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Nouvelles de Ritana 18/12/2015

Quelques nouvelles avant Noël

 

Bonjour tout le monde !  Notre route continue et se passe bien. Les températures baissent, nous avons eu plusieurs nuits avec du gel, mais dans l'ensemble la chance nous sourit, nous n'avons pas encore eu des chutes de neige nous obligeant à nous arrêter.

Lors de notre dernière étape à "Simian" et nos dernière news ici même, le matin au départ nous avons fait la connaissance d'un "meurtrier". C'est en fait un tueur de cochons. Ici en Roumanie à l'approche de Noël c'est une tradition de tuer le ou les cochons, une fête avant l'heure, et l'occasion de faire des réserves de saucisses et viande fumée. Cet homme est un spécialiste de la question, il est employé un peu partout chez des particuliers qui ne maîtrisent pas la chose, avec son vélo il parcours parfois jusqu'à 50 km pour aller tuer la gente porcine chez des clients ou des voisines.

Là nous étions prêts au départ, il a rivalisé de bonté pour nous donner des adresses pour achat de foin, de grain, bref nous mettre en contact et sur la bonne route. J'ai beau lui dire que nous sommes modernes et connectés à un GPS, il a fallut qu'il insiste  longtemps avant de nous laisser partir.

Bonne nouvelle pour les Comtois, nous quittons cette nationale pleine de camions pour une route plus calme et moins fréquentée. Direction Calafat, c'est dans ses environs que nous prévoyons une pause et le départ d'Irene pour passer les fêtes en Suisse avec la famille.

De "Simian" nous arriverons à "Rogova", 25 km c'est une habitude pour nos chevaux, mais cette fois avec un col et une montée de 5 km. Bon on s'inquiète toujours pour rien, ils font cela comme si c'était normal, sans montrer un "raz le bol" ou quelque faiblesse. Cela prouve qu'on sait aussi faire les pauses aux bons moments, comme ici au sommet de ce col et que leur régime est approprié.

Le moteur de notre 2 CV chauffe et le radiateur fume

Arrivés au village on se met en quête d'un pré pour la nuit et la célèbre corvée d'eau au puit. Cette fois j'obtiens de l'aide d'une grand mère, elle insiste pour actionner la chaîne elle-même pour les 120 litres nécessaires, ainsi que la charrette pour amener les bidons. Je suis gêné mais je sens bien que je dois me laisser faire au risque de l'empêcher de se donner pour nous et de lui manquer de respect par mon refus. Les Roumains ont cette culture de l'accueil qui parfois insistante nous met mal à l'aise...

L'étape suivante nous amène à "Recea". Endroit ou la police nous déconseillait de camper en sauvage en bord de route. Au fait, question contrôle de police on est tranquille, cela s'est calmé et les seuls que nous croisons maintenant c'est pour nous féliciter sans aucune demande de passeport.

Des gens s'attroupent autour de nous à notre arrivée, l'un deux nous invite à passer la nuit chez eux et d'autres rivalisent de vouloir aider en nous offrant foin livré sur place en attelage. Un beau pré clôturé avec une belle herbe, douche WC à disposition et même une machine de linge. C'est en complète sécurité que nous passerons la nuit sur ce plateau à mauvaise réputation.

Chaque parking où nous nous arrêtons faire pause, est un endroit blessant pour nous. Des monceaux d'ordures en tous genres que les gens déversent ou déchargent sans aucune gêne ou regret, c'est la culture c'est comme ça. Tous ici sont un peu paysan, tous ont besoin de la nature pour assurer leur autonomie et la base alimentaire. Mais peu ont conscience que cela dépend aussi de la manière dont on gère les déchets et comme l'état n'aide en rien faute de structure, alors on s'en débarrasse comme ça. Mais cela a l'avantage de donner la chance de trouver quelque nourriture aux nombreux chiens errants que l'on voit partout.

Traversant des villages, nous voyons des attelages partout. Certains font sourire, d'autres font pitié, peu impressionne, tous nous étonnent. A l'image de ceux dont le cheval attend sagement son meneur devant un café ou une épicerie, sans être entravé ou attaché, d'autres comme celui-ci où un trait est décroché du collier et entoure un antérieur. Je ne sais pas si cette entrave est dissuasive, mais je sais qu'avec nos comtois cela ne servirait à rien et ne les empêcherait pas de bouger la roulotte. On a la chance que la confiance soit là et qu'ils ne tentent rien de ce genre nous attendant sagement eux-aussi, même si nous ne les laissons jamais sans surveillance, qu'au moins un de nous deux soit dans les environs au cas où...

"Hunia", dans ce village dernière étape avant "Calafat"  on nous réserve une bonne surprise. Adrien et Claudia nous reçoivent chez eux, un beau terrain de luzerne entièrement clôturé et ils nous invitent le lendemain à participer à la coutume Roumaine de cette période, tuer et transformer un ou plusieurs cochons selon la richesse de la famille. Ceux qui n'en élèvent pas iront en acheter un pour assurer l'aspect culturel de l'action.

Si dans le cochon tout est bon, dans l'homme non !  (dixit Juliette Nourredine)

Et cela donnera lieu à une fraîche dégustation et à un cadeau à emporter en l'espèce d'un bon kilo de filet.

Même Irene, alors quasiment végétarienne, souffrant avec l'animal et étant à cheval sur les conditions d'abattage en tant qu'ancienne éleveuse d'ovins qu'elle accompagnait à la boucherie pour en vérifier les conditions et saluer encore une fois ses laineux amis avant la lame du couteau, elle-même se mettra à participer à la coutume, à aider, et même à déguster.... Hihihi  elle a craqué et même aimé

En tout cas, nous sommes reçus comme des rois, nous sentons une nette différence avec nos premiers pas en Roumanie dans une région plus pauvre où si l'accueil était plus distant c'était à cause des conditions, les Roumains sont heureux de nous recevoir, de faire connaissance avec nous et notre projet, et le coeur qu'ils mettent à nous accueillir est un baume au coeur, les températures baissent, les étapes deviennent difficiles pour tout le monde et pour passagers de tous poils, chacun aime trouver un bon manteau.

Les passants nous posent souvent beaucoup de questions. On ne sait pas toujours quoi répondre surtout si on ne les comprend pas. Le principal s'échange : vous venez d'où ? vous allez où ? pourquoi faites-vous cela ? que mangent vos chevaux et n'ont-ils pas froid ? invariablement les mêmes questions et les mêmes réponses. Et d'autres individus nous demandent tout à fait autre chose, comme ce cheval qui nous questionne : il est où mon maître ?

Allez lui dire qu'on en sait rien, qu'il doit attendre, alors qu'il parle cheval, en plus en Roumain, et que nous pas un mot de l'un ou l'autre...

Ensuite nous passerons une nuit juste avant Calafat, un parking de (TIR) relais routiers de poids lourd, ou mille pattes pour les initiés. Wifi sur le parking, WC et douches, eau pour les comtois, toutes commodités pour 2 lei par personne, soit un total de 1 euro... Pour le pré c'est un pâturage communal donc pas de soucis c'est gratuit.

Il commence à geler la nuit, aussi nous mettons les couvertures au chevaux en fin d'étape pendant environ deux heures afin de les sécher puis nous les enlevons. Ils passent de bien meilleures nuits avec le poil sec.

 

Le lendemain arrêt à Calafat pour se renseigner sur les bus ou les trains pour le départ d'Irene. Nous recevons la visite d'une fille et sa grand maman, elles sont si belles qu'il est difficile de ne pas dégainer l'appareil.

