Nouvelles de Ritana 17/08/2015

Coucou tout le monde

Nous avons mis un peu de temps à revenir donner quelques nouvelles ici parce que depuis dépassé le sud de Budapest nous peinons à trouver des connexions internet. Le chemin que nous suivons de l'euro-véloroute R6 nous méne que dans de petits villages où les bistrots que nous croisons n'offrent pas ce service.

Bien que depuis 2 jours nous avons enfin eu de l'orage et de la vraie pluie qui rafraîchit un peu l'atmosphère, nous souffrons encore de la chaleur et de ces plus de 40 degrés à l'ombre journaliers. Ceci devient tellement lourd à force et de jour en jour, qu'à peine arrivés dans nos étapes on cherche un bain et de l'ombre et ne bougeons plus ou le moins possible. Hier et aujourd'hui il fait moins chaud grâce aux orages et si la météo ne ment pas, nous devrions aller vers des jours plus cléments au niveau températures.

De plus, cette canicule nous impose le ralenti, même en se levant  de manière à partir à 6H00 et s'arrêtant à 9H00, parfois les pauses obligatoires ou forcées nous donnent pas la chance de bien avancer. Cette semaine nous avons fait une belle étape mais dans l'ensemble on dépasse rarement les 15 km et nous avons le sentiment de faire du "sur place". Tout en longeant cette ile sur le Danube dont on ne voit pas la fin, même si nous avons rejoint la terre ferme à Ràckeve, le paysage est sublime mais monotone et l'eau du canal est chaude comme de la soupe et ne nous rafraîchit même pas.

En ce qui concerne nos Comtois tout va bien, ils supportent ces chaleurs mieux que nous et nous prenons le temps de leur trouver des places à l'ombre à chaque étape, ce qui explique aussi la baisse de distance. As notre hongre, "Assou" pour les intimes, n'a pas montré de faiblesse et ne boite absolument plus, même en étant tombé sur les genoux lors d'une montée sur un revêtement bitumeux glissant. ils vont bien et sont toujours très motivés au travail.

 

Quelques infos sur nos dernières étapes :

 

Alsónémedi, une étape importante pour nous, sur le plan humain et aussi structurel qui nous a tout offert.

Avant tout un pré assez vert caché dans une forêt de trembles et d'accacias, de l'ombre pour nos chevaux et aussi le calme loin des routes et des maisons après 800 mètres de piste de sable. Ensuite une belle surprise, Irene m'attendait devant les chevaux arrêtés en bord de route le temps que j'organise de l'eau. Un type arrête sa voiture, en sort et ouvre son coffre, et nous donne 6 grosses pastèques en insistant que si nous ne mangions pas tout les chevaux allaient s'en occuper.

En effet je peux vous dire qu'ils adorent ça nos deux chameaux.

Ensuite on a eu une autre bonne suprise. Nous avions trouvé un bar ouvert 7/7 et 24/24, ce qu'ils nomment ici les "Non Stop". Celui-ci nous a donné plus que l'on attendait. De la boisson fraîche et de l'ombre oui comme partout, mais ici on a pu renouer avec les "Ice coffee". On adore ça nous deux mais ici en Hongrie on a vite appris que c'est mieux de ne pas se faire d'illusion et de s'attendre à tout. Genre en ville dans un bar habitué aux touristes on te sert un café avec glace vanille et chantilly, je dirais passable et agréable, ou au pire comme cela nous est arrivé, tu commande un Jeges Kavé "café glacé" et on te livre un expresso avec deux glaçons, et on a eu pire encore... Là la fille dont le bar était climatisé et avec internet, nous a fait de merveilleux cafés glacés correspondant à notre culture et nous avons passé ici au frais les heures les plus chaudes de la journée.

Dunaharaszti est l'étape suivante, assez gros bled, une ville même, on y trouve un supermarché connu partout on y fait des courses et après l'avoir traversée cette ville, à l'endroit même où sur la carte j'ai vu des prés et nous voulions camper, on tombe sur un manège club équestre et rien d'autre. Pas le choix, ou nous devons faire encore plus de kilomètres mais on en a fait assez et il fait chaud, ou nous devons négocier l'accueil ici et ça fleure le fric à plein nez. Eh Ben voilà comment on se trompe, ce sont eux qui viennent à notre rencontre, nous demandent de quoi on a besoin, et on explique vouloir se poser ici pour une ou deux nuits, car entre temps on a des bricoles à faire sur la roulotte et les batteries à recharger. Ils nous offrent tout ce qu'on demande, un pré avec de l'ombre, du très bon foin et de l'eau à volonté, la porte nous est grande ouverte surtout à l'annonce du nom de nos medecins quand ils demandent si nos chevaux sont vaccinés.

On nous donne tout ainsi qu'accès à l'éléctricité et aux sanitaires, nos chevaux deviennent les vedettes de ce manège et de tout le monde, notre projet un sujet de discussion, et à notre départ on nous indiquera que le séjour est totalement gratuit. Bel esprit de soutien et de fraternité.

Enfin nous on a été reçus comme des papes, on remercie beaucoup le couple de propriétaires et Robet leur manager. Le Mustang club équestre est un bon souvenir et l'aide concrète est totalement désintéressée.

Voici leur lien : http://www.mustanglovasclub.hu

Ensuite nous allons sur cette fameuse ile sur le Danube, nous allons à Szigetszentmiklos. C'est une adresse que nous a transmis le radiologue d'As, il s'est arrangé pour nous y faire héberger quelques jours, nous étions en recherche d'un lieu pour faire une pause prolongée. Nous sommes aussi reçus gracieusement par les propriétaires mais nous n'y restons pas. Le manège est neuf et en contruction, donc sans aucun arbre et en plein soleil, le premier jour a été un tel enfer que dés le lendemain on est repartis pour avoir la liberté des places ombragées que l'on trouve assez bien même au gré de la chance, on laisse notre pause de côté.

