Nouvelles de Ritana 22/10/2015

YES WE CAN - WELCOME IN SERBIAN

 

 

Ritana Team a deux nouvelles d'importance, nous sommes enfin en Serbie depuis le 20 octobre au soir, et hier le 21 octobre 2015 nous avons fêté la première année de notre départ de Balaiseaux dans le 39 de chez Denis et Fabien Cannelle où nous avons acheté nos deux Comtois et construit notre roulotte.

365 jours de voyage, un peu plus de 3000 km, merci à tous ceux qui nous ont aidé et ont rendu cela possible.

 

La fête s'est passé dans la ferme de Zoran et sa famille qui nous ont accueilli de nuit après notre passage.

Des collègues, éleveurs ovins eux aussi, notre premier contact avec les Serbes est des plus chaleureux et nous montre combien ils sont honorés de pouvoir nous aider.

 

Seulement infos importantes, ceci ne s'est pas passé le 8 octobre dernier comme annoncé. Nous  avons été une énième fois refoulé, comme à chaque tentative, il manquait encore des papiers, et des papiers, des démarches que l'on a bien entendu oublié de nous dire avant, un "foutage" de gueule des autorités douanières qui ont bien risqué de me mettre en colère. Je l'ai été plusieurs fois, mais cette fois-ci j'en étais pas loin à prendre radicalement les choses en mains et la laisser éclater cette colère. 4 tentatives et jamais les renseignements complets.

 

Nos amis ont été patients, plus que moi, toute l'organisation avortée avec tracteur ou camion pour Ritana, van pour les chevaux, tout cela pour rien et revenir en arrière, et je vous le dis, le jeu que nous ont fait jouer les autorités Serbes nous a coûté 800 euros de frais, entre transports ratés et frais annexes comme les prises et contrôles de sang etc. Cela a coûté aussi un prix inconnu à nos hôtes Croates qui ont tout organisé pour nous, ainsi que les nombreux coups de téléphone et j'en passe. Bref, avec ce que nous a coûté ce dernier passage mais cette fois, réussi, nous en sommes à plus de 1000 euros de frais à cause de la mauvaise volonté de ces autorités douanières. Autant dire que ce dernier mardi, nous avons eu soin de refuser tous frais hors normes qu'on a tenté de nous faire encore cracher. Cela  nous a coûté 9H00 d'attente en douane avec les Comtois dans le van, mais grâce à notre obstination et l'aide de notre ami négociateur Krésimir que je vous présente plus bas, nous sommes passés à 70 euros légaux de frais en place des 150 que l'on a tenté de nous soutirer. Eh oui, en dehors des services vétérinaires il y a tout un tas d'intermédiaires surprises, des frais d'entreprises de transit, alors que nous faisons un voyage d'agrément et non du commerce d'animaux.

 

Nous prenons un risque de le dire publiquement ici, mais tout n'est pas très clair et à l'avenir durant notre traversée de la Serbie, nous serons déterminés à ne plus nous laisser faire. Qu'on ne s'attende pas à nous voir être des pigeons et entretenir un système administratif déviant. C'est à se croire déjà dans les pays en "stan" de l'Asie centrale qui nous attendent.

 

Mais nous devons encore le dire, on a eu trois alliés qui ont permis ce passage et que nous voulons remercier vivement et nominativement.

 

Merci à toi,  Krésimir Banovic de OTOK-Croatie !!

Cet homme de bien, très fin négociateur, connaisseur des rouages administratifs et des graviers potentiellement présents dans les engrenages, nous a donné 15 jours de son temps, et des frais inhérents, afin de nous permettre de passer finalement en Serbie.

Merci à vous Dijana Memic Chancelière de l'Ambassade Suisse de Belgrade 

Grâce à elle, ses nombreuses démarches auprès des autorités Serbes, également des jours et des heures de travail, elle nous obtient un précieux sésame, une autorisation de 30 jours pour traverser la Serbie avec nos chevaux ce qui était impossible sans elle.

Merci au Ministère Serbe des Services Vétérinaires et de la Nature à Belgrade

Pour avoir permis ce trajet, même s'il est à notre goût un peu trop juste et contrôlé. Ils ont tout même réussi à trouver une alternative pour déjouer le blocage des autorités.

 

Ci-dessous quelques images de ces derniers 15 jours.

Après notre passage raté du 8 octobre nous avons été obligé de libérer l'emplacement de Lipovac, nous avons trouvé refuge à Nijemci. Des gentils paysans, Zvetlana et son mari, nous ont permis de nous installer dans une allée au centre du village, en fait le parking de leurs machines agricoles et remorques. Comme il n'y a pas d'herbe ils nous offrent du foin et nous passons quelques jours ici à tenter d'organiser notre passage.

Nous avons fait une journée en bus à Vukovar, ville où se trouve l'inspection vétérinaire de ce district. Des frais pour rien, ils nous organisent un certificat vétérinaire qui se trouvera ne pas être valable non plus. Nous en profitons pour prendre une photo d'un monument bien connu, c'est la tour d'eau détruite durant la guerre et qui sert un peu de mémoire et d'attraction touristique.

