Nouvelles de Ritana 10/09/2015

Nouvelles décisions et nouvel itinéraire

 

Bonjour à tous, nos familles, nos amis, nos soutiens et sponsors

 

Nous sommes en pause à Hercegszanto (numéro 1 sur la carte) où nous n'avons pas pu passer la douane Serbe. Il pleut et il fait bon, environ 10 degrés, le temps idéal pour nos Comtois.

Quelques changements sont à l'ordre du jour. Tout d'abord nous attendons ici la visite d'un vétérinaire pour faire un rappel des vaccins de nos comtois, ils sont encore bons jusqu'à fin septembre mais n'étant pas sûrs de trouver des vétos partout en temps voulu, nous faisons les rappels à l'avance.

Notre route change. D'abord nous avions pensé suivre les indications des douaniers et rejoindre (numéro 2 sur la carte) passage de Horgos où Frontex (organe de coopération européenne des frontières) est en place et où se trouve les services vétérinaires douaniers de Serbie. Déjà c'est à 80 km donc 160 km si l'on veut revenir ensuite au bord du Danube. De plus, ce matin en cherchant des informations sur le meilleur chemin, nous apprenons que nous sommes très très loin de connaître la réalité de ce qui se passe en ce moment.

En effet nous ne suivons plus aucun lien d'information sur aucun média quel qu'il soit. Eh bien ici c'est pas la guerre, mais il y en a une qui dérange tout le monde ici et toute l'Europe, c'est l'afflux en masse de réfugiés syriens, afghans, et aussi d'Afrique et du Maghreb. Les couloirs se fermant les uns derrière les autres, tous ces réfugiés finissent en ce moment par remonter les bordures de la Serbie pour atteindre enfin Budapest et Vienne. C'est un chaos de folie, qui fait de la zone entourée en rouge sur notre carte une véritable incompréhension. Des réfugiés par milliers, en vagues successives, partout sur les routes, marchant sur les autoroutes et envahissant la régions nord de Horgos et le sud de la Hongrie. 200'000 réfugiés dans ce seul rayon rouge autour de Horgos. La police est omniprésente partout, même dans notre paisible village, les pandores se trouvent dans l'obligation d'escorter ces réfugiés piétons sur les autoroute pour leur propre sécurité. Un seul mot d'ordre de la part des autorités locales, n'aidez personnes, même dans l'urgence sanitaire ou médicale, ne faites monter personne dans vos véhicules et donc notre roulotte, sous peine d'être poursuivi pour aide aux passages des frontières et de se retrouver derrière les barreaux.

Non mais on va où là, on devrait laisser crever les gens au bord de la route ?

Bref, et ce n'est pas tout. Certains d'entre eux sont dans un tel besoin qu'ils peuvent en être dangereux, donc le renforcement de la sécurité est dans toutes les bouches ces derniers temps dans cette région. Et nos chers douaniers, non contents de nous faire faire 160 km de détour, veulent nous envoyer dans une zone sur-contrôlée et sensible.

Des habitants ici nous conseillent vivement d'éviter cette région et de passer encore plus à l'Est directement en Roumanie. Mais cela est sans compter notre détermination, nous voulons traverser la Serbie et suivre le Danube. Notre volonté est motivée par les bons échos que nous avons sur la beauté et l'accueil dans ce pays, ainsi que de voir Belgrade. Le chemin que nous suivons n'est pas seulement le plus plat, avec eau et herbe à volonté, mais c'est le chemin des pèlerins de Jérusalem, sur la route des Templiers, et le Danube le sang de la terre et du développement agricole au long des siècles des régions que nous traversons.

Donc voilà, puisque nous ne pouvons passer ici, nous ne voulons aller là-bas, nous avons fait appel à notre ami Autrichien qui nous en avait fait la proposition en cas de problème. Haut gradé attaché à la défense Autrichienne, il est devenu après le terrain et les expériences, un diplomate inter-armée en Europe de l'Est et son rayon d'action lui permet de nous aider tant que nous n'avons pas dépassé la frontière Bulgare. Notre appel ne l'a pas trop étonné, il est surbooké dans cette situation, alors nous allons suivre ses recommandations.

Retour à Mohacs (route tracée en verte sur la carte), traversée du Danube avec le Bac-ferry et ce sera une première pour nos Comtois, tant mieux il auront besoin  de cette expérience pour le Bosphore en Turquie. Puis direction Sud par la Croatie pour quelques kilomètres, et pour éviter les montagnes du parc national, nous tenterons de passer en Serbie par la Croatie à Batina (numéro 3 sur la carte). Selon lui on a plus de chance là-bas la situation est plus sereine et les conditions de contrôles vétérinaires plus simplifiés.  Si cela ne fonctionne pas alors on fera toute la route Croate en traversant le Danube et rejoindre la Serbie à Backa Palanka comme initialement prévu. Pour les forts dénivelés on fera comme à Blumberg en Allemagne, on ira à pied avec les chevaux et Ritana attelée par tracteur jusqu'aux sommets rencontrés.

Voici donc notre choix de route, on vous donnera bien entendu des nouvelles de notre aventure.

Salutations et remerciements

Ritana Team