Nouvelles de Ritana 17/09/2015

Nouvelles du Front

 

Nous sommes encore à Suza aujourd'hui. Nous faisons un jour d'arrêt supplémentaire imprévu. As notre hongre avait deux clous dérivés au pied arrière droit. En voulant refaire le ferrage hier soir je me suis frappé le pouce avec mon marteau, donc main inutilisable pour quelques jours ou plus, c'est à voir.

Bonne nouvelle cependant, un voisin et ami de la propriétaire du pré que nous utilisons est venu ce matin pour faire le travail à ma place et tout s'est bien passé, nous pourrons reprendre la route demain.

En attendant, comme on pouvait s'y attendre, et comme s'y attendaient les autorités Croates, la frontière hongroise s'étant fermée à la vague de réfugiés syriens, ils ont été poussés et conduits par les serbes à la plus proche frontière Croate, celle de Batina que nous n'avions pas pu passer avant hier.

Depuis la terrasse de l'hôtel restaurant où nous sommes à travailler des mails et où la même propriétaire nous a offert de faire de la lessive, un ballet encore ininterrompu ce soir au moment même où je vous écris, de voitures, ambulances, minibus et autocars de la police Croate, récupèrent sur le pont Danubien à Batina et servant de frontière, un afflux de plusieurs centaines de réfugiés syriens et afghans, affamés et malades. Nous les voyons passer et ils sont emmenés à quelques kilomètres de nous dans un camp militaire avant de savoir ce qu'ils en feront. C'est l'animation dans le village, surtout avec les allers et retours d'une jeep de la compagnie des eaux qui vient chercher des vivres à l'épicerie juste à côté. Achats et confection de sachets portions avec fruits, jus de fruits, barres chocolatées et autre biscuits pour répondre à l'urgence alimentaire.

Un policier nous répond que 500 à 600 personnes sont déjà récupérées, mais personne ne peut prévoir encore combien de migrants vont se présenter dans les heures qui suivent. Nous ne pouvons que regarder ce manège et compatir, nous n'avons aucun moyen d'agir. Je pense que les autorités s'y attendaient car dans le lot des nombreux véhicules j'ai aussi vu des jeeps et voitures de la croix-rouge et une voiture du HCR. Merci Henry Dunant !!

Nous repartons demain matin et aurons certainement d'autres nouvelles à vous partager sur ce thème et ce drame humanitaire.

Ci-dessous quelques photos que j'ai pu voler par-ci par-là avec notre téléphone.

 

Un des nombreux cars escorté par une jeep de la gendarmerie

Ces minibus de 12 places sont remplis de gens assis et debout, pas loin de 20 personnes par véhicule. J'ai arrêté de les compter tellement il y en avait.

 

Arrêt express de deux de ces véhicules devant nous pour gérer une personne souffrant d'un malaise. Le flic nous dit qu'ils sont sous-alimentés et malades

L'aide locale s'organise, les Croates sont ouverts et compatissants, le services des eaux achète  et transporte de la nourriture

A l'heure où je vous écris, le temps que mettent les véhicules de police à faire leur allers et retours se réduit, donc ces réfugiés sont en marche sur la route et s'approchent. Est-ce vraiment bien de 600 personnes dont on parle, puisque le bal continue ?

 

J'en saurai plus dans le heures qui viennent et ne manquerai pas de venir vous le faire savoir

 

Marti, Ritana Team