Nouvelles de Ritana 08/08/2015

Bonjour à toutes et tous, quelques nouvelles de nous !

Nous avons contourné Budapest, eh oui les attelages y sont interdits et de toute façon 60 km de traversée urbaine ne nous auraient laissé que peu de chance à trouver de l'herbe et des places d'étape.

Nous avions donc un plan revu et corrigé par "Maps" nous menant autour de la cité côté "Pest" sur 5 étapes. Nous nous sommes trompés de route, car mal indiquée à la sortie de Dunakeszi direction Kitarcsa, ce que nous croyions être une galère s'est révélé être un raccourci qui nous a économisé plus de 20 km et toujours en évitant la ville. Nous sommes ce soir à Vecsés, dernière étape urbaine avant de rejoindre le bord du Danube et quitter la ville au sud à Dunaharaszti, et rejoindre l'euro véloroute R6.

Voici quelques images et commentaires de nos dernières étapes :

Göd, dernier village avant Dunakeszi et la banlieu de Budapest, nous n'y avons pas trouvé de pré au bord de l'eau, tout le bord du Danube est privatif pour des résidences bourgeoises, on trouve cependant un pré au bord de la nationale en sortie du village, ombragé et avec de l'eau à proximité. Une étape tout ce qu'il y a de plus normale, la seule surprise sera la visite d'une mante-religieuse qui se plait à rester ensuite à nos côtés durant toute la fin de l'après-midi.

le Mardi 4 août on repart assez tôt, comme tous ces jours où la canicule nous ne laisse aucun répit. Il fait toujours chaud et cela va même crescendo. Nous ne ferons pas une grande étape, 10 km car nos Comtois ont besoin de revoir le ferrage des postérieurs, Altesse en a un qui "clapotte" et se détache, alors j'ai revu le rivetage et rajouter un clou pour dépanner. Par chance, à Dunakeszi on trouve un grand pré derrière TESCO (hypermarché). Cela nous offre la possiblité de faire un jour de pause pour attendre Stefan notre maréchal ostéopathe équin qui va venir m'aider car Irene avec sa tendinite ne peut plus assumer de telles tâches.

Le deuxième jour ici aura été plus agréable, deux orages nous donnant quelques gouttes et un semblant de fraîcheur. Pour rejoindre cette ville nous avons dû passer encore sur une portion de route où l'on trouve ces panneaux d'interdiction aux attelages ; on y croise une voiture de gendarmerie qui comme d'habitude ne nous demande rien, ni nous verbalise. Nous pensons que le zen de nos chevaux dans le trafic contrairement aux leurs ici, le style voyant de voyageurs étrangers au long cours, sont autant de raisons pour nous laisser tranquille.

Durant la soirée nous recevons la visite de Gortchi, un roumain expatrié ici, il travaille mais semble avoir qu'un petit budget. Il s'intéresse à nos chevaux et notre histoire ayant lui-même travaillé au débardage avec des chevaux dans son pays natal. Après qu'il nous aie offert sa seule bouteille de vin, nous l'invitons à manger avec nous une bonne ratatouille et du riz, un plaisir dont on ne se lasse jamais. Même avec la barrière de la langue, nous avons eu un échange profond et avons découvert un homme doux et plein de sagesse que nous avons eu plaisir à recevoir.

Voilà, ils sont parés, les fers encore utilisables et bien ajustés, ils ont eu un jour de pause supplémentaire, on peut repartir sereins.

En partant d'ici pour Fòt, notre plantage de chemin nous fait découvrir un énorme "Auchan". Nous ne savions pas encore que cette entreprise Française s'était installée aussi en Hongrie, mais moyennant l'achat d'une patisserie on reçoit un code Wifi et l'occasion de remettre à jour le GPS pour retrouver notre chemin. Encore un bonne surprise, juste derrière le complexe une piste forestière coupe en travers en direction pile d'un village à 2 étapes prévues, soit plus de 25 km de gagné. Etape sportive pour les Comtois, ça monte beaucoup, chemins défoncés ou sablonneux, longue et dure étape mais ils sont très motivés et se dépassent pour nous servir. Nous ne pouvons malheureusement pas vous mettre de video cette fois-ci car notre connexion internet est désatreuse, mais celle de la pause au milieu de la montée, les naseaux grands ouverts et le souffle court, image très bien la pénibilité de cette étape.

Nous ferons une pause dans cette montée à côté d'un manège. Une heure de temps au pré avec de l'eau pour récupérer. Nous avions dans l'esprit de nous arrêter ici et manger un pré voisin, mais la propriétaire inquiète qu'on leur refile des maladies équines nous somme de repartir. Un téléphone avec notre vétérinaire hongroise, les papiers sanitaires en ordre, rien n'y fait elle ne démord pas, elle nous veut loin de là, minimum 1 km de distance. C'est un comble pour nous qui sommes justement dans l'état de bien trier les milieux équestres que l'on fréquente pour les mêmes soucis et les mêmes craintes.

Mais ici c'est pas l'herbe qui manque, on s'installe facilement où on veut et même sans demander et sans que cela fasse de problème. Alors 2,5 km plus loin à un grand carrefour on trouve un friche, une jolie épicerie pour négocier de l'eau. Une belle étape qui nous réservera de belles surprises.

