Nouvelles de Ritana 16/09/2015

Coucou tout le monde

Nous sommes en pause pour 24 heures à Suza, en Croatie

 

Ben non ! Pas encore ! Nous n'avons pas réussi à entrer en Serbie à Batina. C'est un poste de douane certes récent et moderne, mais il n'y a pas moyen de le traverser avec d'autres animaux que des chiens.

Donc on nous renvoie à BajaKovo, seule douane Serbo-Croate munie d'un contrôle vétérinaire. C'est à 150 km plus au sud, en fait cela nous oblige à faire toute l'étape Croate que nous voulions éviter. Ma foi, si nous ne pouvons pas faire autrement on fera ce détour, ce n'est que les prémices de bien d'autres soucis de ce genre que nous rencontrerons en Asie centrale et dans les pays en "Stan".

Ceci dit, nous trouvons en Croatie un pays très accueillant et des gens très attentionnés. Nous savons après deux jours ici que nous n'aurons que peu de problème à nous faire accueillir avec notre ménagerie et notre roulotte. Voici ci-dessous le chemin que nous allons suivre.

Ici à Suza nous craignions de ne rien trouver pour nous poser, et il nous fallait une pause d'un jour. Tant à part des énormes cultures de maïs nous n'avons pas vu un brin d'herbe sur les km précédents. Au centre du village nous demandons dans un restaurant et par chance la propriétaire avait jusqu'à une dizaine de chevaux juste en dessous de cette église. Un parc digne d'un ranch américain, Lovac Koral est un endroit de 2 hectares plein d'herbe et à l'abri de tout, entièrement clôturé, nous sommes aux petits soins.

Pour la langue pas de soucis. Même si nous n'avons pas encore appris autre chose que bonjour et merci en croate, ici beaucoup de gens parlent encore hongrois ou l'anglais. La monnaie le "Kuna" est bien entendu avantageuse pour nous, si le niveau de vie moyen semble plus élevé qu'en Hongrie, pour nous le coût de la vie semble assez pareil, ce détour ne nous pèsera pas beaucoup plus sur le budget.

 

Allez, voyons un peu ce qui s'est passé ces derniers jours pour Ritana Team et nos chers Comtois :

 

Tout d'abord il faut savoir que la situation commence à se tendre aussi un peu en Croatie depuis hier. Si la vague de réfugiés syriens n'a pas déferlé ici, ils s'y attendent déjà un peu. Le Danube offre une barrière naturelle certes, mais l'armée hongroise est venue en masse sur sa frontière Serbe pour clore le dossier en fermant et clôturant physiquement forêts et campagnes. Nous l'avons vu de nos yeux avant de quitter Hercegszanto. la Croatie s'attend donc à les voir tenter cette déviation, affaire à suivre.

Lors de notre étape à Hercegszanto nous avions fait la connaissance de Otto et Julia de Budszak qui nous ont offert un pré en face de chez eux.

Ce couple se sont donnés après bien des travaux coûteux sur leur maison, de faire de l'accueil touristique avec chambres et table d'hôtes. Ils possèdent un Haflinger et deux poneys.

Il nous a proposé une promenade en calèche dans la région, visiter un lieu de pélerinage dédié à la vierge avec la seconde plus grande statue Mariale d'Europe.

Si nous restons quelque peu critique sur sa façon "cavalière" et autoritaire de mener son attelage, nous avons eu la chance d'une démonstration phénoménale de ce que sont ses deux poneys trotteurs.

En fait il n'y a eu que peu de trot, à peine partis les voilà lancés au grand galop sur les 14 km de ballade prévue. Magistrale aventure et preuve de courage.

Otto et Julia, nous vous remercions des merveilleux moments partagés avec vous, merci Otto pour l'organisation du vétérinaire afin de faire le rappel des vaccins à nos Comtois. Tu es un homme concret et efficace, nous gardons de vous un souvenir heureux de notre avant dernière étape Hongroise.

 

A Hercegszanto nous sommes restés une nuit bien cachés sur les terres d'un Kolkhoze abandonné. De l'herbe et de l'eau à volonté, une tranquillité bienvenue et trois surprises inattendues.

