Nouvelles de Ritana 09/11/2015

Coucou tout le monde

 

Nous sommes à Ritisevo à quelques 30 km de la frontière Roumaine que nous passerons d'ici 3 ou 4 jours. Nous avons l'autorisation de rester en Serbie jusqu'au 15 novembre avec nos papiers vétérinaires de transit douaniers.

 

Nous sommes accueillis sur les pâturages communaux avec nos comtois et à côté de la famille de Marko Popovic qui nous a reçus ici pour le dernier jour de tournage hier.

Un documentaire à paraître d'ici 2 ou 3 semaines, sur la télévision nationale Serbe, pour une émission dominicale en prime-time dont Jovan Memedovic en est le journaliste vedette, dans toute la Serbie et même au delà. Un "Nicolas Hulot" des Balkans, mais avec un véritable amour de la terre et un réel respect écologique.

Nous faisons pause ici car nous sommes dans les temps et avant de repartir je vais revoir le ferrage des postérieurs de nos comtois, les fers bougeottent un peu, quelques clous à remplacer car il est trop tôt pour refaire un parage.

 

Voici comment se sont passées nos dernières étapes :

 

Le lundi 2 novembre nous repartons de l'hippodrome de Belgrade, après avoir salué et remercié Boro Jovanovic. Il nous présente son jeune Lipizzaner et nous quittons ce vétérinaire qui nous laisse une impression chaleureuse et agréable.

Un grosse journée et une étape difficile, nous devons traverser la ville par son centre pour repasser le Danube et monter au nord-est direction Pancevo.

C'est au premier carrefour après 5 minutes de route qu'on y rencontre une grosse jeep, Jovan Memedovic et Snezana Stojkovic nous interpellent, ce sont les deux journalistes de la télévision Serbe qui nous ont contacté depuis quelques jours pour un documentaire. Arrêt en plein carrefour le temps de prendre un rendez-vous pour le surlendemain.

Le trafic est dense, cette capitale nous offre le moyen d'encore tester nos comtois dans la grande circulation, mais comme à Vienne ou Budapest, rien ne les freine, ni voitures, camions, ni trams ou autobus.

La première chose qui va ralentir notre traversée de la ville, c'est la police. On ne comprend pas pourquoi, mais l'un d'entre eux avec sa voiture nous dépasse et nous demande de tourner à gauche et il nous dévie sur la rue de la gare.

On comprendra plus tard qu'il doit s'agir de la manifestation en cours que nous croisons, des militants avec sifflets et drapeaux réclamant on ne sait quelle cause.

Le problème est que pour rejoindre notre pont sur le Danube par la route imposée par les pandores, il nous faut faire des kilomètres de détour par le transit au lieu de le traverser le centre. C'est finalement pas si grave pour nous car le chemin nous mène par un des plus beau site de Belgrade, la forteresse de Kalemegdan, le zoo, le jardin des plantes, bref la route touristique de la ville.

Et enfin un peu plus tard la dernière ligne droite pour sortir de l'enfer urbain.

3H00 de temps plus tard nous voici au pont Pancevacki, nous traversons le Danube et sortons enfin de Belgrade

C'est après ce pont et avoir pris la direction de Pancevo que nous décidons de nous trouver un lieu d'étape pour nous arrêter. Un automobiliste nous dit avoir des amis qui ont un resto au bord du Danube et que nous y serons bien reçus, alors ok on va le suivre. Si l'endroit est en effet idyllique, il aura fallut passer à côté d'un camion sur un accès étroit, monter sur un rebord de trottoir, pour éclater notre pneu avant gauche d'une grosse déchirure sur la face intérieure.

Gros coup de chance, le voisin possède un pneu usagé mais encore valable et de la même taille. Et comme je n'ai jamais réussi à décoller le pneu de la jante avec les pieds de biche, c'est chez un ami garagiste qu'il va nous faire le remplacement du pneu et cela ne nous aura absolument rien coûté.

Merci à vous tous, la solidarité vous savez la vivre à fond.

Nos comtois ne sont pas mécontent de leur pause au bord du Danube, accès à l'eau à volonté, bain de pieds, les lumières du l'automne nous donnent un spectacle merveilleux.

Le lendemain après 23 km d'une nationale à 3 voies, nous arrivons à Pancevo, et nous trouvons refuge à l'hippodrome et centre équestre de cette ville.

