Nouvelles de Ritana 01/11/2015

Bonjour à toutes et tous de Belgrade

 

Nous avons parcouru les deux tiers de notre chemin en Serbie et sommes arrivés hier à Belgrade. Première grande cité à traverser depuis Budapest en Hongrie, cela nous rappelle que notre route peut parfois nous obliger à côtoyer la vie citadine de grandes mégapoles comme Vienne en Autriche. Pas de soucis pour l'emplacement de ces deux nuits à Belgrade, notre Ambassade nous a organisé un accueil dans les écuries de l'hippodrome national. As et Altesse apprécient moyennement l'affaire, ils préfèrent nettement être parqués dans un pré d'herbe fraîche, de plus ils sont séparés dans deux box différents, ils se cherchent et s'appellent, tapent contre les portes, mais il vont bien devoir s'y faire. Ce sera que la première nuit ainsi, aujourd'hui c'est les dernières compétitions, la fin de la saison, ce soir nous leur ferons un parc dans les prés au centre de l'hippodrome.

 

Contrairement à ce qui nous a été annoncé, les autorités policières Serbes sont on ne peut plus cool avec nous. Pas un seul contrôle de police, pas une seule tentative de réclamer des frais ou amendes douteuses, rien, mais beaucoup de salutations, de pouces levés en signe de soutien, un accueil chaleureux en croisant notre attelage. De plus, la population Serbe est des plus accueillante, nous n'avons jamais eu de peine à trouver des places pour nos étapes, on nous comble de cadeaux en tout genre. Il y en a même qui nous poursuivent en voiture, nous doublent, et s'arrêtent ouvrant leur coffre de voiture pour nous donner du foin ou autres. Nous sommes vraiment enchantés et ne regrettons pas l'obstination que nous avons eue de tout faire pour y entrer.

 

Quelques mots et images de nos dernières étapes :

 

Avant tout, une chose importante à savoir. La Serbie semble avoir quelques problèmes économiques d'importance. Sans parler des plaintes des Serbes eux-même sur l'emploi et le reste de l'aspect social, nous roulons sur des routes qui montrent dans leur état général un manque de moyens évident. Les routes sont dans un état lamentable. Certaines infrastructures pourtant se voient en nette amélioration, des chantiers génie-civil en cours il y en a, des trains datant de plus de 40 ans côtoient de nouvelles rames modernes, l'état fait ce qu'il peut. Compte tenu qu'ils n'ont aucune aide extérieure ne faisant pas partie de l'Europe, et je les comprends c'est mieux ainsi, nous voyons que l'état tente d'apporter plus et de moderniser les infrastructures. Un de ces aspects qui retient notre attention tout au long du chemin c'est les abris bus, des champignons métalliques vieux et rouillés, de plus de 30 ou 40 ans. Il nous aura fallut atteindre la capitale pour voir d'autres abris bus plus modernes, mais dans le pays entier ça ressemble à cela.

 

Grâce à Zoran notre hôte de la première étape nous serons invités deux fois à être reçu chez des amis qui sont sur notre route. Toujours un accueil en grandes pompes, des cadeaux, des félicitations, une franche et fraternelle amitié spontanée. L'un de nos hôtes est boucher charcutier, les dégustations sont copieuses, les étreintes à notre départ sont chaleureuses et émotionnelles et les cadeaux en nature à notre départ nous ravissent le palais plusieurs jours durant.

Après la confection de ces merveilleuses saucisses de porc épicées au paprika fort, le fumoir.

La première ville de moyenne importance que nous traversons est Sremska Mitrovica. Là pas de point de chute prévu, à la sortie de la ville nous nous arrêtons devant les locaux du service du feu le temps que je fasse un tour en vélo pour trouver un pré. Les pompiers ne peuvent pas nous recevoir, question d'autorisation avec la direction à Belgrade, pourtant ils ont 2 hectares de belle herbe. A défaut, ils nous offrent un café en attendant de trouver un bon plan.

Là je remarque que l'état met les moyens, les véhicules de marques allemandes et récents prouvent que la sécurité est prise au sérieux malgré le manque de finances. Un véhicule de défense incendie avec spécificité de traitement de matières chimiques, tout y est, entretenu comme il se doit.

 

C'est finalement en face de chez eux qu'après 45 minutes de recherche je trouve notre bonheur. Une entreprise italienne de matériel automobile possède un beau pré à côté de leur parking, c'est de leur propre initiative que les gardiens du site nous offre l'accès.

Il fait beau et chaud, c'est le moment de penser à ajouter le drapeau Serbe à l'arrière de Ritana

As et Altesse se reposent, paissent, nos étapes s'allongent et se font majoritairement au trot.

Durant nos étapes nous croisons souvent des vendeurs de fruits et légumes. Le paprika est un produit commun et prisé en Serbie aussi, nous faisons halte ici pour en acheter et visiter un élevage de cochons laineux.

Nous croisons des attelages tous les jours. Il y en a partout sur les routes et à chaque fois c'est l'étonnement de leurs part de voir des chevaux aussi gros et puissants. Les échanges sont sommaires à cause des problèmes de langue, mais quelques mots s'échangent tout de même. "dobro Konja" (bons chevaux).

 

Prochaine ville de moyenne importance, Ruma, là aussi nous croisons une famille sur un attelage. La surprise est de taille pour eux avec nos comtois, pour nous elle est agréable, enfin des Tziganes.

A Ruma nous trouvons refuge sur une place de marché au bétail, il y a plusieurs hectares d'herbe à disposition.

Le réveil sera matinal et surprenant. A 7H00 arrivent des paysans avec des porcs sur leur remorques et tout ce petit monde pèsent leur bêtes sur un poids publique avant de les charger dans un camion pour la boucherie. Notre roulotte garée devant les rampes de chargement, ils se voient obligés de nous réveiller pour la déplacer.

