Nouvelles de Ritana 09/12/2015

Coucou tout le monde,

Un petit coucou de Ritana Team, posé ce soir pour 24 Heures de pause à Simian en Roumanie

 

Toujours au bord du Danube, nous le suivons le long de la frontière Serbe, mais cela est bientôt fini, dans 4 jours nous aurons en face de nous la Bulgarie.

Serons-nous moins contrôlés ? On en sait rien, on l'imagine car la Bulgarie fait aussi partie de l'Union Européenne et qu'en principe le filtre est surtout actif face à des pays non européens. Mais allez savoir... Ces derniers jours nous avons été contrôlé presque chaque jours, parfois deux fois dans la même journée, comme relaté dans nos dernière news, par contre on en a pris notre parti, la région est parfois cataloguée de peu sûre à cause de la criminalité, mais c'est faux. C'est une assurance que d'être dans cette région où l'on croise plusieurs fois par jours ces voitures de la police des frontières et ces avertissements sont donnés en rapport aux Roms, et nous avons le doute que ce soit de la ségrégation ambiante. D'autant que ceux que nous croisons et avec qui nous partageons ne sont pas des mendiants ou des voleurs, mais des gens pauvres et travaillant dur leur lot de terre et leur élevage pour assurer l'auto-suffisance nécessaire... Les Roms crapules et voleurs s'il y en a c'est sûrement dans la périphérie des grandes villes et nous n'en traversons aucune au bord du Danube. La plus grande que l'on a traversé hier, "Tr. Severin" semble plutôt tranquille et ne compte pas plus de 40 000 habitants.

 

Nos derniers jours en images :

 

Une chose nous navre même si nous en avons pris l'habitude depuis la Hongrie, c'est la saleté, pas un coin de nature préservé, tout le monde jette ses déchets n'importe où. Les abords des villes et villages ne sont que des déchetteries à ciel ouvert. Cela nous donne un travail certain à tout débarrasser avant de parquer nos chevaux pour la nuit. Mais il y a de l'espoir, l'union européenne a mis en place une campagne de sensibilisation avec des panneaux format "mondial" appelant au recyclage. Nous avons aussi découvert quelqu'un qui fait ce travail de manière utile et originale, en confectionnant des tapis d'entrée avec les capsules de bouteilles en "PET". Retourné à l'envers cela se révèle un excellent décrottoir à chaussure.

 

Le temps change, parfois les jours sont gris et froids, enfin c'est relatif, entre 3 ou 6 degrés pour le pire et entre 10 et 15 degrés pour le mieux les jours de soleil. Les nuits elles sont encore assez clémentes on a de la chance, le record minimal fût -3 degrés. Nous allons quitté ces jours l'influence méditerranéenne pour 400 km de climat continental avant de retrouver la côte de la mer noire à 600 km et son influence également méditerranéenne. Car il y a eu un changement de programme, nous ne passerons pas en Bulgarie avant d'avoir atteint la côte en Roumanie. Il y a deux raisons à cela : la première est logistique en rapport au départ d'Irene pour les fêtes en Suisse,  la seconde est politique car nous ne sommes plus certains de pouvoir traverser la Turquie selon l'évolution des tensions actuelles et c'est à "Constanta" que l'on pourrait trouver un bateau pour rejoindre la Géorgie et aller en Arménie si cela se révèle nécessaire d'éviter la Turquie qui pourtant nous réjouissait. Ceci dit le Danube est chargé d'un vent parfois fort et même tempétueux, toujours en direction de l'est, le vent dans le dos nos Comtois volent et la roulotte est bien plus légère à tracter.

Le paysage est magnifique, une très belle route au bord du Danube, parfois enserré de collines au nord et au sud, nous traversons aussi des gorges, c'est un spectacle époustouflant que nous ne regrettons pas.

Mais bien entendu, qui dit montagnes et collines, dit aussi que nous devons nous attendre à quelques surprises, et parfois elles sont de tailles et vaut mieux ne pas les prendre sur la tête.

Nous avons eu droit au gel, qui le matin nous donne un spectacle magnifique et de l'herbe croustillante pour le chevaux, mais il ne nous semble pas que cela les gêne, ils ont l'appétit et la forme.

Nous avons aussi eu la neige ! Bon soyons sérieux, 3 cm  et au matin elle avait déjà fondu. Mais c'est une première pour Waldo car il a pas encore un an révolu et c'est un plaisir pour les yeux.

Certains pensent que l'hiver est moins beau pour voyager. Je dirai que cela dépend des endroits, nos étapes au bord du Danube nous réservent de belles surprises, c'est majestueux et envoûtant.

Puis lors de certaines pauses, quand l'envie ou le besoin des chevaux nous le demande, nous prenons le temps de nous reposer et de se détendre, chacun trouve le moyen qui lui convient.