Nous faisons aussi connaissance d'un berger gardant ses chèvres qui nous étonne beaucoup, parlant un parfais français, italien et même espagnol. En fait c'était un marin, péniches, bateaux poissonniers en mer, bref il a bien voyagé et il est loin de coller à ce qu'il ressemble en roulant ses cigarettes de son propre tabac cultivé au  jardin et dans des pages de  la version anglaise et "Second"  de la "holy bible" en guise de papier à rouler...

De là nous allons encore plus loin de 15 km pour nous arrêter à "Poïana Mare". Le bus pour Bucarest y passe et s'y arrête et ce gros bourg est réputé tranquille.

A peine arrivés Johan nous amène chez lui, comme s'il nous attendait.

En fait notre réputation nous précède, sans qu'on le sache, les gens se téléphonent et s'avertissent de notre arrivée.

Avec son épouse Madalena ils nous invitent dans la cour de leur ferme, foin de luzerne et maïs à volonté mais pas de pré, mais les comtois s'y sentent très très bien.

Ici aussi on a tué le cochon, repas et franche amitié partagés.

Notre visite donne lieu à de nombreuses visites, il semble que ce soit finalement un honneur de nous recevoir.

Johan aura bien insisté pour faire de la place et mettre nos Comtois en box. Mais nous connaissons As et Altesse, ils n'aiment pas ça et préfèrent rester dehors, alors voilà en vitesse un petit parc autour de la mangeoire improvisée et tout le monde est content...

 

Nous en avions fait part sur Facebook, une nouvelle chanson a vu le jour entre les planches qui servent de murs à Ritana. Mais nous n'avons pas encore eu la chance de pouvoir l'enregistrer, c'est un peu plus tard que nous viendrons la mettre en ligne sur le blog.

 

Voilà c'est tout pour l'instant, nous souhaitons un joyeux Noël et des bonnes fêtes à toutes et tous. Prenez soin de vous et merci de venir nous lire, votre fidélité est une bonne motivation pour nous.

 

Bises de nous,

Ritana Team

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelles de Ritana 09/12/2015

Coucou tout le monde,

Un petit coucou de Ritana Team, posé ce soir pour 24 Heures de pause à Simian en Roumanie

 

Toujours au bord du Danube, nous le suivons le long de la frontière Serbe, mais cela est bientôt fini, dans 4 jours nous aurons en face de nous la Bulgarie.

Serons-nous moins contrôlés ? On en sait rien, on l'imagine car la Bulgarie fait aussi partie de l'Union Européenne et qu'en principe le filtre est surtout actif face à des pays non européens. Mais allez savoir... Ces derniers jours nous avons été contrôlé presque chaque jours, parfois deux fois dans la même journée, comme relaté dans nos dernière news, par contre on en a pris notre parti, la région est parfois cataloguée de peu sûre à cause de la criminalité, mais c'est faux. C'est une assurance que d'être dans cette région où l'on croise plusieurs fois par jours ces voitures de la police des frontières et ces avertissements sont donnés en rapport aux Roms, et nous avons le doute que ce soit de la ségrégation ambiante. D'autant que ceux que nous croisons et avec qui nous partageons ne sont pas des mendiants ou des voleurs, mais des gens pauvres et travaillant dur leur lot de terre et leur élevage pour assurer l'auto-suffisance nécessaire... Les Roms crapules et voleurs s'il y en a c'est sûrement dans la périphérie des grandes villes et nous n'en traversons aucune au bord du Danube. La plus grande que l'on a traversé hier, "Tr. Severin" semble plutôt tranquille et ne compte pas plus de 40 000 habitants.

 

Nos derniers jours en images :

 

Une chose nous navre même si nous en avons pris l'habitude depuis la Hongrie, c'est la saleté, pas un coin de nature préservé, tout le monde jette ses déchets n'importe où. Les abords des villes et villages ne sont que des déchetteries à ciel ouvert. Cela nous donne un travail certain à tout débarrasser avant de parquer nos chevaux pour la nuit. Mais il y a de l'espoir, l'union européenne a mis en place une campagne de sensibilisation avec des panneaux format "mondial" appelant au recyclage. Nous avons aussi découvert quelqu'un qui fait ce travail de manière utile et originale, en confectionnant des tapis d'entrée avec les capsules de bouteilles en "PET". Retourné à l'envers cela se révèle un excellent décrottoir à chaussure.

 

Le temps change, parfois les jours sont gris et froids, enfin c'est relatif, entre 3 ou 6 degrés pour le pire et entre 10 et 15 degrés pour le mieux les jours de soleil. Les nuits elles sont encore assez clémentes on a de la chance, le record minimal fût -3 degrés. Nous allons quitté ces jours l'influence méditerranéenne pour 400 km de climat continental avant de retrouver la côte de la mer noire à 600 km et son influence également méditerranéenne. Car il y a eu un changement de programme, nous ne passerons pas en Bulgarie avant d'avoir atteint la côte en Roumanie. Il y a deux raisons à cela : la première est logistique en rapport au départ d'Irene pour les fêtes en Suisse,  la seconde est politique car nous ne sommes plus certains de pouvoir traverser la Turquie selon l'évolution des tensions actuelles et c'est à "Constanta" que l'on pourrait trouver un bateau pour rejoindre la Géorgie et aller en Arménie si cela se révèle nécessaire d'éviter la Turquie qui pourtant nous réjouissait. Ceci dit le Danube est chargé d'un vent parfois fort et même tempétueux, toujours en direction de l'est, le vent dans le dos nos Comtois volent et la roulotte est bien plus légère à tracter.

Le paysage est magnifique, une très belle route au bord du Danube, parfois enserré de collines au nord et au sud, nous traversons aussi des gorges, c'est un spectacle époustouflant que nous ne regrettons pas.

Mais bien entendu, qui dit montagnes et collines, dit aussi que nous devons nous attendre à quelques surprises, et parfois elles sont de tailles et vaut mieux ne pas les prendre sur la tête.

Nous avons eu droit au gel, qui le matin nous donne un spectacle magnifique et de l'herbe croustillante pour le chevaux, mais il ne nous semble pas que cela les gêne, ils ont l'appétit et la forme.

Nous avons aussi eu la neige ! Bon soyons sérieux, 3 cm  et au matin elle avait déjà fondu. Mais c'est une première pour Waldo car il a pas encore un an révolu et c'est un plaisir pour les yeux.

Certains pensent que l'hiver est moins beau pour voyager. Je dirai que cela dépend des endroits, nos étapes au bord du Danube nous réservent de belles surprises, c'est majestueux et envoûtant.

Puis lors de certaines pauses, quand l'envie ou le besoin des chevaux nous le demande, nous prenons le temps de nous reposer et de se détendre, chacun trouve le moyen qui lui convient.

Irene, elle, c'est la photo, elle adore bricoler sur le smartphone et améliorer ce qui peut l'être.

Nous n'avons toujours pas acquis d'appareil photo et nous nous battons encore avec notre smartphone dont la lentille rayée demande l'abandon de cet appareil à cette fin. Nous avons écris au Père Noël, il a peut-être dans sa hotte une surprise pour nous ?

En attendant on s'en contente et nous régalons les yeux de ces panoramas sans cesse étonnants.

 

Sur ces 100 derniers kilomètres nous avons passé deux cols avec des pentes de 8 à 11 %.   Encore un examen réussi pour nos Comtois qui n'ont même pas vraiment souffert de l'exercice, ainsi que pour les freins dont les nouveaux réglages semblent bien adaptés.

Ici en Roumanie les propriétaires de chevaux nous reprochent de faire dormir les nôtres dehors. Mais je me tairais sur ce qu'on voit de leurs agissements et l'état des leurs. Toujours est-il que nos Comtois préfèrent nettement être dehors même s'il gèle que dans un box où ils trépignent et s'ennuient. Pour les chiens c'est pareil. Certains se demandent comment ils vivent ce nomadisme et les journées d'attelage, preuve est démontrée ici bas que nos toutous aiment et se régalent comme nous de la beauté des paysages.

