Nouvelles de Ritana 01/09/2015

Un Bonjour de Dunafalva

Nous ne sommes pas encore en Croatie d'où nous étions sensé vous donner les prochaines nouvelles. D'une part nous l'éviterons car la partie Croate du bord du Danube se révèle pleine de dénivelés assez importants alors qu'en face en Serbie ce sera plat. Donc nous passerons par la Serbie que nous rejoindrons dans un peu plus de 30 km. D'autre part nous avons pris du retard sur le trajet prévu, à Baja, une ville où nous voulions faire un jour de pause pour faire quelques achats et prendre un RDV dentiste, car oui ce genre de soucis se pose aussi sur des années de route, nous avons été invité à rester au moment même du départ une fois bien attelé. Il se trouve que sur l'ile de cette jolie ville il y avait dimanche un concours d'attelages et des démonstrations de traditions hongroises équestres. Le principal de ces démonstrateurs en face duquel nous avions campé la nuit précédente nous a organisé par l'intermédiaire de la directrice de l'organisation un accueil d'invités d'honneur privilégié. Une place à l'ombre pour les chevaux, le repas de midi offert, et une foule de curieux pour venir découvrir notre projet et notre aventure, et pour nous la possibilité de suivre toute la manifestation et de passer une belle journée et d'y rester la nuit.

Ensuite nous sommes repartis, la canicule qui a repris nous obligeant à de courtes étapes, ce matin alors qu'on voulait repartir de Dunafalva nous découvrons "As" avec de nouveau une boiterie très prononcée de son antérieur droit. Première idée, ce que nous redoutions arrive, ça va devenir chronique et handicapant si cela se produit toutes les 6 ou 8 semaines. Mais par chance ce n'est pas le cas, ci-dessous en relatant nos derniers jours, vous trouverez la raison de cette boiterie qui nous obligera à une pause certe, mais plus courte et bien moins grave. Et avec tout ce que nous avons à partager, il valait bien la peine de venir refaire une mise à jour de notre blog.

 

Alors voici quelques photos et commentaires de ces derniers jours :

 

Parfois nous dépendons des friches ou bords de digue pour parquer et nourrir nos Comtois. Si c'est le meilleur pré et la meilleure possibilité d'ombre pour eux par cette canicule, c'est souvent pour nous une galère sans nom le matin lors du toilettage avant l'arnachement et le départ. Et il ne s'agit pas que débarrasser les queues et crinères de nos chevaux de ces boulettes "ne me quitte pas", mais c'est le même travail pour nos chausettes et nos habits. La vie de roulottiers n'est pas si rose que beaucoup le pensent, le cliché suivant vous apprendra que notre quotidien est parfois emprunt d'efforts pénibles, surtout s'il s'agit de ramener les 120 litres d'eau nécessaire à nos chevaux chaque jours. Il nous faut parfois le faire sur plusieurs centaines de mètres.

Notre vélo bâté de 4 bidons de 20 litres nous permet de porter toute cette eau sans trop de difficulté.

Alsószállás, petit hameau où nous ferons une nuitée. On y trouve un superbe pré ombragé à côté d'un restaurant fermé, inexploité.

De là nous allons à Fajsz, tout du long de ce chemin nous ne serons pas surpris mais également déçus de voir partout des panneaux nous anonçons des cultures testes de semences génétiquement modifiées, OGM "Oh guelle merdum".

Entre Fajsz et Baja, nous traversons en deux jours et une étape, toute une zone naturelle qui nous remettra du baume au coeur, avec un campement sauvage en mangeant la digue que nous empruntons en suivant l'euro-vélo route R6.

Jolie rencontre aussi durant cette étape, une harde de poneys un peu sauvages mais qui se plaisent à nous accompagner jusqu'au bout de leur parcage.

Originalité de l'architecte, dans le hameau de Dunapart où se trouve le centre d'information de ce parc national, on ne coupe pas les arbres, on construit autour.

Après notre arrivée à Baja il nous fallait trouvé une place adéquate pour une pause d'un jour ou deux. A la sortie de cette belle ville, nous trouvons notre bonheur et celui de nos Comtois. Nous sommes le long de la digue de cette R6 en face d'un propriétaire de petits chevaux Hongrois qui nous invitera deux jours plus tard à participer à une manifestation équestre. L'arrivée comme souvent est sportive.

Après un premier jour de pause, des achats, un RDV dentiste pour Irene, nous profitons de visiter cette magnifique petite ville. Très animée en ce moment avec une opérette "open air", des bâtiments  XVII et XVIIIème de toute beauté, et une réhabilitation fulgurante des bords de l'eau grâce à des fonds européens, le tourisme se développe ici à vitesse grand "V".

Lors de notre départ le matin du 28 août, notre voisin Gabor nous demande de rester encore, il nous invite à profiter d'une manifestation équestre sur l'ile de Baja. RDV est pris avec la directrice qui nous indique une bonne place derrière les tribunes pour Ritana et à l'ombre d'une forêt pour nos chevaux. Nous sommes invités à tout suivre, au repas offert d'une bonne goulach hongroise, et à devenir après que les bruits aient courus, l'attraction d'une bonne partie du public présent.

Une animation d'archers pour enfants nous fait placer les chevaux non loin d'une yourte, un avant goût du genre d'habitation qui nous attend en Asie centrale.

A l'ombre des tribunes officielles on y trouve une drôle de ménagerie

Lapins, oies, pintades, ne seront pas les prix offerts aux gagnants des courses d'akhal-teke ou concours d'attelages comme nous le pensions. Non, ces gagnants auront bien des coupes ou médailles comme d'habitude, mais ce seront les lots de la tombola que nous avons loupée ne sachant même pas qu'il y en avait une et où se vendaient les tikets.

