Nouvelles de Ritana 12/12/2014

Bonjour à tous,

Autant vous le dire de suite, nos connexions internet sont difficiles à obtenir, donc vous risquez d'avoir moins de nouvelles de notre part du sol Allemand. En effet, ici les cafés-restaurants n'offrent que très rarement une possibilité de WIFI, les cyber-cafés sont inexistants. A part les Mc-Donalds qui sont en périphérie loin des axes que nous empruntons et quelques hotels, c'est coûteux en nombres de pas et énergie, ainsi qu'économiquement, de trouver à nous rendre sur internet.

Nous sommes à Riedlingen, pas bien loin de notre dernière mise à jour de Sigmaringen. Nous traînons car nous avons rencontré des problèmes.

Tout d'abord il faut savoir qu'à Sigmaringen nous avons eu droit un un contrôle de police désagréable à 21H00. Des gens les ont appelé pour dire que des tziganes campaient sur le bord de l'eau. Après avoir contrôlé nos papiers ils se sont rendu compte que nous ne pourrions quitter l'endroit de nuit sans nous mettre en danger nous ou les autres usagers de la route. Ils nous ont laissé finalement pour la nuit sur cette place que nous n'avions pas négociée, non sans nous dénoncer à la commune, nous verrons bien les suites de cette affaire s'il y en a...

De là, nous partons pour Blochingen. Là pareil, impossible de négocier quelque pré que ce soit. En Allemagne il n'y a presque plus de paysan. Soit il ont vendu ou loué à de grands entrepreneurs céréaliers, ou tout simplement arrêté une activité devenue non rentable, PAC et autres absurdités obligent. Cette fois pourtant, dans ce no-mans-land de grandes cultures le propriétaire nous voit nous installer et nous négocions notre nuitée sans trop de soucis.

La route est néanmoins belle et sans voiture, une portion de la vélo-route qui est ouverte aussi aux véhicules agricoles.

Là tout ce complique. Nous voulons rejoindre Riedlingen, une ville où se trouve un coop agricole pour le grain des chevaux et autres courses. La vélo-route rejoint un chemin de randonnée pédestre sur une digue haute et étroite. Nous sommes bloqués et devons faire 300 mètres de marche arrière, impossible avec les chevaux. Comble de malchance on casse le balancier avant, petit palonnier du timon.

Donc bloqués là nous décidons de parquer les chevaux dans l'herbe au bord de l'eau et d'attendre le lendemain pour trouver un tracteur pour nous sortir de là et réparer dans un atelier. De nuit des voisins proposent le tractage, nous le refusons car nous n'y voyons rien à reculon et il est difficile de guider le timon. De toute façon on ne peut non plus avancer car plus loin un arbre et couché en travers de la digue. C'est notre maison, on va pas prendre le risque de la verser en bas de cette digue.

Le soir même je trouve un paysan dans le village de Neufra à 2 km qui me soude la pièce cassée mais que je ne pourrais pas remettre en place faute d'outillage adéquat. Le matin nous attelons As seul derrière la roulotte, et au pas, 50 cm par 50 cm, nous arrivons de nous même et sans encombre à sortir Ritana de ce mauvais pas. Le paysan, Joseph Gutter, vient alors avec sa Jeep pour remorquer Ritana jusqu'à un hangar où il a une génératrice. Faute de temps il ne viendra que le lendemain pour souder et placer cette pièce et aussi améliorer les attaches principales du timon.

Un élan de solidarité s'est créé dans tout le village de Neufra, Simone une propriétaire de chevaux est venue nous amener 20 kg de carottes et du grain pour dépanner, ainsi que la possibilité de mettre As et Altesse dans un pré plus près de nous et avec un couvert de fortune.

Joseph refusera de se voir payé pour sa solidarité, il accepte néamoins et nous en sommes heureux, un coup de main un après-midi pour l'aider à porter des tôles isolées afin de couvrir une toiture qu'il prépare pour un avant-toit.

Bref, on restera coincé ici jusqu'au jeudi  11 décembre. Ensuite on part comme prévu pour Riedlingen où nous sommes encore ce soir pour la deuxième nuit.

4  Km de petite étape pour rejoindre cette ville où un manège municipal nous offre le gîte pour les chevaux, un pré, du foin, de l'eau, 5 euros pour les deux nuits que nous voulons rester ici. Nous avons fait nos courses.

Depuis hier les températures sont de nouveaux plus clémentes et positives, on a même eu droit à quelques rayons de soleil hier et aujourd'hui. les 4 km d'hier nous ont permis de régler quelques détails sur le collier d'Altesse, nous avons pris la décision de la remettre au collier et il semble que cela se passe plutôt bien, à voir encore mais les nouveaux réglages semblent ne plus la blesser.

Nous avons aussi à revoir les réglages et la souplesse des cuirs de la bride d' As. Depuis deux étapes il tire de manière systématique sur la gauche et ressent moins la guide de droite. Nous ne trouvons aucune autre explication au phénomène que cette bride qui semble en effet être devenue rigide et dont le réglage n'était plus symétrique dans la hauteur du mors.

Encore une chose à partager, nous sommes tristes et en grande réflexion  quant au devenir de Rudi dans notre équipage. Ses fugues chasseresses et intempestives font de lui un chien à problème. Nous avons pu l'attendre 24H00 la dernière fois car il y avait de l'eau et de l'herbe pour les chevaux, aucune urgence à partir. Mais ce ne sera pas toujours le cas. Alors vaut-il mieux lui donner sa chance à l'adoption dans une SPA que de nous voir obligé de l'abandonné en cour de route, surtout si cela se passe d'un pays où les chiens sont moins bien accueillis et considérés. C'est à contre coeur que nous mettons ceci dans la balance de nos réflexions, il se trouve également pour ma part, que je  trouve ce chien gentil mais particulièrement inéfficace comme chien de garde ou de défense, bien moins que la petite Vita qui est plus impressionnante que lui.

D'ailleurs nous lançons un appel. Ce chien est une crème avec tous les animaux et très obeissant en général. Ce bon compagnon, on espère le voir trouver un foyer digne de ce nom, l'appel est lancé.

Un chien type berger, plus jeune, qu'on peut former, sera plus à même de défendre la roulotte et ses maîtres que Rudi, le philosophe boudhiste qui n'ose même pas croquer la mouche qui le dérange.

Voilà les news pour l'instant, à bientôt, on attend avec joie et impatience la visite de mère et père Noël, nos amis, d'ici une petite quinzaine de jours.

Irene et Martial