A Orsova nous avons voulu faire une pause de deux jours après ces deux cols, de plus les Comtois n'avaient pas eu de la très bonne herbe ces derniers jours. Même si nous les gâtons de compléments d'avoine et maïs, parfois il faut que l'on se résolve à faire pause quand l'herbe est bonne et en quantité pour les laisser se retaper. Nous pareil on avait besoin de faire une pause pour se ravitailler, un soucis de carte de banque nous a fait puiser dans le fond de nos réserves jusqu'à nous nourrir avec les chiens de "polenta" avec la farine des chevaux. Au passage un grand merci à ceux qui ont répondu à notre appel et qui nous soutiennent. Toujours pas de sponsors à l'horizon, et j'en profite pour vous rappeler qu'un lien existe sur notre blog pour nous soutenir.

Donc à Orsova, après une nuit sur une pâture relativement pauvre, Vasile Bijan propriétaire terrien vient nous inviter à nous poser chez lui, quelques hectares d'une herbe riche et généreuse, des pâturages naturels de top qualité, et intrigué par ce projet il avait envie de faire plus amples connaissance avec nous. Si l'endroit en hauteur est de toute beauté, l'accès est sportif et chaotique, ils nous oblige à grimper une pente de 10 % d'un chemin plein de trous. Encore une démonstration de la force phénoménale que peuvent développer ces fameux Traits Comtois, une leçon de courage d'As et Altesse.

Bon, par contre le résultat dans la roulotte lui, il est apocalyptique...

Un bon coup de rangement et on y voit plus rien, on a de la chance rien n'est cassé, mais la place est magnifique et Vasile Bijan, son épouse Camélia et leur fille Anna, nous reçoivent et nous gâtent de toutes parts. Après avoir fait connaissance, c'est le coeur serré qu'on se quitte, il nous offre même de revenir au retour et propose de nous mettre à disposition un hectare de terre au sommet de la colline pour nous y installer.

Vita et Waldo ont également apprécié la pause, la vue et les ballades à la rivière leur ont bien convenu aussi.

Merci à toi Vasile Bijan, tu es un homme concret et ouvert avec nous, nous te souhaitons bonne continuation.

Depuis Orsova notre route à changé. Finie la jolie petite route déserte dans la pampa, c'est le long de la nationale E70 de "Timisoara" que nous roulons. Elle a rejoint notre jolie route 57 pour ensemble nous mener 25 km plus loin à "Tr. Severin". Camions en pagaille, trafique intense et dangereux, nous sommes heureux d'avoir passé ces 25 km sans encombre.

Une fois arrivés à "Tr. Severin", grandes courses pour refaire des réserves, pour nous et les chiens, sel pour les chevaux, vermifuges pour les quatre-pattes, bref on prend notre temps, c'est long pour les chevaux les attentes aux parkings des temples de la consommation, leurs têtes à l'arrivée et leurs bâillements en dit long sur ce qu'ils ressentent après 6 heures de travail.

Le berger présent sur place avec ses chèvres et ses moutons, une vache et un cheval, il nous accueille avec bienveillance et nous trouvons sur ces prés de quoi faire pause et  nourrir les chevaux.

Le chemin continue, et nous vous donnerons de nos nouvelles très bientôt. Nous allons faire halte à 100 km de là dans une ville relativement importante, où nous sommes sûrs de trouver un vétérinaire avec un équipement Radio X-RAY, notre Waldo s'est tordu une patte avant qui lui fait souffrir et qui est un peu de travers, nous devons faire quelque chose.

 

Ritana Team vous embrasse

 

 

 

 

 

 

Nouvelles de Ritana 24/11/2015

Bonjour à toutes et tous de Ritana Team en Roumanie

Autant que vous le sachiez, afin de ne pas vous faire de soucis comme certains nous l'ont déjà fait savoir, nos connexions internet peuvent se raréfier et donc les mises à jour du blog s'espacer. En effet nous suivons actuellement une route au bord du  Danube qui comme celle qui nous y a conduit, est emprunte que de petits villages pauvres et dénué de bars, téléphone, en fait nous ne trouvons que rarement internet à part les grands bourgs. Parfois nous aurons plus de 100 km à parcourir pour retrouver des petites villes où avoir cette commodité. Voilà, ceci étant dit nous pouvons vous raconter les derniers jours et notre passage en Roumanie.

 

Avant de quitter la Serbie, nous avons encore  fait étape à Vrsac, une charmante ville où les voisins nous ont reçu comme des rois et combler de cadeaux

Nous sommes heureux de retrouver des collines, plus tard des montagnes, les longues plaines de l'agriculture intensive nous ont donné leurs visages tous ces derniers mois et nous sommes content du changement. Comme moi je suis content de faire "copain-copain" avec les chiens des rues et sauvages, malgré les recommandations des habitants qui les jugent dangereux.

En quittant Vrsac pour la Roumanie le 14 novembre, nous avons la surprise de devoir slalomer entre les badauds qui fréquentent un grand marché Tzigane, matériel en tout genre de seconde main, rien n'est neuf mais rien n'est cher non plus, c'est l'univers de la débrouille. Deux flics sont là eux-aussi, c'est pour calmer un autre marché moins visible, celui des cigarettes de contrebande et plus...

Enfin nous voilà à la sortie de la Serbie, je dis enfin mais nous y serions bien resté plus longtemps si notre autorisation ministérielle pour les chevaux nous le permettait. Seulement dans le cas présent nous devons sortir avec nos Comtois au plus tard le 15 novembre sous peine de ne plus pouvoir sortir du pays.

Cette fois cela se passera autrement à la douane, pas comme à notre entrée à Batrovci, je suis décidé de ne pas laisser un seul centime d'euros dans l'affaire et de ne pas nous laisser bloquer 9 heures de temps.

Nous y voilà et c'est en 2 heures et 30 minutes que nous passerons. Pour l'histoire, c'est 2h00 côté Serbe et 30 minutes côté Roumain. Tout d'abord les douaniers Serbes ne retrouvaient pas dans le fichier informatique central notre dossier de transit, pourtant bien enregistré selon le coup de téléphone à la douane d'entrée. En plus le chef douanier commence à me demander le justificatif de paiement des frais de douane, tous ceux que je lui présente ne lui conviennent pas, nous aurions oublié de payer encore quelque chose... Là, après déjà 60 minutes je me fâche, je sors mon smartphone et je précise appeler mon ambassade, la télévision nationale Serbe, et le ministère de l'agriculture. J'explique avoir assez débourser en entrant qu'il ne fallait plus me la jouer "black money".

Sur ces mots il me fait attendre seul dans le bureau, revient 10 minutes plus tard, s'excuse du temps perdu pour mon dossier qu'il doit recopier et contresigner, certifie que tous mes papiers sont en ordre et que je n'ai plus aucun frais supplémentaire à payer, c'est en Français qu'il me dira pardon. La plaisanterie nous a tout de même fait perde 2 heures.

Côté Roumain, c'est un autre monde. 15 minutes de franches rigolades avec les douaniers, qui tout de même jettent un rapide coup d'oeil dans la roulotte tout en nous félicitant de ce projet et nous échangeons photos et lien Facebook. Puis encore 15 minutes de questions-réponses avec le vétérinaire des douanes qui s'intéresse de près à notre projet et la santé de chevaux sur la route. Bref nos passeports ne seront même pas contrôlés, à peine ouverts on nous souhaite un bon voyage.

Bye bye Serbie, bonjour Roumanie...

 

Notre première étape est le village de Moravita. De suite on se trouve plus à notre aise avec l'environnement, le bétail est visible non en hors sol, les bêtes paîssent et le paysages est valloné.

