est à 2 tonnes au moins. 

 

Nous aurons durant tout l'été utilisé ce char pour nous faire la main et entraîner les chevaux. Campagne, mais aussi villages, villes, convoi à la déchetterie, courses aux super marché pour les habituer à l'arrêt dans le trafic et bien d'autres tests comme des passages de gué, de passerelles etc.

Au tour d'Irene de prendre les rênes en main. Ce jour là c'est avec un char suisse que nous nous familliarisons avec les petits chemins et les routes nationales.

 

Chez les Cannelles c'est le défilé ininterrompu de toute sorte. Clients du manège, clients du gîte et des chambres d'hôtes, et aussi de gens qui viennent apprendre à atteler et conduire des chevaux. Nous profitons de chaque conseils, nous rencontrons pleins de gens et nous nous faisons beaucoup d'amis. Nous participerons également à conduire des hôtes, des classes d'enfants, et d'autres personnes à faire des ballades en attelage. C'est formateur pour nous et nos chevaux.

Denis Cannelle, en route avec une calèche d'époque décorée pour transporter des mariés durant leurs noces.

Lors d'une journée porte ouverte à la ferme Cannelle, durant les journées à la ferme organisées par la chambre d'agriculture, les nombeux visiteurs ont pu profiter de ballades en calèche mais aussi s'émerveiller devant les animations préparées pour l'occasion par la famille.

Ce jour-là, As et Altesse ont pu aussi apprendre un autre travail et nous démontrer l'étendue de leur talent et de leur fiabilité. Certes, le meneur est le maillon principal de cette attraction à 2 ou 4 chevaux que l'on nomme la poste hongroise. Fabien qui se plait à faire l'équilibriste nous a éblouis autant que nos chevaux durant les entrainements. Fauchés comme les blés, voilà une autre façon pour nous sur la route de la Mongolie de gagner quelques roupies.

 

Voici la calèche de 8 à 10 places avec laquelle nous nous familliarisons à ballader des visites. Bon exercice pour nous et nos comtois.

Passage de gué, nous sommes devant des chevaux qui n'ont peur que de peu de chose et pas de l'eau.

Qui dit partir en roulotte et préparer nos chevaux, dit également se fournir en matériel d'attelage. Colliers, harnais, brides et rênes, enfin tout un tas de choses qu'il nous faut commander sur mesure, apprendre à maîtriser et aussi essayer. Par chance, un sellier bourelier compétent et connaisseur nous a été indiqué par Denis à 20km de là.

Rien de plus important pour les chevaux qui travaillent que leur sabots, leur santé et un bon ferrage. Les pattes de comtois sont grandes et larges. Trouver des maréchaux pour nos deux chevaux le long de la route ne sera pas facile. De plus c'est un budget qui explose le coût du voyage, et encore faut-il que ce soit bien fait.

La décision est donc prise, je vais apprendre à ferrer, Denis se prête volontier à me lâcher son savoir en la matière, et je profite de chaque maréchal qui passe ici pour aller les voir travailler. Nous allons ferrer nos chevaux nous-même, le poids du matériel de ferrage et le stock de fers et de clous nous fait déjà peur (sourire).

Encore quelques exercices avec nos comtois. Travail dans les champs, dans les bois, ici un test sur une javeleuse lors d'une journée de démonstration d'anciennes machines agricoles hippotractées.

Peu avant le départ, essais de couvertures sur nos Comtois. En effet après le travail dans le froid hivernal sans stabulation, il n'est pas plus mal de protéger nos chevaux des coups de froid. Nous avons reçu en cadeau de très bonnes couvertures doublées qui se révèlent être à la bonne taille.

 

Voilà, le sourire d'Irene me dit que nous sommes prêt à partir. On ne lit plus sur son visage les tensions et inquiétudes du début face à ces éléphants. Elle rayonne et les chevaux ont accepté de nous servir.

As le Roi, chef de notre attelage le confirme, nous sommes prêts à partir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 18/07/2015