L'accueil est de suite agréable, la jeune fille de l'épicerie arrive très vite avec deux énormes carottes et nous dit qu'on pourra compter avoir de l'eau. Elle reviendra aussi en fin de son service avec des pommes.

Ensuite on reçoit la visite d'un ancien ingénieur mécanique, il monte un étalon Frison à la western comme un vrai cowboy, suivit de Peter un ami "non-voyant" sur une jument non moins sanguine et qui part au galop sans avertir son cavalier (sourire). Très inquiet de nos besoins, même si on refuse tout ce qu'il propose car nos réserves sont pleines, nous accepterons pour lui faire plaisir une petite botte de foin car le pré est pauvre. Finalement nos comtois n'y ont pas touché, As s'en est servi comme litière pour s'y étendre durant la nuit.

Ici dans ce village de Csömör tout le monde est épaté de notre projet, nous recevons des encouragements de partout, et même des bières panachées de tout le monde jusqu'aux ouvriers quittant leur travail. Légères en alcool et heureusement vu le nombre, nous en auront quand même tellement bu que la canicule nous fait moins souffrir.

Autre visite le même soir, un cavalier monté sur une selle en bois recouverte d'une peau de mouton, et avec un châpeau en mouton retourné.

Il nous expliquera que c'est la tenue et le matériel de monte traditionnel des archers cavaliers Hongrois de l'époque. La tradition reste bien ancrée, des manifestations sont fréquentes et il s'y entraine presque chaque jour. Lui aussi nous a demandé d'accepter une aide quelconque et on voit que notre refus les gêne. La seule chose qui nous manquaient c'était des clous à ferrage et Stefan la veille nous en a donné une boîte.

Ce qui a risqué de nous manquer au début de notre arrivée en Hongrie c'est les compléments comme les granulés qu'on leur donne matin et soir et qu'on trouvait dans toutes les coopératives agricoles jusque là. Mais ici en Hongrie c'est très difficile à trouver si on ne sait pas où chercher. Alors nous avons opter de faire comme le font tous les paysans et  beaucoup de propriétaires de chevaux, nous avons acheté et reçu en cadeau de l'avoine par 25 kg, c'est moins cher, et en l'agrémentant de pommes, poires, des fruits qu'ont trouve partout au bord des routes ici, cela fait un super mélange qu'As et Altesse ne regrettent de loin pas.

Notre detour de la ville se ressert et nous fait gagner du temps. De Kitarcsa on coupe en travers au Sud et nous voilà entré à Budapest même.

Dans le XVII ème arrondissement à 20 km du centre ville nous traversons une zone de villas bourgeoises, c'est le coin des nantis et nous nous demandons si nous allons trouver un coin pour s'arrêter ici. Allez pas de soucis, nous continuons notre itinéraire direction Ecser on verra bien ! Eh bien encore une fois on est chanceux et trouvons une place de rêve.  Après un croisement de route nationale, où un habitant nous conseille d'aller vers la zone commerciale près des supers-marchés, c'est à 500 ou 600 mètres de détours, nous hésitons car c'est souvent de la friche, herbe pauvre et sèche, grands terrains à découvert sans ombre et il fait plus de 40 degrés l'après-midi. Suivant notre instinct on continue et 500 mètres plus loin dans la direction de notre plan de route on voit à l'entrée d'une zone résidentielle un joli pré bien vert, avec de la luzerne et des fleurs, très ombragé, juste ce qu'il faut pour contenter tout le monde.

Dés notre installation que je vois potentiellement problématique, la voisine directe nous propose de l'eau en abondance dans son jardin, des pommes, elle et son mari sont enchantés de nous avoir à leurs côtés. Très vite se confirme la chose par l'accueil chaleureux des autres voisins, on sait que personne ne viendra nous demander de partir. C'est de plus le luxe total pour nos chevaux.

On a le temps de la sieste et de l'éternel et quotidien travail de remplir notre journal de bord.

Budapest comme le reste de la Hongrie est assez pittoresque. Un mélange de pays pauvre encore en développement et de pays riche en pleine joie de la contruction européenne.

Des contrastes  comme les abris-bus délabrés mais avec affichage éléctronique des horaires, des entreprises à l'abandon et en friche face à des enseignes neuves et rutilantes appelant à la sacro-sainte consommation. Nous on s'en fout, du moment qu'on y trouve de quoi se restaurer et surtout de s'y rafraîchir un peu, alors on y trouve notre compte. Et franchement vous savez quoi ? Ce pays nous plaît terriblement...

Ce soir on s'est posé à Vercsès, 15 km et 2H00 de route de ce matin. Nous avons choisi cette étape parce qu'il y a de l'ombre et qu'il commençait à faire vraiment plus chaud, comme demain selon la météo. Nous serons un peu moins tranquille car au bord d'une voie de chemin de fer, mais l'herbe est là et les voisins contents de nous voir.

A bientôt, pour d'autres nouvelles que nous espérons moins brûlantes et plus tempérées, nous avons hâte de retrouver le Danube et s'y baigner avec nos Comtois.

Irene et Martial