En dehors des bergers et leurs troupeaux qu'on voit partout, il y a aussi et enfin, les attelages. Certes en Serbie on en croisait souvent, nous attendions cela depuis notre départ de France et cet espoir fût déçu déjà en Hongrie. Mais là en Roumanie c'est tous les jours, plusieurs fois par jour, en fait la pauvreté fait que l'on se débrouille à produire ce que l'on consomme et que le cheval est encore un moyen de transport et de travail commun et fréquent.

Et donc, sur la route notre passage dans les villages ressemble à cela, des vaches partout au piquet, pareil pour les chevaux et des troupeaux de moutons partout.

Nous nous rendons compte que la situation est différente qu'en Serbie, les pauvres ici le sont vraiment, en plus grande quantité, le "Lei"  vaut environ le quart d'un euro, et souvent les familles ici vivent sur un seul salaire de 250 à 300 euros. Alors on cultive, on élève ses cochons et ses poules, bref on se débrouille, mais on est souriant et heureux, il y a paradoxe avec un européen de l'ouest qui se plaint de son minima social de 600 ou 800 euros, ce qui est le salaire d'un qualifié ou un fonctionnaire ici, et qui pleure à longueur de journée. On se doit de comprendre et soutenir tout le monde, mais le fossé est tellement grand...

 

Première aventure et approche de la culture Roms. Soit ils sont très pauvres, ou très riches il n'y a pas de milieu. Dans les deux cas ils sont mal vus en étant 50 % de la population de la région que l'on traverse, et surtout alors que la plupart sont bons et accueillants ils inspirent peur et méfiance. Pour nous, posés une nuit à Jamu Mare, ce fût le côté sombre que nous avons expérimenté.

A peine installés, le jeune Roumain qui nous a indiqué la place vient nous avertir, les deux Roms (tziganes) qui nous ont arrêté au village avec leur minibus sont connus de la police pour vol de bétail et surtout les beaux chevaux, nous devons faire attention. Attention aussi aux chiens errants ils sont dangereux...

Bref je me dis que la peur n'évite pas le danger, que nous serons bien entendu sur nos gardes, mais qu'il doit en faire un peu trop. Et un Rom qui revient de son tour au lac du coin mais malheureusement bredouille, me confirme la chose, faut faire attention et ne rien laisser dehors.

Alors dorénavant nous rentrerons tout le matériel d'attelage et le harnachement dans la roulotte. Nous ne le faisions jamais, mais vu qu'au départ lors de la construction de la roulotte j'avais prévu crochets et emplacements alors on change d'habitude en changeant de pays, du moins sur les places publiques, reçus en terrains et par de privés le risque est bien entendu moins grand.

 

Eh bien on apprend vite, le soir même à la nuit tombée quand je reviens du village, je me fais attaqué par des chiens, ils ne sont pas errants mais d'une ferme voisine et ils sont méchants. Nous de notre côté on est des bergers, alors ça tourne vite dans nos têtes, on se dit que nous avons avec nous des cloches et que si le chevaux les portent ce à quoi elles sont prévues, on entendra bien si quelqu'un les affole en voulant nous les prendre.

Précaution supplémentaire, Waldo est fait pour cela et il y est destiné, on va lui faire une couche sous la roulotte et comme il garde effectivement assez bien, il va nous avertir en cas de visite imprévue.

Résultat des courses... Lors de ma sortie au village pour trouver internet, Irene reçoit la visite d'un type patibulaire et alcoolisé, malgré ses trois avertissements il n'obéira pas et reviendra jusque dans le parc des chevaux. Est-ce pour voler plutôt les cloches ce qui est bien possible, du coup elle s'aperçoit que les comtois sont plus facile à attraper avec ces colliers et elle décide de les enlever. A mon retour elle me raconte les faits, je fais le tour du parc et cet imbécile en partant a couché  3 piquets et laissé le fil au sol, j'espère qu'il s'est bien fait secouer... Du coup, cloches ou pas ? La question reste entière, mais je crois que pour le vol cela ne sert en effet pas si ce n'est au voleur, sans collier ou licol nos comtois ne se laissent pas approcher par des étrangers et encore moins la nuit. Je pense qu'on doit les garder pour les grandes plaines où on les laissera en liberté, surtout en Asie centrale.

 

Autre  village, autre aventure et pas des moindre, mais avant tout on s'y arrête pour faire des courses à l'épicerie, un coup d'oeil sur le GPS, pause clope et aussi reprise de souffle pour nos comtois.

Nous trouvons ensuite à la sortie de ce bled "Comoriste" ou "Comorâste" un joli pré. Il appartient à un privé et dans le pré voisin il y a une jument à l'attache au piquet et son poulain en liberté. C'est courant, même habituel, on voit cela depuis la Croatie.

Le problème pour nous c'est que ce petit con, étalon et déjà sanguin, s'est mis dans la tête de donner la liberté à nos comtois pour mieux faire joujou, il nous casse deux piquets et le fil. On va devoir dorénavant faire des parcs plus petits parce que l'on trouve pas ce genre de matériel de clôture ici.

Encore une fois, un autre apprentissage pour notre Waldo, c'est de défendre nos chevaux et éloigner non pas seulement les gens mais les autres animaux. Et ça marche, voyez plutôt...

 

Autre bizarerie, alors que depuis plus d'un an sur les routes, 3500 km ou plus de parcourus depuis la France, nous n'avions eu en tout et pour tout, moins d'une dizaine de contrôle de police. Ici c'est juste la folie, on se fait contrôler tous les jours, police, gendarmerie, police des frontières, bref c'est sans cesse et on en a eu même 3 en un jour lors de notre arrivée à Oravita. C'est parait-il une décision hiérarchique suite aux attentas de Paris... Quoi ? Ici ? Et les frontières françaises qui soi-disant fermées restent de vraies passoires, où des amis nous confirment avoir passer sans voir un képi plus de 3 fois les douanes en un jour. Bref, je clos la parenthèse...

Elle, notre arrivée à Oravita, nous laisse une impression incroyable, celle d'être arrivé déjà en Mongolie et à l'approche de Oulan Bator. En effet les collines sèches et surpâturées, les troupeaux, et l'entrée en ville est étrange, tous les vieux commerces abandonnés, fermés, à part un supermarché d'une enseigne européenne on y trouve aucun bar ni épicerie, ce côté de la ville a des airs de l'extrême "est".

C'est ici que je vivrai ma première déception vis à vis de la mise à jour de notre blog. Le seul bar avec accès internet que je trouve ferme ses portes à 20 heures et nous nous enfonçons toujours plus dans une région rurale et peuplée de bleds pauvres sans ce genre de service à disposition. Heureusement on a encore pour l'instant une connexion sur le smartphone, pas assez efficace pour le blog mais juste assez pour Facebook ou les mails. Mais nous, comme nos familles ou amis, devons tous apprendre à se voir espacer les contacts, plus le chemin avance plus ce sera le cas et longtemps. Nous apprécions vos gestes d'inquiétude en nous demandant si tout va bien en attendant des nouvelles, mais c'est pas parce que nous n'arrivons pas à en donner que nous avons des problèmes, et parfois j'aimerai moi-même me distancer de la technologie embarquée.

Bon, pour rejoindre le Danube il y a pas quinze chemins mais deux. Soit les montagnes qu'on veut éviter, soit un détour que vous verrez en rouge sur la carte ci-dessous, mais on doit quitter encore plus la civilisation pour la pampa.

