Nouvelles de Ritana 18/12/2015

Quelques nouvelles avant Noël

 

Bonjour tout le monde !  Notre route continue et se passe bien. Les températures baissent, nous avons eu plusieurs nuits avec du gel, mais dans l'ensemble la chance nous sourit, nous n'avons pas encore eu des chutes de neige nous obligeant à nous arrêter.

Lors de notre dernière étape à "Simian" et nos dernière news ici même, le matin au départ nous avons fait la connaissance d'un "meurtrier". C'est en fait un tueur de cochons. Ici en Roumanie à l'approche de Noël c'est une tradition de tuer le ou les cochons, une fête avant l'heure, et l'occasion de faire des réserves de saucisses et viande fumée. Cet homme est un spécialiste de la question, il est employé un peu partout chez des particuliers qui ne maîtrisent pas la chose, avec son vélo il parcours parfois jusqu'à 50 km pour aller tuer la gente porcine chez des clients ou des voisines.

Là nous étions prêts au départ, il a rivalisé de bonté pour nous donner des adresses pour achat de foin, de grain, bref nous mettre en contact et sur la bonne route. J'ai beau lui dire que nous sommes modernes et connectés à un GPS, il a fallut qu'il insiste  longtemps avant de nous laisser partir.

Bonne nouvelle pour les Comtois, nous quittons cette nationale pleine de camions pour une route plus calme et moins fréquentée. Direction Calafat, c'est dans ses environs que nous prévoyons une pause et le départ d'Irene pour passer les fêtes en Suisse avec la famille.

De "Simian" nous arriverons à "Rogova", 25 km c'est une habitude pour nos chevaux, mais cette fois avec un col et une montée de 5 km. Bon on s'inquiète toujours pour rien, ils font cela comme si c'était normal, sans montrer un "raz le bol" ou quelque faiblesse. Cela prouve qu'on sait aussi faire les pauses aux bons moments, comme ici au sommet de ce col et que leur régime est approprié.

Le moteur de notre 2 CV chauffe et le radiateur fume

Arrivés au village on se met en quête d'un pré pour la nuit et la célèbre corvée d'eau au puit. Cette fois j'obtiens de l'aide d'une grand mère, elle insiste pour actionner la chaîne elle-même pour les 120 litres nécessaires, ainsi que la charrette pour amener les bidons. Je suis gêné mais je sens bien que je dois me laisser faire au risque de l'empêcher de se donner pour nous et de lui manquer de respect par mon refus. Les Roumains ont cette culture de l'accueil qui parfois insistante nous met mal à l'aise...

L'étape suivante nous amène à "Recea". Endroit ou la police nous déconseillait de camper en sauvage en bord de route. Au fait, question contrôle de police on est tranquille, cela s'est calmé et les seuls que nous croisons maintenant c'est pour nous féliciter sans aucune demande de passeport.

Des gens s'attroupent autour de nous à notre arrivée, l'un deux nous invite à passer la nuit chez eux et d'autres rivalisent de vouloir aider en nous offrant foin livré sur place en attelage. Un beau pré clôturé avec une belle herbe, douche WC à disposition et même une machine de linge. C'est en complète sécurité que nous passerons la nuit sur ce plateau à mauvaise réputation.

Chaque parking où nous nous arrêtons faire pause, est un endroit blessant pour nous. Des monceaux d'ordures en tous genres que les gens déversent ou déchargent sans aucune gêne ou regret, c'est la culture c'est comme ça. Tous ici sont un peu paysan, tous ont besoin de la nature pour assurer leur autonomie et la base alimentaire. Mais peu ont conscience que cela dépend aussi de la manière dont on gère les déchets et comme l'état n'aide en rien faute de structure, alors on s'en débarrasse comme ça. Mais cela a l'avantage de donner la chance de trouver quelque nourriture aux nombreux chiens errants que l'on voit partout.

Traversant des villages, nous voyons des attelages partout. Certains font sourire, d'autres font pitié, peu impressionne, tous nous étonnent. A l'image de ceux dont le cheval attend sagement son meneur devant un café ou une épicerie, sans être entravé ou attaché, d'autres comme celui-ci où un trait est décroché du collier et entoure un antérieur. Je ne sais pas si cette entrave est dissuasive, mais je sais qu'avec nos comtois cela ne servirait à rien et ne les empêcherait pas de bouger la roulotte. On a la chance que la confiance soit là et qu'ils ne tentent rien de ce genre nous attendant sagement eux-aussi, même si nous ne les laissons jamais sans surveillance, qu'au moins un de nous deux soit dans les environs au cas où...

"Hunia", dans ce village dernière étape avant "Calafat"  on nous réserve une bonne surprise. Adrien et Claudia nous reçoivent chez eux, un beau terrain de luzerne entièrement clôturé et ils nous invitent le lendemain à participer à la coutume Roumaine de cette période, tuer et transformer un ou plusieurs cochons selon la richesse de la famille. Ceux qui n'en élèvent pas iront en acheter un pour assurer l'aspect culturel de l'action.