Nous en profitons pour peser Ritana, nous étions dans le souvenir de 1640 kg à vide plus nos affaires. Résultat, avec la réserve de grain nous sommes à 2.240 kg

Mais ça va, nos comtois tirent cela tout les jours et ils sont toujours en forme.

Les chevaux que nous croisons sur la route ne nous font pas tous plaisir. Certains sont mis au travail et pas vraiment bien soignés, allez leur dire que cela relève du mauvais traitement, on y arrive pas même si on essaie tout de même de leur dire de mieux les nourrir.

Pour nos comtois la vie est belle, ils travaillent généralement 4 à 5 heures par jours, ils mangent bien et à volonté, complément d'avoine, maïs ou ce que l'on trouve en chemin.

Une pause sur la route, café pour nous et repos quelques minutes pour nos comtois. Charmante surprise, Katarina, une étudiante mais aussi bergère sortant ses chèvres, très bons échanges et sa maman nous offre des pâtisseries maisons délicieuses.

A Petrovcic, nous vivons quelque chose de particulier dont on doit parler. Charmant village où nous cherchons un pré. Je demande à un paysan pour utiliser un pré voisin que j'ai repéré, il confirme que c'est possible le propriétaire habitant et travaillant en Autriche cela ne doit pas poser de problème. On s'installe, on fait le parc des chevaux, on mange et nous posons pour une sieste. Un coup à la porte et sans attendre elle s'ouvre et se referme devant Waldo qui médusé montre sa truffe à l'intruse. Une femme complétement énervée m'explique qu'il faut partir sur le champ. Je dis "ok" pas de soucis, juste 2 minutes le temps d'attacher les chevaux. Non seulement contente de hurler et d'ameuter tout le quartier, la vielle folle commence à arracher tous les piquets de notre parc en couchant le fil au sol, arrachant les fils de la batterie de l'électrificateur, et libérant ainsi les comtois.

Bref, on comprendra plus tard qu'on gênait vraiment car ils passent par ici pour rentrer leurs quelques vaches dans leur ferme voisine. Mais le cirque et les cris n'étaient pas nécessaires, j'ai dû commencer à hurler moi-même pour qu'elle s'arrête de tout casser et se calme, de plus nous pouvions bouger quelques piquets pour leur faire le passage. Mais son scandale nous a servi. Alertés par les cris de la folle dingue, les voisins d'en face se sont rués à notre secours pour la calmer et nous offrir leur pré à 50 mètres de là. Merci à Ludovica et son père, nous vous plaignons de devoir supporter une voisine pareille.

 

Entrée de Surcin, notre dernière étape avant Belgrade, Irene va m'attendre ici plus d'une heure pendant que je cherche un pré avec notre vélo.

Je reviens bredouille si ce n'est un bout de pré dans une casse automobile. Mais arrivé sur place, Jagos, un éleveur de chevaux arabes nous invite 2 km en arrière dans son Ranch.

Le pré est pauvre mais le foin est bon et à volonté. Nous passons une jolie journée de pause ici, et nous allons voir ses moutons pâturer.

Nous nous familiarisons aussi avec ses purs-sangs Arabes qui se trouvent être très familiers et bien plus câlins que nos comtois. Il en fait l'élevage et il a en sont temps monté les meilleurs pour des courses.

Dernière ligne droite avant Belgrade, un grand bloc portant des affiches telles, je suis sûr d'être face à un cinéma, on ne maîtrise pas le cyrillique alors la surprise est de taille quand nous nous rendons compte que c'est l'enseigne d'une chaîne de supermarchés.

Et enfin notre entrée en ville de Belgrade, les policiers présents au rond point nous saluent sans avoir l'intention de nous contrôler.

Avenues de 2 x 3 voies, trams, trafic intense, on comprend maintenant pourquoi la plupart des gens et même la chancelière de notre ambassade, pensaient que nous ne pourrions jamais traverser Belgrade.

C'est mal connaître notre duo de traits jurassiens habitués à tout, capables de tout. Nous traverserons même la "Sava" sur un pont suspendu avec un trafic rapide et des conducteurs agressifs qui doublent partout, même à droite. On se serait cru sur une autoroute !

C'est finalement sans trop de difficulté que nous arrivons à l'hippodrome de Belgrade.

Nous y sommes attendus avec des box à disposition. Nous y restons le dimanche pour voir les dernières courses de chevaux de la saison.

Première surprise ce matin, Dijana Memic notre chancelière de l'Ambassade Suisse vient en personne nous souhaiter la bienvenue. Elle nous ramène du courrier attendu de la part de la RTSR (radio-télévision suisse romande), tout un tas de documentation sur la Serbie, et bien ententu elle veut voir ces fameux Comtois.

Nous attendons demain un RDV avec la télévision nationale Serbe pour une reportage, en attendant nous profitons de cette journée de courses et de rencontrer Boro Jovanovic un vétérinaire et ami de Krésimir qui nous a aidé en Croatie, et également de revoir Jagos qui vient voir les dernières courses avec nous.

Le Starter-bloc porte une pancarte, l'hippodrome fête ses 100 ans cette année.

Nous ne parierons pas sur les courses, c'est entre nous deux que nous lançons le défi des meilleurs pronostics. Sur 4 courses il y aura 3 résultats qui nous auraient réussis.

 

Voilà les dernières nouvelles de Ritana Team, d'autres suivront bientôt. Il nous reste à traverser le centre ville, traverser le Danube et parcourir les 150 km qui nous séparent de la frontière Roumaine.

 

Merci de nous suivre et nous soutenir, salutations à toutes et tous.

 

 

 

 

 

 

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