Cette région Roumaine nommée "Banat" est une région rurale et pauvre, peu de ville, et nous allons avoir après Moldova plus de 100 km au bord du Danube dans une région sans ville et juste quelques rares villages. Nous comprenons aussi mieux les nombreux contrôle de la police des frontières. Nous sommes encore en bordure de la Serbie, non européenne, et les douanes Roumaines jouent un jeu de second filtre après la bordure Turko-Bulgare. Subventionnée par l'Europe, cette frontière est surveillée par caméras vidéos, thermiques la nuit, nous les voyons tournoyer tous les 4 ou 5 km sur leurs mâts, du coup depuis notre arrivée au bord du Danube nous ne sommes plus contrôlés. Le chef des douanes de la région nous a vu et connait notre projet et ils peuvent suivre notre avancement sur leurs écrans.

A "Lescovita" pourtant un endroit bien désert, nous nous sommes bien rendu compte de tout cela.

 

C'est là dans cette plaine que nous testons pour la première fois de lâcher les comtois. Il y a  si peu chance qu'ils dérangent qui que ce soit ici qu'on veut voir si c'est possible de les habituer à la liberté, ce que nous espérons pour l'Asie centrale. Eh bien ça marche, après un an ensemble sur les routes, nous faisons partie intégrante de la harde, donc ils ne s'éloignent jamais de nous, nous suivent partout et restent bien près de la roulotte qui contient la réserve d'avoine et de maïs.

Autre changement, c'est pour l'eau. Depuis notre arrivée en Roumanie fini les fontaines à robinets ou les pompes publiques. C'est maintenant à l'ancienne que les puits nous offrent l'eau. Comme la plupart des gens qui n'ont pas l'eau courante chez eux, ou alors les riches car cela coûte cher, nous allons quotidiennement puiser notre eau et celle des chevaux.

Il y a aussi les déchets dont on doit dire deux mots. Comme depuis la Hongrie, Croatie, Serbie, la Roumanie aussi souffre d'une culture de "je jette tout", partout et dans tous les coins, dés que vous sortez d'un village apparemment propre, les détritus jonchent le sol, les pâtures et les forêts. Le verre cassé aussi et c'est un des soucis de bien faire le tour des parcs où nous faisons manger les chevaux. Le vélo en souffre également... C'est notre outil de reconnaissance des endroits où se poser, mais les réparations se succèdent et le matériel manque il va falloir se ravitailler en colle et Blets.

Nos traversées de villages sont toujours remarquées, ici les gens vu les conditions dans lesquelles ils vivent comprennent un peu moins bien notre projet et notre manière de vivre alors qu'ils aspirent tous à plus de développement.

"Socol" est le dernier village perdu de cette plaine où nous faisons étape avant de rejoindre le bord du Danube. On y est reçu par Camélia qui parle un parfait italien et qui nous offre son jardin.

Cette femme de courage fait vivre à elle seule avec son salaire d'usine toute une famille dont, mari, parents, deux frères, et trois enfants. Nous avons passé ici un temps avec eux empli de joie et de richesse intérieure. Ils n'ont rien et pourtant ils nous ont tout offert...

Moi de mon côté je leur offre les soins sur un jeune poulain. Il a un abcès, drainage, désinfection, injection d'antibiotique.

Le lendemain matin les enfants nous aideront au toilettage quotidien des comtois avant le départ.

Ensuite nous voilà de retour au bord de l'eau Danuboise, afin de retrouver le plat, car ces derniers jours nos étapes étaient sportives avec des sérieux dénivelés de 7 ou 8 %. Nous retrouvons une météo plus de saison. Finis les 20 degrés et le plein soleil, maintenant c'est la grisaille, la pluie, le frais de 3 ou 4 degrés. Cela n'empêche pas As et Altesse de travailler, de nous déplacer, et de ne plus s'étonner de rien durant le voyage. Si nous n'évitons plus des voitures ou d'autres trams comme à Belgrade, c'est maintenant à des moutons ou des cochons que nos comtois ont à faire.

 

Voilà, nous sommes à Matesti, 3 km avant Moldova et nous sommes reçus pour un jour de pause chez Jasna et George qui nous offrent accueil sur un pré voisin et dans leur maison pour internet, repas en commun, même la douche si on le souhaite.

Nous repartons demain 26 novembre pour continuer cette route et nous savons par la rencontre de chasseurs que celle-ci est sauvage, le long de forêts et falaises, collines, bref même au bord du Danube on va être un peu dans la jungle sur 100 km. Des ours parait-il nombreux mais peu de loups, nous nous réjouissons de ces futures rencontres. Irene un peu moins que moi en fait, mais je connais bien ces bêtes ils ne viendront pas s'approcher de la roulotte ou des chevaux à moins de 100 mètres si nous avons un chien.

 

Bisous à tous, et à bientôt sur d'autres lignes

 

Ritana Team

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelles de Ritana 09/11/2015

Coucou tout le monde

 

Nous sommes à Ritisevo à quelques 30 km de la frontière Roumaine que nous passerons d'ici 3 ou 4 jours. Nous avons l'autorisation de rester en Serbie jusqu'au 15 novembre avec nos papiers vétérinaires de transit douaniers.

 

Nous sommes accueillis sur les pâturages communaux avec nos comtois et à côté de la famille de Marko Popovic qui nous a reçus ici pour le dernier jour de tournage hier.

Un documentaire à paraître d'ici 2 ou 3 semaines, sur la télévision nationale Serbe, pour une émission dominicale en prime-time dont Jovan Memedovic en est le journaliste vedette, dans toute la Serbie et même au delà. Un "Nicolas Hulot" des Balkans, mais avec un véritable amour de la terre et un réel respect écologique.

Nous faisons pause ici car nous sommes dans les temps et avant de repartir je vais revoir le ferrage des postérieurs de nos comtois, les fers bougeottent un peu, quelques clous à remplacer car il est trop tôt pour refaire un parage.

 

Voici comment se sont passées nos dernières étapes :

 

Le lundi 2 novembre nous repartons de l'hippodrome de Belgrade, après avoir salué et remercié Boro Jovanovic. Il nous présente son jeune Lipizzaner et nous quittons ce vétérinaire qui nous laisse une impression chaleureuse et agréable.

Un grosse journée et une étape difficile, nous devons traverser la ville par son centre pour repasser le Danube et monter au nord-est direction Pancevo.

C'est au premier carrefour après 5 minutes de route qu'on y rencontre une grosse jeep, Jovan Memedovic et Snezana Stojkovic nous interpellent, ce sont les deux journalistes de la télévision Serbe qui nous ont contacté depuis quelques jours pour un documentaire. Arrêt en plein carrefour le temps de prendre un rendez-vous pour le surlendemain.

Le trafic est dense, cette capitale nous offre le moyen d'encore tester nos comtois dans la grande circulation, mais comme à Vienne ou Budapest, rien ne les freine, ni voitures, camions, ni trams ou autobus.

La première chose qui va ralentir notre traversée de la ville, c'est la police. On ne comprend pas pourquoi, mais l'un d'entre eux avec sa voiture nous dépasse et nous demande de tourner à gauche et il nous dévie sur la rue de la gare.

On comprendra plus tard qu'il doit s'agir de la manifestation en cours que nous croisons, des militants avec sifflets et drapeaux réclamant on ne sait quelle cause.

Le problème est que pour rejoindre notre pont sur le Danube par la route imposée par les pandores, il nous faut faire des kilomètres de détour par le transit au lieu de le traverser le centre. C'est finalement pas si grave pour nous car le chemin nous mène par un des plus beau site de Belgrade, la forteresse de Kalemegdan, le zoo, le jardin des plantes, bref la route touristique de la ville.

Et enfin un peu plus tard la dernière ligne droite pour sortir de l'enfer urbain.

3H00 de temps plus tard nous voici au pont Pancevacki, nous traversons le Danube et sortons enfin de Belgrade

C'est après ce pont et avoir pris la direction de Pancevo que nous décidons de nous trouver un lieu d'étape pour nous arrêter. Un automobiliste nous dit avoir des amis qui ont un resto au bord du Danube et que nous y serons bien reçus, alors ok on va le suivre. Si l'endroit est en effet idyllique, il aura fallut passer à côté d'un camion sur un accès étroit, monter sur un rebord de trottoir, pour éclater notre pneu avant gauche d'une grosse déchirure sur la face intérieure.