Nous longeons donc cette ile de son côté Est en direction du Sud et trouvons un emplacement adéquat à Szigetmajor après une pause obligatoire le matin dans une épicerie.

Deux voisines, une mère et sa fille, nous apporterons des pommes pour nos comtois, un retraité cycliste fera pareil avec des épis de maïs tendres, sans avoir rien demandé à personne nous sentons que nous sommes bien accueillis par le voisinage. La route est pittoresque, elle longe des résidences de toutes sortes et de toutes conditions, avec ce bal éternel des chiens qui gueulent à notre passage, et des chiens ici il y en a partout, tout le monde en a un ou deux pour surveiller leur bout de jardin.

Dans cette ambiance de chenil en traversant les villages, nous ferons stop au bord de la route, Irene ira avec de l'eau et de la nourriture, contenir deux chiots à peine sevrés dans l'enceinte de la clinique vétérinaire encore fermée où des irresponsables les ont abandonnés. Leur taille leur permet de passer sous le grillage et ils se jettaient sur la route à la suite de n'importe quel passant pour obtenir de quoi boire ou manger.

Ensuite la véloroute que nous suivons se rétraicit et devient ingérable pour notre grosse roulotte, nous devons faire un détour par les champs pour rejoindre une départementale et reprendre la véloroute plus loin à 5 km. Une piste de sable défoncée à travers champ, un gymkhana dont Irene commence à bien maîtriser les difficultés, comme les évitements de nids de poules qui risquent souvent de faire verser la roulotte. A chaque passage de ce genre, nous louons notre instinct d'avoir fabriqué notre roulotte avec des essieux aussi larges et solides même si le poids total est parfois un handicap dans les montées. En fait, les imperfections de notre construction deviennent des atouts majeurs que nous ne regrettons pas.

Plus bas au Sud on repasse côté Est du Danube et quittons cette ile à Ràckeve. Nous espérions trouver une place ici pour accès internet et d'autres commodités mais on a rien trouvé qu'un pré d'entreprise de construction et en plein soleil. Alors après 7 km de plus, après la ville et une étape de 23 km, on trouve un pré ombragé au bord de l'eau sur une parcelle à vendre et dont l'herbe est riche et ne sert à personne. Par chance il y a aussi une de ces rares pompe à eau à 50 mètres ce qui nous évite de faire des km pour notre propre consomation.

Le canal s'il ne nous rafraîchit pas beaucoup à la baignade tant l'eau est chaude, le soir il nous offre une vue magnifique

Ensuite notre route nous mène jusqu'à Szentgyörgypuszta, petite étape de 13 km mais qui nous fait prendre post ici ca il fait déjà chaud mais on y trouve à nouveau un pré sous des arbres et une pompe à eau potable à 30 mètres. Mais toujours pas d'internet pour venir vous donner des nouvelles.

(Au moment même où je vous écris ces lignes l'orage surcharge un transfo moyenne tension et il n'y a plus de courant dans le resto où on se trouve, je devrais aller chez des privés, ceux-ci même chez qui nous sommes en ce moment avec nos chevaux pour venir finir la mise à jour)

Ensuite cette jolie route de la véloroute R6 nous conduit à Szalkszentmartom d'où nous vous écrivons ces lignes. Nous nous y arrêtons parce que nous sommes sûrs d'avoir internet et qu'une gentille famille nous propose leur pré bien fourni et de l'eau.

Nous profitons de cet accueil pour prendre un jour de pause après 5 jours de travail, car s'en est un et pas que pour les chevaux. Se lever à 4H00, défaire le parc, rouler 3H00 et refaire le parc sous le soleil, transporter l'eau, enfin tout est difficile par cette chaleur et devient un vrai travail pour nous aussi. Ceux qui pensent que nous sommes chanceux de prendre de telles vacances se trompent. Oui nous sommes chanceux de vivre notre rêve avec ce voyage d'aventuriers, mais ce ne sont pas que des vacances et tout n'est pas si beau ou si simple, et encore heureux qu'on trouve l'aide des gens sur la route, sinon ce serait limite calvaire certains jours.

Quelques compensations :

Outre des paysages magnifiques et la découverte de la culture hongroise toujours plus attrayante et charmante, il y a ceci ...

Les patisseries et les glaces artisanales de Hongrie sont de très bons remèdes qui retapent bien les fins d'étape.

Il y a aussi ceci ...


Le charme de se croire encore dans les années 60 ou 70 en croisant tous les jours d'anciennes Skoda, Traban, Lada, autant de vieux tacots qui ici roulent encore et toujours et nous dépaysent à coup sûr.

Ou encore ceci ...

Un nombre incalculable de petits bistrots qui laissent croire qu'ici les patentes sont faciles à obtenir, mais qui rafraîchissent le passant ou le voisin et qui comme ici nous a retenu pour deux choses. La musique passée par le propriétaire, et l'étude sociologique que nous faisions de la clientèle.

Et enfin encore ceci ...

Dans tous les coins de rue, même dans les villages les plus paumés, ouverts dimanche comme la semaine, comme toutes les épiceries, des vendeurs de fruits et légumes qui nous donnent de quoi nous raffraîchir et de nous assurer subsistance à bas prix.

Voilà pour l'instant, nous reviendrons donner des news et des sentiments, toujours au gré des connexions possibles, mais en attendant sachez que ce voyage nous prend les tripes et nous fait encore rêver. Et travailler avec nos chevaux devient une telle nécéssité, un tel plaisir, qu'il faudra sûrement penser à conserver ce privilège au retour.

A bientôt

Ritana Team

 

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