Si dans le cochon tout est bon, dans l'homme non !  (dixit Juliette Nourredine)

Et cela donnera lieu à une fraîche dégustation et à un cadeau à emporter en l'espèce d'un bon kilo de filet.

Même Irene, alors quasiment végétarienne, souffrant avec l'animal et étant à cheval sur les conditions d'abattage en tant qu'ancienne éleveuse d'ovins qu'elle accompagnait à la boucherie pour en vérifier les conditions et saluer encore une fois ses laineux amis avant la lame du couteau, elle-même se mettra à participer à la coutume, à aider, et même à déguster.... Hihihi  elle a craqué et même aimé

En tout cas, nous sommes reçus comme des rois, nous sentons une nette différence avec nos premiers pas en Roumanie dans une région plus pauvre où si l'accueil était plus distant c'était à cause des conditions, les Roumains sont heureux de nous recevoir, de faire connaissance avec nous et notre projet, et le coeur qu'ils mettent à nous accueillir est un baume au coeur, les températures baissent, les étapes deviennent difficiles pour tout le monde et pour passagers de tous poils, chacun aime trouver un bon manteau.

Les passants nous posent souvent beaucoup de questions. On ne sait pas toujours quoi répondre surtout si on ne les comprend pas. Le principal s'échange : vous venez d'où ? vous allez où ? pourquoi faites-vous cela ? que mangent vos chevaux et n'ont-ils pas froid ? invariablement les mêmes questions et les mêmes réponses. Et d'autres individus nous demandent tout à fait autre chose, comme ce cheval qui nous questionne : il est où mon maître ?

Allez lui dire qu'on en sait rien, qu'il doit attendre, alors qu'il parle cheval, en plus en Roumain, et que nous pas un mot de l'un ou l'autre...

Ensuite nous passerons une nuit juste avant Calafat, un parking de (TIR) relais routiers de poids lourd, ou mille pattes pour les initiés. Wifi sur le parking, WC et douches, eau pour les comtois, toutes commodités pour 2 lei par personne, soit un total de 1 euro... Pour le pré c'est un pâturage communal donc pas de soucis c'est gratuit.

Il commence à geler la nuit, aussi nous mettons les couvertures au chevaux en fin d'étape pendant environ deux heures afin de les sécher puis nous les enlevons. Ils passent de bien meilleures nuits avec le poil sec.

 

Le lendemain arrêt à Calafat pour se renseigner sur les bus ou les trains pour le départ d'Irene. Nous recevons la visite d'une fille et sa grand maman, elles sont si belles qu'il est difficile de ne pas dégainer l'appareil.

Nous faisons aussi connaissance d'un berger gardant ses chèvres qui nous étonne beaucoup, parlant un parfais français, italien et même espagnol. En fait c'était un marin, péniches, bateaux poissonniers en mer, bref il a bien voyagé et il est loin de coller à ce qu'il ressemble en roulant ses cigarettes de son propre tabac cultivé au  jardin et dans des pages de  la version anglaise et "Second"  de la "holy bible" en guise de papier à rouler...

De là nous allons encore plus loin de 15 km pour nous arrêter à "Poïana Mare". Le bus pour Bucarest y passe et s'y arrête et ce gros bourg est réputé tranquille.

A peine arrivés Johan nous amène chez lui, comme s'il nous attendait.

En fait notre réputation nous précède, sans qu'on le sache, les gens se téléphonent et s'avertissent de notre arrivée.

Avec son épouse Madalena ils nous invitent dans la cour de leur ferme, foin de luzerne et maïs à volonté mais pas de pré, mais les comtois s'y sentent très très bien.

Ici aussi on a tué le cochon, repas et franche amitié partagés.

Notre visite donne lieu à de nombreuses visites, il semble que ce soit finalement un honneur de nous recevoir.

Johan aura bien insisté pour faire de la place et mettre nos Comtois en box. Mais nous connaissons As et Altesse, ils n'aiment pas ça et préfèrent rester dehors, alors voilà en vitesse un petit parc autour de la mangeoire improvisée et tout le monde est content...

 

Nous en avions fait part sur Facebook, une nouvelle chanson a vu le jour entre les planches qui servent de murs à Ritana. Mais nous n'avons pas encore eu la chance de pouvoir l'enregistrer, c'est un peu plus tard que nous viendrons la mettre en ligne sur le blog.

 

Voilà c'est tout pour l'instant, nous souhaitons un joyeux Noël et des bonnes fêtes à toutes et tous. Prenez soin de vous et merci de venir nous lire, votre fidélité est une bonne motivation pour nous.

 

Bises de nous,

Ritana Team