Gros coup de chance, le voisin possède un pneu usagé mais encore valable et de la même taille. Et comme je n'ai jamais réussi à décoller le pneu de la jante avec les pieds de biche, c'est chez un ami garagiste qu'il va nous faire le remplacement du pneu et cela ne nous aura absolument rien coûté.

Merci à vous tous, la solidarité vous savez la vivre à fond.

Nos comtois ne sont pas mécontent de leur pause au bord du Danube, accès à l'eau à volonté, bain de pieds, les lumières du l'automne nous donnent un spectacle merveilleux.

Le lendemain après 23 km d'une nationale à 3 voies, nous arrivons à Pancevo, et nous trouvons refuge à l'hippodrome et centre équestre de cette ville.

Les nuits se rafraîchissent, il est de temps de remettre en route notre cheminée et de faire notre premier feu de la saison.

Une journée de pause ici, pour attendre l'équipe TV et commencer le tournage, également farniente pour les chevaux et lessive.

Présentation des chevaux à l'équipe de tournage, et Jovan nous explique comment il compte conduire son affaire avec nous. En fait il s'agit de nous octroyer le temps de toute une émission, elles durent environ 25 à 28 minutes, et donc ils nous suivront sur 3 jours pour avoir assez de matière à travailler et bien faire le tour du projet avec nous.

De notre côté, nous nous rendons compte qu'acheter un appareil photo-video devient urgent, les lentilles rayées et usagées de nos smartphones, nous montrent la baisse croissante de qualité. C'est un investissement dont on se serait bien passé et qui est pourtant nécessaire, à défaut d'aide et de sponsors on va devoir le faire.

La suite de notre route nous conduit à Ban Novi Selo, là nous trouvons une place de rêve dans les pâturages communaux, entourés par de nombreux bergers.

Ensuite, c'est autour d'un bon repas au resto que nous allons tous nous réchauffer. Il fait frais, et notre équipe de tournage est aux petits soins avec nous. Le matin achat de Boreks et autres pâtisseries, et resto le soir au frais de la princesse.

Notre route nous conduit ensuite à Ban Karlovac, 2 km à la sortie de la ville Jovan nous a indiqué un pré à côté d'une piscine où ils nous retrouveront pour ce second jour de tournage. Au matin, petit déjeuner ensemble dans la roulotte avant de partir dans le froid et sous la brume.

C'est à Ritisevo où nous sommes que nous conduit ce dernier jour de tournage en leur compagnie.

Là aussi nous sommes reçus comme des rois. Danijela la maîtresse de maison nous offre aussi un succulent repas pour nous réchauffer.

Ici nous nous reposons deux jours, préparons notre route future en Roumanie, et Irene prend aussi le temps de soigner son début de grippe avant de repartir.

 

Nous voulons remercier tout particulièrement l'équipe de tournage.

 

Merci à toi Jovan Memedovic, tu nous as donné l'occasion de bien expliquer notre projet et notre aventure. Tu as été fraternel et compréhensif avec nous, nous te souhaitons bonne continuation et espérons garder encore longtemps un contact avec toi et ton équipe.

Merci à toi Snezana Stojkovic, tes conseils judicieux, ta patience durant les traductions, ta douceur et tes sourires, grâce à toi nous avons vécu cette expérience de manière bien plus décontractée.

Merci également à toi Vladimir Nesovic, comme caméraman tu es un As, nous laisser autant de liberté, savoir prendre ce qu'il faut sans nous diriger, tu as un sens aigu de ton métier et ta simplicité dans ton humanité nous apprend l'humilité.

 

Merci aussi à nos hôtes

Un grand merci à toi aussi Marko Popovic, tu nous ouvre ta maison, tu nous aide de tous les moyens qui te sont possibles, nous te félicitons pour les choses accomplies et le sérieux avec lequel tu travaille. Les normes et la propreté de vos différents élevages animaliers prouve l'amour que vous portez aux bêtes, et donc aux gens il va de soit.

Et enfin merci à toi Danijela Jadran, merci pour le soin apporté à nos corps par ces bons repas et la chaleur de ton hospitalité. Merci pour le travail magnifique que tu fais auprès de tes animaux.

 

Voilà pour cette fois, nous viendrons bientôt encore donner quelques nouvelles de notre chemin. Nous sommes en tous cas très touchés et épatés par l'accueil que nous a réservé le peuple Serbe. L'hospitalité ici n'est pas un vain mot, ces gens ont le coeur aussi gros que leurs maisons. Parfois s'en est même étrangement incompréhensible tant les gens pensent ne pas en avoir assez fait. Mais nous apprenons, nous écoutons, nous entendons... En dehors du fait que vous avez l'art de recevoir, il y a encore ces efforts d'effacer l'image négative que vous pensez avoir à l'ouest, et cela se répercute aussi ainsi. Sachez-le amis Serbes, vous êtes des gens bien et ne portez pas la responsabilité de votre passé, quelques rares hommes déviants ayant été à la tête de votre beau pays ne font pas l'âme d'un pays, la vôtre est belle et fraternelle.

 

Ritana Team

 

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelles de Ritana 01/11/2015

Bonjour à toutes et tous de Belgrade

 

Nous avons parcouru les deux tiers de notre chemin en Serbie et sommes arrivés hier à Belgrade. Première grande cité à traverser depuis Budapest en Hongrie, cela nous rappelle que notre route peut parfois nous obliger à côtoyer la vie citadine de grandes mégapoles comme Vienne en Autriche. Pas de soucis pour l'emplacement de ces deux nuits à Belgrade, notre Ambassade nous a organisé un accueil dans les écuries de l'hippodrome national. As et Altesse apprécient moyennement l'affaire, ils préfèrent nettement être parqués dans un pré d'herbe fraîche, de plus ils sont séparés dans deux box différents, ils se cherchent et s'appellent, tapent contre les portes, mais il vont bien devoir s'y faire. Ce sera que la première nuit ainsi, aujourd'hui c'est les dernières compétitions, la fin de la saison, ce soir nous leur ferons un parc dans les prés au centre de l'hippodrome.

 

Contrairement à ce qui nous a été annoncé, les autorités policières Serbes sont on ne peut plus cool avec nous. Pas un seul contrôle de police, pas une seule tentative de réclamer des frais ou amendes douteuses, rien, mais beaucoup de salutations, de pouces levés en signe de soutien, un accueil chaleureux en croisant notre attelage. De plus, la population Serbe est des plus accueillante, nous n'avons jamais eu de peine à trouver des places pour nos étapes, on nous comble de cadeaux en tout genre. Il y en a même qui nous poursuivent en voiture, nous doublent, et s'arrêtent ouvrant leur coffre de voiture pour nous donner du foin ou autres. Nous sommes vraiment enchantés et ne regrettons pas l'obstination que nous avons eue de tout faire pour y entrer.

 

Quelques mots et images de nos dernières étapes :

 

Avant tout, une chose importante à savoir. La Serbie semble avoir quelques problèmes économiques d'importance. Sans parler des plaintes des Serbes eux-même sur l'emploi et le reste de l'aspect social, nous roulons sur des routes qui montrent dans leur état général un manque de moyens évident. Les routes sont dans un état lamentable. Certaines infrastructures pourtant se voient en nette amélioration, des chantiers génie-civil en cours il y en a, des trains datant de plus de 40 ans côtoient de nouvelles rames modernes, l'état fait ce qu'il peut. Compte tenu qu'ils n'ont aucune aide extérieure ne faisant pas partie de l'Europe, et je les comprends c'est mieux ainsi, nous voyons que l'état tente d'apporter plus et de moderniser les infrastructures. Un de ces aspects qui retient notre attention tout au long du chemin c'est les abris bus, des champignons métalliques vieux et rouillés, de plus de 30 ou 40 ans. Il nous aura fallut atteindre la capitale pour voir d'autres abris bus plus modernes, mais dans le pays entier ça ressemble à cela.