Tout d'abord un contrôle de police après avoir tenté de leur demander un simple renseignement : "pouvons-nous imprimer un plan à votre poste de police" ?

Il s'en suit un contrôle sérieux, on sent la tension monter, on nous parle encore des problèmes avec les réfugiés. Etrangement, alors que nous n'avons que rarement vu la présence d'un képi lors la traversée de la Hongrie, Ces derniers jours ici les contrôles vont se multipliés pour nous.

Seconde surprise à notre arrivée sur ce kolkhoze indiqué par un employé communal, sortie de nulle part, une jeune et belle cavalière parlant un parfait allemand autrichien, vient nous rendre visite et se renseigner sur nous et notre voyage. Elle aura disparu comme est elle est venue, nous ne saurons jamais qu'elle chemin elle empruntait et comment elle a pu apparaître et disparaître si soudainement.

Enfin la troisième surprise de cette étape se voit arriver au moment de notre départ. Un propriétaire terrien voisin du Kolkhoze qui nous avait dit bonjour, revient nous faire cadeau de pommes, raisins, poires, récoltés dans ses jardins.

Donc après ce refus de passage en douane Serbe de Hercegszanto nous retournons à Ujmohacs passer la nuit là-bas afin de prendre le bac et traverser le Danube au matin.

Les chevaux vont bien et sont très motivés. Les chaleurs sont en pause et les 20 degrés en journée nous permettent de faire de belles et grandes étapes majoritairement au trot. Campés au bord de cette digue pour la nuit, nous aurons la première mauvaise surprise du genre, un vol sur Ritana pendant notre relève de mails au bar du village qui offre le wifi. Fallait-il que cela arrive un jour ? Nous voilà privé de notre beau Klaxon "pouette-pouette" de tacot des années 30. La beauté de l'objet ou la matière en cuivre, toujours est-il qu'à notre retour le précieux objet avait disparu. Vissé sur la place conducteur, le voleur a du en casser la fixation pour l'emporter. Encore heureux, le reste de notre matériel est encore là et la porte de Ritana n'a pas été forcée.

 

Ujmohacs-Mohacs, ici pas de pont, le Danube se traverse ainsi...

Nous appréhendions  ce moment là, c'est la première fois que nos Comtois sont confrontés à cela. Et le récit d'Anne et Oswald, des roulottiers actuellement en Hongrie eux aussi, et qui ont vu un spectacle un peu particulier d'un attelage en difficulté sur un bac-ferry, nous redoutions non seulement la traversée, mais également la sortie où une pente à 10% nous faisait craindre les 2 tonnes de notre roulotte.

L'entrée se fait sans trop de soucis à part les rampes glissantes où dérapent nos éléphants, ce qui me fait réagir en conséquence, lâcher la caméra pour agir en cas de besoin. Pas de soucis, ils sont agiles et traversent l'obstacle avec brio.

Ensuite la traversée se fait sans problème malgré les nombreuses voitures garées autour de nous. A peine quelques sursauts d'Altesse avec le vrombissement des moteurs et les vibrations au sol lors des manoeuvres au départ et à l'arrivée.

Une fois de l'autre côté à Mohacs, le plus difficile nous attend, remonter la pente de 10% sur un sol de béton défoncé et plein de trous. Eh ben grosse surprise, bonne nouvelle, As et Altesse ont piqué un trot déterminé et encore une fois la puissance de nos traits comtois prouvent que rien ne leur résiste. Les 120 mètres de rampe se sont vus monter comme une simple sortie de champ difficile, et les 2 tonnes de Ritana ont été arraché de là comme d'un rien. Le prix de la traversée : 3 Euros pour la roulotte et les chevaux, le même prix qu'une voiture, et 1,50 Euros pour chacun de nous, un total de 6 Euros. En prime, As et Altesse leur ont offert une belle crotte sur le bac, question de marquer le passage de leur tribut.

 

Dernière étape Hongroise à Kölked. Nous sommes les bienvenus sur un pré que nous indique son proche voisin, nous recevons des visites et des félicitations, et la surprise d'un jeune couple, amoureux du cheval et de l'attelage avec leur deux jeunes chevaux, un étalon de 3 ans et une jument de 1 an et demi.