Les nuits se rafraîchissent, il est de temps de remettre en route notre cheminée et de faire notre premier feu de la saison.

Une journée de pause ici, pour attendre l'équipe TV et commencer le tournage, également farniente pour les chevaux et lessive.

Présentation des chevaux à l'équipe de tournage, et Jovan nous explique comment il compte conduire son affaire avec nous. En fait il s'agit de nous octroyer le temps de toute une émission, elles durent environ 25 à 28 minutes, et donc ils nous suivront sur 3 jours pour avoir assez de matière à travailler et bien faire le tour du projet avec nous.

De notre côté, nous nous rendons compte qu'acheter un appareil photo-video devient urgent, les lentilles rayées et usagées de nos smartphones, nous montrent la baisse croissante de qualité. C'est un investissement dont on se serait bien passé et qui est pourtant nécessaire, à défaut d'aide et de sponsors on va devoir le faire.

La suite de notre route nous conduit à Ban Novi Selo, là nous trouvons une place de rêve dans les pâturages communaux, entourés par de nombreux bergers.

Ensuite, c'est autour d'un bon repas au resto que nous allons tous nous réchauffer. Il fait frais, et notre équipe de tournage est aux petits soins avec nous. Le matin achat de Boreks et autres pâtisseries, et resto le soir au frais de la princesse.

Notre route nous conduit ensuite à Ban Karlovac, 2 km à la sortie de la ville Jovan nous a indiqué un pré à côté d'une piscine où ils nous retrouveront pour ce second jour de tournage. Au matin, petit déjeuner ensemble dans la roulotte avant de partir dans le froid et sous la brume.

C'est à Ritisevo où nous sommes que nous conduit ce dernier jour de tournage en leur compagnie.

Là aussi nous sommes reçus comme des rois. Danijela la maîtresse de maison nous offre aussi un succulent repas pour nous réchauffer.

Ici nous nous reposons deux jours, préparons notre route future en Roumanie, et Irene prend aussi le temps de soigner son début de grippe avant de repartir.

 

Nous voulons remercier tout particulièrement l'équipe de tournage.

 

Merci à toi Jovan Memedovic, tu nous as donné l'occasion de bien expliquer notre projet et notre aventure. Tu as été fraternel et compréhensif avec nous, nous te souhaitons bonne continuation et espérons garder encore longtemps un contact avec toi et ton équipe.

Merci à toi Snezana Stojkovic, tes conseils judicieux, ta patience durant les traductions, ta douceur et tes sourires, grâce à toi nous avons vécu cette expérience de manière bien plus décontractée.

Merci également à toi Vladimir Nesovic, comme caméraman tu es un As, nous laisser autant de liberté, savoir prendre ce qu'il faut sans nous diriger, tu as un sens aigu de ton métier et ta simplicité dans ton humanité nous apprend l'humilité.

 

Merci aussi à nos hôtes

Un grand merci à toi aussi Marko Popovic, tu nous ouvre ta maison, tu nous aide de tous les moyens qui te sont possibles, nous te félicitons pour les choses accomplies et le sérieux avec lequel tu travaille. Les normes et la propreté de vos différents élevages animaliers prouve l'amour que vous portez aux bêtes, et donc aux gens il va de soit.

Et enfin merci à toi Danijela Jadran, merci pour le soin apporté à nos corps par ces bons repas et la chaleur de ton hospitalité. Merci pour le travail magnifique que tu fais auprès de tes animaux.

 

Voilà pour cette fois, nous viendrons bientôt encore donner quelques nouvelles de notre chemin. Nous sommes en tous cas très touchés et épatés par l'accueil que nous a réservé le peuple Serbe. L'hospitalité ici n'est pas un vain mot, ces gens ont le coeur aussi gros que leurs maisons. Parfois s'en est même étrangement incompréhensible tant les gens pensent ne pas en avoir assez fait. Mais nous apprenons, nous écoutons, nous entendons... En dehors du fait que vous avez l'art de recevoir, il y a encore ces efforts d'effacer l'image négative que vous pensez avoir à l'ouest, et cela se répercute aussi ainsi. Sachez-le amis Serbes, vous êtes des gens bien et ne portez pas la responsabilité de votre passé, quelques rares hommes déviants ayant été à la tête de votre beau pays ne font pas l'âme d'un pays, la vôtre est belle et fraternelle.

 

Ritana Team