 

Grâce à Zoran notre hôte de la première étape nous serons invités deux fois à être reçu chez des amis qui sont sur notre route. Toujours un accueil en grandes pompes, des cadeaux, des félicitations, une franche et fraternelle amitié spontanée. L'un de nos hôtes est boucher charcutier, les dégustations sont copieuses, les étreintes à notre départ sont chaleureuses et émotionnelles et les cadeaux en nature à notre départ nous ravissent le palais plusieurs jours durant.

Après la confection de ces merveilleuses saucisses de porc épicées au paprika fort, le fumoir.

La première ville de moyenne importance que nous traversons est Sremska Mitrovica. Là pas de point de chute prévu, à la sortie de la ville nous nous arrêtons devant les locaux du service du feu le temps que je fasse un tour en vélo pour trouver un pré. Les pompiers ne peuvent pas nous recevoir, question d'autorisation avec la direction à Belgrade, pourtant ils ont 2 hectares de belle herbe. A défaut, ils nous offrent un café en attendant de trouver un bon plan.

Là je remarque que l'état met les moyens, les véhicules de marques allemandes et récents prouvent que la sécurité est prise au sérieux malgré le manque de finances. Un véhicule de défense incendie avec spécificité de traitement de matières chimiques, tout y est, entretenu comme il se doit.

 

C'est finalement en face de chez eux qu'après 45 minutes de recherche je trouve notre bonheur. Une entreprise italienne de matériel automobile possède un beau pré à côté de leur parking, c'est de leur propre initiative que les gardiens du site nous offre l'accès.

Il fait beau et chaud, c'est le moment de penser à ajouter le drapeau Serbe à l'arrière de Ritana

As et Altesse se reposent, paissent, nos étapes s'allongent et se font majoritairement au trot.

Durant nos étapes nous croisons souvent des vendeurs de fruits et légumes. Le paprika est un produit commun et prisé en Serbie aussi, nous faisons halte ici pour en acheter et visiter un élevage de cochons laineux.

Nous croisons des attelages tous les jours. Il y en a partout sur les routes et à chaque fois c'est l'étonnement de leurs part de voir des chevaux aussi gros et puissants. Les échanges sont sommaires à cause des problèmes de langue, mais quelques mots s'échangent tout de même. "dobro Konja" (bons chevaux).

 

Prochaine ville de moyenne importance, Ruma, là aussi nous croisons une famille sur un attelage. La surprise est de taille pour eux avec nos comtois, pour nous elle est agréable, enfin des Tziganes.

A Ruma nous trouvons refuge sur une place de marché au bétail, il y a plusieurs hectares d'herbe à disposition.

Le réveil sera matinal et surprenant. A 7H00 arrivent des paysans avec des porcs sur leur remorques et tout ce petit monde pèsent leur bêtes sur un poids publique avant de les charger dans un camion pour la boucherie. Notre roulotte garée devant les rampes de chargement, ils se voient obligés de nous réveiller pour la déplacer.

Nous en profitons pour peser Ritana, nous étions dans le souvenir de 1640 kg à vide plus nos affaires. Résultat, avec la réserve de grain nous sommes à 2.240 kg

Mais ça va, nos comtois tirent cela tout les jours et ils sont toujours en forme.

Les chevaux que nous croisons sur la route ne nous font pas tous plaisir. Certains sont mis au travail et pas vraiment bien soignés, allez leur dire que cela relève du mauvais traitement, on y arrive pas même si on essaie tout de même de leur dire de mieux les nourrir.

Pour nos comtois la vie est belle, ils travaillent généralement 4 à 5 heures par jours, ils mangent bien et à volonté, complément d'avoine, maïs ou ce que l'on trouve en chemin.

Une pause sur la route, café pour nous et repos quelques minutes pour nos comtois. Charmante surprise, Katarina, une étudiante mais aussi bergère sortant ses chèvres, très bons échanges et sa maman nous offre des pâtisseries maisons délicieuses.

A Petrovcic, nous vivons quelque chose de particulier dont on doit parler. Charmant village où nous cherchons un pré. Je demande à un paysan pour utiliser un pré voisin que j'ai repéré, il confirme que c'est possible le propriétaire habitant et travaillant en Autriche cela ne doit pas poser de problème. On s'installe, on fait le parc des chevaux, on mange et nous posons pour une sieste. Un coup à la porte et sans attendre elle s'ouvre et se referme devant Waldo qui médusé montre sa truffe à l'intruse. Une femme complétement énervée m'explique qu'il faut partir sur le champ. Je dis "ok" pas de soucis, juste 2 minutes le temps d'attacher les chevaux. Non seulement contente de hurler et d'ameuter tout le quartier, la vielle folle commence à arracher tous les piquets de notre parc en couchant le fil au sol, arrachant les fils de la batterie de l'électrificateur, et libérant ainsi les comtois.

Bref, on comprendra plus tard qu'on gênait vraiment car ils passent par ici pour rentrer leurs quelques vaches dans leur ferme voisine. Mais le cirque et les cris n'étaient pas nécessaires, j'ai dû commencer à hurler moi-même pour qu'elle s'arrête de tout casser et se calme, de plus nous pouvions bouger quelques piquets pour leur faire le passage. Mais son scandale nous a servi. Alertés par les cris de la folle dingue, les voisins d'en face se sont rués à notre secours pour la calmer et nous offrir leur pré à 50 mètres de là. Merci à Ludovica et son père, nous vous plaignons de devoir supporter une voisine pareille.

 

Entrée de Surcin, notre dernière étape avant Belgrade, Irene va m'attendre ici plus d'une heure pendant que je cherche un pré avec notre vélo.

Je reviens bredouille si ce n'est un bout de pré dans une casse automobile. Mais arrivé sur place, Jagos, un éleveur de chevaux arabes nous invite 2 km en arrière dans son Ranch.

Le pré est pauvre mais le foin est bon et à volonté. Nous passons une jolie journée de pause ici, et nous allons voir ses moutons pâturer.

Nous nous familiarisons aussi avec ses purs-sangs Arabes qui se trouvent être très familiers et bien plus câlins que nos comtois. Il en fait l'élevage et il a en sont temps monté les meilleurs pour des courses.

Dernière ligne droite avant Belgrade, un grand bloc portant des affiches telles, je suis sûr d'être face à un cinéma, on ne maîtrise pas le cyrillique alors la surprise est de taille quand nous nous rendons compte que c'est l'enseigne d'une chaîne de supermarchés.

Et enfin notre entrée en ville de Belgrade, les policiers présents au rond point nous saluent sans avoir l'intention de nous contrôler.

Avenues de 2 x 3 voies, trams, trafic intense, on comprend maintenant pourquoi la plupart des gens et même la chancelière de notre ambassade, pensaient que nous ne pourrions jamais traverser Belgrade.

C'est mal connaître notre duo de traits jurassiens habitués à tout, capables de tout. Nous traverserons même la "Sava" sur un pont suspendu avec un trafic rapide et des conducteurs agressifs qui doublent partout, même à droite. On se serait cru sur une autoroute !

C'est finalement sans trop de difficulté que nous arrivons à l'hippodrome de Belgrade.

Nous y sommes attendus avec des box à disposition. Nous y restons le dimanche pour voir les dernières courses de chevaux de la saison.