Ensuite l'après-midi, Gabor notre hôte et son team, viennent faire une présentation et démonstration de la culture hongroise des bergers cavaliers.

Cette partie nous aura bien plus impressionné que le reste. En effet, ils montent à cru leurs petits et nerveux chevaux, jouent du fouet qui claque sans cesse, et nous montrent l'étendue de leur talent. Ce qui nous aura le plus touché, c'est de les voir faire coucher leurs chevaux, leur monter debout dessus, et faire claquer leurs fouets sans qu'aucun de ces équidés ne bronche un seul sourcil. Magnifique osmose entre homme et animal, la confiance absolue.

Ensuite, rejoindre Dunafalva en une seule étape ne nous aura pas été possible. La chaleur extrême nous obligera à nous trouver un gîte quelques km avant mais pour une merveilleuse rencontre.

Un berger nous accueil dans l'enclos de ses brebis et chèvres.

Ses deux voisins Juska et Mirai a été pour nous un moment des plus agréable pour notre fin de route en Hongrie. Ce sont deux frères qui exploitent un petite ferme isolée avec 10 chevaux, une vingtaine de vaches mères, des cochons, de la volaille, et tout ce petit monde vit en stabulation libre dans des conditions sanitaires excellentes. Pourtant la structure est plus que douteuse à l'oeil, les bâtiments tiennent à peine debout et datent d'Hérode. Il n'ont ni eau ou éléctricité du réseau, juste un puit des panneaux solaires et vivent en totale autonomie. Tout est vieux mais particulièrement propre, même leur cuisine et seul lieu de vie. Ce sont des philosophes, Mirai est en dehors d'un comique préstidigitateur, un fameux magnétiseur, notre soirée avec eux nous laisse un merveilleux souvenir. Malheureusement aucune photo, nous avions laissé l'appareil dans la roulotte. Merci Mirai et Juska, pour votre accueil et aussi pour les 2 kg de mouton qu'on va faire cuire et en conserve sur un feu au bord de l'eau cet après-midi.

Hier matin nous repartons de chez eux, il nous reste que quelques km, 4 ou 5 au plus, avant de rejoindre Dunafalva où nous sommes. A peine partis 1 km plus tard notre chère Altesse perd un fer sur la route. Toujours le même, ce pied avant gauche dont la corne se fendille et s'effrite et où plus aucun clou ne peut tenir.

Par chance alors qu'on ne peut faire demi tour sur la digue, nous sommes aux abords d'une ferme d'état qui les entretient. Nous descendons chez eux pour dételer les chevaux, parer et remettre le fer d'Altesse. Pour qu'il tienne é l'arrière puisque devant il n'y a plus de corne, je perce un trou supplémentaire aux arrières du fer, c'est un dépannage qui finalement se trouve bien réussi. Ce fer tient à nouveau et la remontée sur la digue le prouve.

Donc après petite étape nous sommes à Dunafalva, nous y trouvons un pré joli et bien vert au bord du Danube et à proximité du village et des commodités.

En se baignant nous rencontrons Markus et John, ces deux suèdois aventuriers sont partis de chez eux en canoé-kajak, ont traversé la mer du nord, et s'en vont jusqu'à Istanbul. Nous sommes restés ensemble le temps qu'ils se restaurent et d'un partage fraternel qui nous donne encore une fois la motivation de ce chemin et de ses rencontres.

Après Suède Tanzanie en vélo, les voilà sur des coques de noix pour des miliers de km, après Istanbul ils retourneront chez eux mais je sens que John nous prépare encore un autre "trip" c'est un jeune homme aventurier sponsorisé à la Sylvain Tesson, je me réjouis de suivre toutes ses prochaines aventures.

Nous en profitons d'avoir retrouver le bord du Danube pour baigner nos chevaux, ils y prennent toujours plus de plaisir et nous montrent à chaque fois des nouveautés, comme Altesse qui plonge son nez sous l'eau, ou As qui rivalise d'agilité pour se coucher dans l'eau, tout cela après bien avoir battu des sabots pour éloigner les potentiels prédateurs. On a beau leur dire que c'est pas le Nil, qu'il n'y a pas de crocodile, rien à faire, c'est l'instint pour eux et la douche assurée pour nous-même.

Ce matin 1 er septembre, on veut partir tôt car il fait chaud, mais en sortant je vois As couché qui refuse de se lever. Je le prends au licol et la raison en est une forte boiterie avant droit, ce pied même qui nous a fait tant de soucis à Esztergom. Crotte !!  Première crainte, nous sommes donc devant cette exostose à inflammation chronique. Enfin je me dit que je vais regarder tout ça de près car vaut mieux lui ôter son fer. Puis il me faut lui faire dans ce cas une intraveineuse d'anti-inflammatoire.

Ouff !! Grand soulagement, c'est tout autre chose, voici ce que je découvre lorsque Irene lui soulève le pied.

As s'est planté ce vieux clou rouillé juste dans la ligne entre la sole et la fourchette et cela assez profond jusqu'à la pliure du clou, soit 4 cm. Un coup sec en arrière avec la tricoise et voilà l'objet de la douleur hors de son pied. Drainage du trou, injection d'antiseptiques dans la plaie, antibiotiques, nous attendons demain pour voir s'il pourrat macher et je vais surveiller sa température afin d'être sûr qu'il ne s'infecte pas et ne développe pas d'abcès.

Donc pause obligatoire ici mais heureusement nous ne manquons pas d'herbe.

Voici les news actuelles, dés qu'on peut repartir nous nous dirigerons vers Hercegszanto où nous passerons la frontière Serbe.

A bientôt

Ritana Team