Nouvelles de Ritana 08/06/2015

Bonjour à toutes et tous de l'équipage de Ritana

Nous faisons chemin doucement mais sûrement, notre attelage s'approche bientôt de Vienne que nous avons hâte de visiter.

Lors de notre dernière pause du 2 et 3 juin nous étions, croyions-nous, seul au monde dans la nature. En effet peu de trafic, quelques vélos sans plus, mais c'est sans avoir compté sur des voisins d'un nouveau genre que nous devons cotoyer. Nos étapes au bord du Danube nous oblige parfois à la proximité de bâtiments de transport particuliers, en effet il faut bien que le capitaine dorme aussi et cettte nuit du 3 juin, nous avons eu la visite de deux péniches posée juste devant nous. Echanges de quelques mots en russe avec le personnel, cadeau de cigarettes fraîchement débarquée de l'est, les contacts sont simples et conviviaux.

Le 4 juin drôle d'étape pour nous tous. Nous avançons bien, traversons la ville d'Ybbs, puis longeons le Danube jusqu'à Säusenstein mais n'y trouvons pas de pré libre pour la nuit.

Un paysan passe et nous propose de nous accueillir chez lui à Oberreichen. Nous devrons pour ceci faire 3 km de chemin retour, plus encore 3 km de montée sur une colline, autant dire que pour nos comtois l'étape fût un peu rude. Le soir dans le pré on se trouve devant des attaques en masse d'un taon d'un genre plutôt énorme, de tavons assoiffés du sang de nos chevaux, nous sommes donc heureux de pouvoir tester l'éfficacité de nos couvertures anti-mouche que nous avions acheté en Allemagne. D'ailleurs les attaques de ces bestioles nous a vallut une fuite et escapades des chevaux qui ont cassé la clôture après une méchante piqure.

Le jour suivant nous passons par Krummnussbaum, une jolie petite ville nous donnant la possibilité de nous ravitailler, et de réjoindre des chemins agricoles bien tranquilles. Arrivés en vue de Melk, un gros bourg médiéval que nous voulons visiter nous nous posons peu avant, après 19km à Maierhof. L'accueil est génial, un hectare d'herbe avec des noyers pour offrir de l'ombre à nos chevaux. Le temps devient chaud, 38 degrés à l'ombre, désormais nous partons vers les 6H00 et tentons de finir nos étapes entre 10 et 11H00.

Nous venons de franchir 1500 km depuis notre départ. L'après-midi nous prenons le temps de marcher les 5km qui nous séparent de Melk. D'abord le port où nous trouvons tous nos bateaux Suisses que l'on croisent et re-croisent depuis un mois. Melk est une étape pour ces croisières sur le Danube.

La chaleur nous oblige à trouver fréquemment le moyen de faire boire la petite Vita, au risque de glisser et au bain forcé.

La visite de Melk passe d'abord par le célèbre monastère Bénédictin, construit en fin de l'an mille, il y abritera un palais impérial et la noblesse du coin, une commanderie templière qui s'occupe de l'acceuil des pélerins qui se croisent. Dans un sens se sont ceux qui vont à Saint-Jacques de Compostelle, dans l'autre sens croisent ceux qui vont à Jérusalem, on suit actuellement sa route officielle, puis aussi les marchands remontant le Danube après avoir suivit la route de la soie. Nous sommes en plein moyen-âge. D'ailleurs en ville, la présence encore visible de certaines fraternités montre combien ces lieux sont chargés d'histoire et de mixité culturelle.

Le monastère depuis sa rénovation du XVII ème

Irene devant la porte d'un alchimiste, médecin et apothicaire de l'époque, d'ailleurs cet endroit abrite encore de nos jours une pharmacie.

Une entrée qui ne cache rien, d'ailleurs la porte est ouverte

Devant le port, nous avons pris un raffraichissement dans un gashof, comme toujours au bord du Danube, les traces de ses crues sont notées, statitisées

Le 6 juin nous repartons de Maierhofen, toujours côté sud du Danube pour rejoindre 16 km en 2h30 et nous trouvons accueil chez une gentil producteur de Marillien à Aggstein. Cette sorte d'abricot à peau lisse, ce qu'est la nectarine à la pêche, est partout ici dans tous les coins. Ce fruit a la particularité de ne pas se garder au delà de deux ou trois jours, aussi à peine cueilli il est transformé, confitures, liqueurs, eau de vie, sirops, tout est bon, mais faut faire vite. Le "Sep", Joseph, nous racontera autour de quelques pintes de bière, toutes l'histoire du château en ruine sur le haut du village, et même une bonne partie de l'histoire médiévale de l'Autriche.

Le lendemain, 6h00 du matin l'heure du départ à la fraîche

Hier le 7 juin nous rejoignons par cette même jolie petite landstrasse 33 le pays du Wachau. Une région vinicole où nous savons que nous aurons peine à trouvé un pré. Le matin je repère sur la carte une tache blanche de 10 ha à la sortie de Rossatzbach à Turkentor. Arrivés sur place on voit ces hectares d'herbe non travaillé et la présence de deux chevaux. Un numéro de téléphone fraîchement réécrit, effacé par le temps, et Thomas et Sandra arrivent en voiture pour nous ouvrir grand les portes de leur paradis. On est là au petits soins et nous en profitons pour faire un jour de pause.

Les températures sont infernales, des 38 ou 40 degrés à l'ombre, mais les étapes sont magnifiques et nous roulons le matin avant les chaleurs. Vienne s'approche, sa culture et ses calèches, nous, nous profitons de chaque km de ce chemin pour le plaisir de travailler avec As et Altesse.

A bientôt sur d'autres lignes,

Irene et Martial

 

 

 

 

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