Nouvelles de Ritana 07/07/2015

Bonjour à toutes et tous de l'équipage de Ritana

 

Il n'y a pas que nos chiens qui aiment les oreilles de cochons fumées, les papillons aussi...

Quelques jours ont passé depuis notre dernière mise à jour et bien des aventures ont été vécues. Le plus dûr est cette période de canicule avec des températures dépassant les 40 degrés. Nous faisons le maximum pour que nos comtois n'en souffrent pas : départ à 6H00 et des petites étapes, dépendant non pas des km parcourus mais des meilleures places possible pour les arrêts avec ombre et eau à offrir aux chevaux.

En tout cas il est à relever deux choses, les hongrois sont concrets dans la réponse à nos besoins et l'accueil est spontané, mais ils sont d'une discrètion et d'un détachement qui nous surprend par rappport à ce que l'on a vécu jusqu'ici.

Autre surprise et qui nous déçoit un peu, ils ont un pays avec une nature magnifique mais ne la respectent pas dans une large majorité. Picniqueurs, pecheurs ou chasseurs, bref, tout le monde vit culturellement le "je jette tout parterre et je brûle n'importe quoi" et c'est partout pareil.

Une des étapes illustrant le mieux ce phénomène sera celle de Dunaremete. Accueil chaleureux, on nous conduit au bord d'un lac avec 3 hectares de beaux prés en repousse en plein parc naturel financé par des fonds européens. D'ailleurs nous y faisons un jour de pause pour se reposer d'une techno-party d'anniversaire qui n'aura laissé aucun repos à tout l'équipage.

L'endroit est beau et magique

Première surprise à peine arrivés, un traitement chimique contre les moustiques pour la fête en prévision. Un pecheur nous assurera avec fierté qu'ils le font également à grande échelle par avion 2 ou 3 fois pas an.

Nous vous épargnons les photos du lendemain de cette fête, mais à l'image du bord du Danube et de tout endroit dans ce pays, personne n'emmène ses déchets et les places de feu de pic-nic sont jonchées de bouteilles en pet et de plastique brûlé. Nous devons mettre notre civisme de côté et nous adapter, même si ramasser les crottes de nos chiens et nos poubelles nous fait passer pour de sérieux originaux !

Ensuite nous traversons en 3 étapes une zone natutelle et marécageuse le long d'une digue où passe la vélo-route. Ce sera l'enfer pour nous et les chevaux, les taons et les moustiques sont argneux, affamés et tellement nombreux, que nous devons nous réfugier la plupart du temps dans la roulotte et les chevaux souffrent le martyr malgré nos couvertures anti-insecte et produit répulsif.

Une rencontre cependant intéressante dans cet enfer, un berger gardant ses quelques genisses qui mangent les bords de digue, comme nous le ferons aussi un peu plus loin.

Enfin on sortira de cet enfer vert, digne d'une jungle, pour retrouver un pré au calme et l'accès en bus à la ville de Györ que nous voulons visiter et y faire quelques achats.

D'ailleurs, la traversée de cette ville de Györ nous posera quelques problèmes. Les accès interessants, comme le seul pont traversant l'ancien Danube, la facilité pour notre direction et l'économie du kilomètrage, ils sont interdits aux attelages, c'est la première fois que nous voyons ce genre de panneaux. Après plusieurs détours infructeux, pas mal de temps perdu, nous optons pour le non respect de ces panneaux.

Cependant, cela nous aura permis de visiter le centre de la vieille ville non plus à pieds comme la veille mais avec Ritana et notre moteur 2CV.

Par contre, un des plus grand plaisir dans ce pays, c'est les chemins que nous empruntons, nous trouvons enfin le moyen de faire l'économie du goudron et des routes pour des chemins de traverse qui nous ravissent nous et les chevaux. D'ailleurs la vélo-route est essentiellement conçue ainsi en Hongrie.

A Györ, après avoir traversé la ville, nous trouverons refuge sur une friche dans une zone industrielle, ombre, eau à proximité, et pour la première fois des voisins d'un nouveau genre pour nous : des SDF qui dorment dans une carcasse de vieille Skoda et que nous inviterons à manger un plat de goulach au boeuf. Ces deux nouveaux amis nous ont gardé la roulotte en notre absence et fourni du matériel pour améliorer notre vélo. Des gens qui vont rester dans notre coeur, les plus pauvres mais très gentils et attentionnés avec nous.

La météo nous assaille encore. Des semaines et des semaines où on nous promet de la pluie et des chaleurs qui ne font qu'augmenter sans qu'il tombe la moindre goutte d'eau. Au moins As et Altesse font leur apprentissage pour la Turquie et les 5 pays en "stan" de l'Asie centrale.

Ensuite l'aventure continue, le western est là, chemins poussiéreux et sablonneux, des étapes entières de bonheur malgré la chaleur.

Parfois la chance nous sourit, les chemins sont ombragés en pleine forêt. Par contre l'aventure prend enfin son sens etymologique, chemins défoncés, jonchées de débris de toutes sortes, branches d'arbres jamais élaguées qui nous font faire un véritable parcours du combattant.

Les kilomètres se succèdent et nous amènent à Komàrom où nous rejoindront Bernadette et sa fille Mariuca, des amies Suisses d'Irene qui viennent passer 3 jours avec nous et vivre l'expérience. Des attelages on en voit enfin souvent comme nous l'espérions, même si nos chevaux semblent démesurés en taille et en poids, la complicité s'installe vite et des petites courses aux dépassements nous amusent.

Finalement nous avons décidé de passer quelques étapes, environ 5 jours, en Slovaquie. De Komàrom nous traversons le Danube et nous avons bien fait. Les chemins sont tout aussi beaux, et les gens plus chaleureux et plus enthousiastes envers nous que du côté Hongrois.

C'est pour eux deux, la chance de comprendre qu'entre faire une croisière agitée ou se promener en roulotte, les sensations sont pas si différentes, si ce n'est l'air plutôt sec que iodé.

Nous sommes ce soir à Moca en Slovaquie, nous passons notre dernière soirée en leur compagnie, et le mystère reste entier sur l'endroit et le prochain moment de vous donner d'autres nouvelles.

Dernière information à vous toutes et tous, une habitante du Wagenplatz de Lobau, ce village de roulottiers près de Vienne, s'est proposée d'accompagner Ritana durant l'absence d'Irene.

A bientôt, bises de nous, de Vita, et du petit Waldo qui grandit à vue d'oeil.

Ritana team