Irene, elle, c'est la photo, elle adore bricoler sur le smartphone et améliorer ce qui peut l'être.

Nous n'avons toujours pas acquis d'appareil photo et nous nous battons encore avec notre smartphone dont la lentille rayée demande l'abandon de cet appareil à cette fin. Nous avons écris au Père Noël, il a peut-être dans sa hotte une surprise pour nous ?

En attendant on s'en contente et nous régalons les yeux de ces panoramas sans cesse étonnants.

 

Sur ces 100 derniers kilomètres nous avons passé deux cols avec des pentes de 8 à 11 %.   Encore un examen réussi pour nos Comtois qui n'ont même pas vraiment souffert de l'exercice, ainsi que pour les freins dont les nouveaux réglages semblent bien adaptés.

Ici en Roumanie les propriétaires de chevaux nous reprochent de faire dormir les nôtres dehors. Mais je me tairais sur ce qu'on voit de leurs agissements et l'état des leurs. Toujours est-il que nos Comtois préfèrent nettement être dehors même s'il gèle que dans un box où ils trépignent et s'ennuient. Pour les chiens c'est pareil. Certains se demandent comment ils vivent ce nomadisme et les journées d'attelage, preuve est démontrée ici bas que nos toutous aiment et se régalent comme nous de la beauté des paysages.

A Orsova nous avons voulu faire une pause de deux jours après ces deux cols, de plus les Comtois n'avaient pas eu de la très bonne herbe ces derniers jours. Même si nous les gâtons de compléments d'avoine et maïs, parfois il faut que l'on se résolve à faire pause quand l'herbe est bonne et en quantité pour les laisser se retaper. Nous pareil on avait besoin de faire une pause pour se ravitailler, un soucis de carte de banque nous a fait puiser dans le fond de nos réserves jusqu'à nous nourrir avec les chiens de "polenta" avec la farine des chevaux. Au passage un grand merci à ceux qui ont répondu à notre appel et qui nous soutiennent. Toujours pas de sponsors à l'horizon, et j'en profite pour vous rappeler qu'un lien existe sur notre blog pour nous soutenir.

Donc à Orsova, après une nuit sur une pâture relativement pauvre, Vasile Bijan propriétaire terrien vient nous inviter à nous poser chez lui, quelques hectares d'une herbe riche et généreuse, des pâturages naturels de top qualité, et intrigué par ce projet il avait envie de faire plus amples connaissance avec nous. Si l'endroit en hauteur est de toute beauté, l'accès est sportif et chaotique, ils nous oblige à grimper une pente de 10 % d'un chemin plein de trous. Encore une démonstration de la force phénoménale que peuvent développer ces fameux Traits Comtois, une leçon de courage d'As et Altesse.

Bon, par contre le résultat dans la roulotte lui, il est apocalyptique...

Un bon coup de rangement et on y voit plus rien, on a de la chance rien n'est cassé, mais la place est magnifique et Vasile Bijan, son épouse Camélia et leur fille Anna, nous reçoivent et nous gâtent de toutes parts. Après avoir fait connaissance, c'est le coeur serré qu'on se quitte, il nous offre même de revenir au retour et propose de nous mettre à disposition un hectare de terre au sommet de la colline pour nous y installer.

Vita et Waldo ont également apprécié la pause, la vue et les ballades à la rivière leur ont bien convenu aussi.

Merci à toi Vasile Bijan, tu es un homme concret et ouvert avec nous, nous te souhaitons bonne continuation.

Depuis Orsova notre route à changé. Finie la jolie petite route déserte dans la pampa, c'est le long de la nationale E70 de "Timisoara" que nous roulons. Elle a rejoint notre jolie route 57 pour ensemble nous mener 25 km plus loin à "Tr. Severin". Camions en pagaille, trafique intense et dangereux, nous sommes heureux d'avoir passé ces 25 km sans encombre.

Une fois arrivés à "Tr. Severin", grandes courses pour refaire des réserves, pour nous et les chiens, sel pour les chevaux, vermifuges pour les quatre-pattes, bref on prend notre temps, c'est long pour les chevaux les attentes aux parkings des temples de la consommation, leurs têtes à l'arrivée et leurs bâillements en dit long sur ce qu'ils ressentent après 6 heures de travail.

Le berger présent sur place avec ses chèvres et ses moutons, une vache et un cheval, il nous accueille avec bienveillance et nous trouvons sur ces prés de quoi faire pause et  nourrir les chevaux.

Le chemin continue, et nous vous donnerons de nos nouvelles très bientôt. Nous allons faire halte à 100 km de là dans une ville relativement importante, où nous sommes sûrs de trouver un vétérinaire avec un équipement Radio X-RAY, notre Waldo s'est tordu une patte avant qui lui fait souffrir et qui est un peu de travers, nous devons faire quelque chose.

 

Ritana Team vous embrasse

 

 

 

 

 

 

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