En arrivant, autre attelage au village, nous en croisons presque chaque jour, c'est le bonheur, en sera-t-il de même en Croatie puis en Serbie ?

Le lendemain matin nous sommes prêts à partir, nos papiers aussi, comme ceux des chevaux et des chiens. Nous quittons la Hongrie pour passer en Croatie.

Le pourrons-nous ? C'est la question.

Il semble que oui, car juste avant de partir un énième contrôle de police finira par quelques coups de téléphone pour s'en assurer. La Croatie fait partie de l'EU même s'ils n'ont pas signé les accords de Schengen, donc on passera la douane de Udvar sans aucune difficulté que celle de visiter la roulotte pour s'assurer de la non présence de passagers clandestins à bord. Ils n'ont même pas ouvert les papiers des chevaux ou des chiens pour en contrôler les vaccins. Par contre, comme précédemment à Hercegszanto, les douaniers posent devant l'attelage en prenant de multiples photos.

Direction donc Batina, où nous espérons passer en Serbie. Nous empruntons une route magnifique, traversons des villages de toute beauté, on sent qu'ici il y a moins de retard de développement et moins de pauvreté qu'en Hongrie.

A Draz il nous faut négocier du Gaz, notre bouteille est vide et on ne plus cuisiner. Le soucis c'est comme en Allemagne avec notre consigne de bouteille française, Il ne veulent pas reprendre notre vide Allemande. On fait 3 mois minimum avec une recharge donc on change de pays, de bouteille, parfois aussi de détendeur car ils diffèrent. De plus on doit re-payer une consigne et trouver à se débarrasser d'une vide que personne ne veut. Pffffft ! A quand la normalisation des contenants énergétiques ? Par chance cette fois-ci, un berger qui nous aide à la traduction avec le vendeur puisqu'il parle un peu allemand et hongrois, nous propose de garder notre bouteille vide et de la transmettre éventuellement à des allemands sur le retour.

On vous en parle, c'est pas forcément des plus intéressant, mais c'est important pour comprendre le quotidien de roulottiers au long cours qui souvent se révèle emprunt d'un tas de petits soucis du genre. Cela augmente le coût de certaines choses, freine et gêne notre habitude de gestion de tri et recyclage des déchets. Je dirai pas tout car nous n'en sommes pas fiers, parfois cela nous oblige à devoir laisser nos principes de côté et de faire des choses contre nature pour nous Suisses que nous sommes.

 

Pour rejoindre Batina on a deux solutions, la montagne devant nous avec une forte montée de 4km, ou une piste entre champs et forêts à flanc de coteaux sur un peu plus de 7 km mais au moins au plat. On s'engage donc à l'aventure c'est merveilleux et dans la nature.

Dans les champs pas de problème, la piste roule assez bien et As et Altesse sont très motivés.

Arrivés dans la forêt cela se complique, nous allons même planter la roulotte sur ses essieux. Des ornières détrempées et boueuses de plus de 40cm de profond nous bloquent là, à des kilomètres entre Draz et Batina.

Encore de la chance. Est-ce notre bonne étoile ? Le soutien éloigné mais très présent de tous ceux qui nous lisent et nous suivent ?

Bref, la synchronicité nous offre la présence d'un paysan avec son tracteur qui va nous sortir de là en tractant Ritana sur les 400 mètres de cette piste défoncée. On pourra ré-atteler plus loin et arriver à Batina avec peu de dégât, si ce n'est les freins à revoir et à purger, une fuite d'huile ayant déréglé notre précieux système.

Un nuit ici et nous voici à tenter notre entrée ratée en Serbie. Sur la route que nous décidons d'emprunter pour faire notre chemin en Croatie, le lendemain matin on rappelle à notre bon souvenir que la situation est tendue avec cette histoire de réfugiés. A peine les 7 premiers kilomètres parcourus qu'un contrôle de police nous donne la joie de faire connaissance avec les pandores Croates.

 

Voici pour cette fois, nous vous donnerons d'autres nouvelles de Ritana Team très bientôt.

Merci de nous lire et de nous soutenir

 

 

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