Si à Vukovar on garde volontairement quelques stigmates avec des bâtiments touchés, on se plait tout de même à les fleurir.

Krésimir Banovic nous invite alors à déménager chez lui à Otok. Déjà nous serons mieux avec les chevaux, en plus c'est un district différent, plus approprié pour obtenir un autre sésame, celui d'une autorisation ministérielle Croate. Non seulement elle nous aidera à entrer en Serbie, mais surtout, pour en ressortir sans quarantaine ou euthanasie, risque que nous courrions sans même le savoir.

En deux jours nos éléphants ont mangé ce qu'il y avait d'herbe et plusieurs jours consécutifs de pluie ont fait de ce paddock un champ de boue où nos Comtois trépignent et s'ennuient. On leur donne du foin et nous allons 3 fois par jours les faire paître une à deux heures dans des prés non loin de là. Tous les voisins sont aux petits soins avec nous, on finit par être connu de tous et les cadeaux et autres attentions pleuvent. Cela nous aide à supporter l'absurdité de la situation.

Durant ce séjour forcé nous aurons la chance de visiter avec Krésimir notre hôte, le haras national Croate de Lipizzaner à Dakovo

Nous y visiterons également la cathédrale. Je prends une photo du haut de la nef car je suis surpris de la présence d'une croix renversée. C'est quand Krésimir me dit que l'édifice est consacré à Saint Pierre que je comprends la chose en laissant mon étonnement de côté.

Ivan, le fils de Krésimir, comme toute la famille d'ailleurs, est un fervent défenseur de la culture de Slavonie. C'est en habits traditionnels que nous le retrouverons un dimanche à la sortie de la Messe qui fête la fin des récoltes. Ni Irene, ni moi, ne sommes habillés pour cet événement, c'est en bottes de paysan que nous irons le retrouver.

L'habit des jeunes filles est particulier. Il représente celui des jeunes femmes prêtes au mariage. Elles portent autour du cou 99 pièces d'or et la centième dans le corset entre leurs seins, c'est la dote de mariage.

 

Enfin le jour " J " est arrivé, le 20 octobre on charge Ritana sur une dépanneuse, les Comtois dans un van, et nous tentons encore une fois notre entrée en Serbie. Cette fois on espère la bonne, on a tous les papiers demandés, reste à savoir s'ils vont encore nous en demander un autre...

Tena, la fille de Krésimir qui parle un parfait anglais, est aussi présente pour nous traduire toutes les tractations. Nous la remercions beaucoup, elle a toujours été là aux côtés de son père et à notre service, car Krésimir s'il maîtrise la diplomatie et les rouages administratifs, il ne parle bien que le Croate.

Plus de 4H00 seront nécessaire rien que pour l'autorisation de sortie des chevaux du territoire Croate et pour négocier le prix de passage. Pourtant les autorités en étaient averties et les documents nécessaires présentés

Ensuite côté Serbe même topo. Notre Chancelière de l'Ambassade a téléphoné pour avertir de notre arrivée, que tout est en ordre, et qu'il serait judicieux de nous faciliter et accélérer les choses. Mais là aussi nous devrons attendre, et attendre, 5H00 de temps pour se faire dire qu'il nous manque un autre papier. On nous dit que sans carnet ATA les frais seront d'au moins 150 euros. Un carnet ATA après renseignement n'est qu'un passeport destiné à l'exportation ou l'importation de marchandises commerciales. C'est en rien ce que le service du transit des douanes Serbes prétendent, un passeport international pour chevaux. De plus nous ne faisons pas commerce de nos bestioles, c'est nos amis et le moteur de notre attelage.

Négociations, allers et retours d'un bureau à un autre, c'est en tout au bout de 9H00 de temps sur place qu'on nous laisse partir et entrer en Serbie moyennant la somme de 70 euros, versés à cette entreprise de transit et 20 euros de taxes douanières et vétérinaires. Qu'on m'explique cela, je n'ai toujours pas compris !!

Adieu la douane Serbo-Croate de Bajakovo-Batrovci, nous avons beaucoup appris de vous, en effet cette expérience va nous servir dans un proche avenir.

Aujourd'hui 22 octobre nous reprenons enfin la route, elle nous fait passer par Sid, une ville Serbe sous les feux de la rampe médiatique.

C'est par cette route que sont acheminés les réfugiés de la "crise", la Croatie les laisse encore passer pour le moment par la Douane de Tovarnik non loin de là.

 

La présence du cyrillique nous montre bien que nous sommes en Serbie, allez maintenant décoder les panneaux et autres infos, nous allons bien rigoler.

 

Nous faisons route en direction de Belgrade, les gens sont très accueillants, nous sommes aidés, attendus, c'est avec un comité d'accueil que le Maire nous reçoit ce soir à Bacinci.

Un pré au centre du village, eau à disposition, nous renouons avec la confiance et l'espoir.

 

Bientôt d'autres nouvelles de Ritana Team, enfin cela dépendra des connexions internet que l'on trouvera.

 

Irene et Marti