Première surprise ce matin, Dijana Memic notre chancelière de l'Ambassade Suisse vient en personne nous souhaiter la bienvenue. Elle nous ramène du courrier attendu de la part de la RTSR (radio-télévision suisse romande), tout un tas de documentation sur la Serbie, et bien ententu elle veut voir ces fameux Comtois.

Nous attendons demain un RDV avec la télévision nationale Serbe pour une reportage, en attendant nous profitons de cette journée de courses et de rencontrer Boro Jovanovic un vétérinaire et ami de Krésimir qui nous a aidé en Croatie, et également de revoir Jagos qui vient voir les dernières courses avec nous.

Le Starter-bloc porte une pancarte, l'hippodrome fête ses 100 ans cette année.

Nous ne parierons pas sur les courses, c'est entre nous deux que nous lançons le défi des meilleurs pronostics. Sur 4 courses il y aura 3 résultats qui nous auraient réussis.

 

Voilà les dernières nouvelles de Ritana Team, d'autres suivront bientôt. Il nous reste à traverser le centre ville, traverser le Danube et parcourir les 150 km qui nous séparent de la frontière Roumaine.

 

Merci de nous suivre et nous soutenir, salutations à toutes et tous.

 

 

 

 

 

 

Nouvelles de Ritana 22/10/2015

YES WE CAN - WELCOME IN SERBIAN

 

 

Ritana Team a deux nouvelles d'importance, nous sommes enfin en Serbie depuis le 20 octobre au soir, et hier le 21 octobre 2015 nous avons fêté la première année de notre départ de Balaiseaux dans le 39 de chez Denis et Fabien Cannelle où nous avons acheté nos deux Comtois et construit notre roulotte.

365 jours de voyage, un peu plus de 3000 km, merci à tous ceux qui nous ont aidé et ont rendu cela possible.

 

La fête s'est passé dans la ferme de Zoran et sa famille qui nous ont accueilli de nuit après notre passage.

Des collègues, éleveurs ovins eux aussi, notre premier contact avec les Serbes est des plus chaleureux et nous montre combien ils sont honorés de pouvoir nous aider.

 

Seulement infos importantes, ceci ne s'est pas passé le 8 octobre dernier comme annoncé. Nous  avons été une énième fois refoulé, comme à chaque tentative, il manquait encore des papiers, et des papiers, des démarches que l'on a bien entendu oublié de nous dire avant, un "foutage" de gueule des autorités douanières qui ont bien risqué de me mettre en colère. Je l'ai été plusieurs fois, mais cette fois-ci j'en étais pas loin à prendre radicalement les choses en mains et la laisser éclater cette colère. 4 tentatives et jamais les renseignements complets.

 

Nos amis ont été patients, plus que moi, toute l'organisation avortée avec tracteur ou camion pour Ritana, van pour les chevaux, tout cela pour rien et revenir en arrière, et je vous le dis, le jeu que nous ont fait jouer les autorités Serbes nous a coûté 800 euros de frais, entre transports ratés et frais annexes comme les prises et contrôles de sang etc. Cela a coûté aussi un prix inconnu à nos hôtes Croates qui ont tout organisé pour nous, ainsi que les nombreux coups de téléphone et j'en passe. Bref, avec ce que nous a coûté ce dernier passage mais cette fois, réussi, nous en sommes à plus de 1000 euros de frais à cause de la mauvaise volonté de ces autorités douanières. Autant dire que ce dernier mardi, nous avons eu soin de refuser tous frais hors normes qu'on a tenté de nous faire encore cracher. Cela  nous a coûté 9H00 d'attente en douane avec les Comtois dans le van, mais grâce à notre obstination et l'aide de notre ami négociateur Krésimir que je vous présente plus bas, nous sommes passés à 70 euros légaux de frais en place des 150 que l'on a tenté de nous soutirer. Eh oui, en dehors des services vétérinaires il y a tout un tas d'intermédiaires surprises, des frais d'entreprises de transit, alors que nous faisons un voyage d'agrément et non du commerce d'animaux.

 

Nous prenons un risque de le dire publiquement ici, mais tout n'est pas très clair et à l'avenir durant notre traversée de la Serbie, nous serons déterminés à ne plus nous laisser faire. Qu'on ne s'attende pas à nous voir être des pigeons et entretenir un système administratif déviant. C'est à se croire déjà dans les pays en "stan" de l'Asie centrale qui nous attendent.

 

Mais nous devons encore le dire, on a eu trois alliés qui ont permis ce passage et que nous voulons remercier vivement et nominativement.

 

Merci à toi,  Krésimir Banovic de OTOK-Croatie !!

Cet homme de bien, très fin négociateur, connaisseur des rouages administratifs et des graviers potentiellement présents dans les engrenages, nous a donné 15 jours de son temps, et des frais inhérents, afin de nous permettre de passer finalement en Serbie.

Merci à vous Dijana Memic Chancelière de l'Ambassade Suisse de Belgrade 

Grâce à elle, ses nombreuses démarches auprès des autorités Serbes, également des jours et des heures de travail, elle nous obtient un précieux sésame, une autorisation de 30 jours pour traverser la Serbie avec nos chevaux ce qui était impossible sans elle.

Merci au Ministère Serbe des Services Vétérinaires et de la Nature à Belgrade

Pour avoir permis ce trajet, même s'il est à notre goût un peu trop juste et contrôlé. Ils ont tout même réussi à trouver une alternative pour déjouer le blocage des autorités.

 

Ci-dessous quelques images de ces derniers 15 jours.

Après notre passage raté du 8 octobre nous avons été obligé de libérer l'emplacement de Lipovac, nous avons trouvé refuge à Nijemci. Des gentils paysans, Zvetlana et son mari, nous ont permis de nous installer dans une allée au centre du village, en fait le parking de leurs machines agricoles et remorques. Comme il n'y a pas d'herbe ils nous offrent du foin et nous passons quelques jours ici à tenter d'organiser notre passage.

Nous avons fait une journée en bus à Vukovar, ville où se trouve l'inspection vétérinaire de ce district. Des frais pour rien, ils nous organisent un certificat vétérinaire qui se trouvera ne pas être valable non plus. Nous en profitons pour prendre une photo d'un monument bien connu, c'est la tour d'eau détruite durant la guerre et qui sert un peu de mémoire et d'attraction touristique.

Si à Vukovar on garde volontairement quelques stigmates avec des bâtiments touchés, on se plait tout de même à les fleurir.

Krésimir Banovic nous invite alors à déménager chez lui à Otok. Déjà nous serons mieux avec les chevaux, en plus c'est un district différent, plus approprié pour obtenir un autre sésame, celui d'une autorisation ministérielle Croate. Non seulement elle nous aidera à entrer en Serbie, mais surtout, pour en ressortir sans quarantaine ou euthanasie, risque que nous courrions sans même le savoir.

En deux jours nos éléphants ont mangé ce qu'il y avait d'herbe et plusieurs jours consécutifs de pluie ont fait de ce paddock un champ de boue où nos Comtois trépignent et s'ennuient. On leur donne du foin et nous allons 3 fois par jours les faire paître une à deux heures dans des prés non loin de là. Tous les voisins sont aux petits soins avec nous, on finit par être connu de tous et les cadeaux et autres attentions pleuvent. Cela nous aide à supporter l'absurdité de la situation.

Durant ce séjour forcé nous aurons la chance de visiter avec Krésimir notre hôte, le haras national Croate de Lipizzaner à Dakovo

Nous y visiterons également la cathédrale. Je prends une photo du haut de la nef car je suis surpris de la présence d'une croix renversée. C'est quand Krésimir me dit que l'édifice est consacré à Saint Pierre que je comprends la chose en laissant mon étonnement de côté.

Ivan, le fils de Krésimir, comme toute la famille d'ailleurs, est un fervent défenseur de la culture de Slavonie. C'est en habits traditionnels que nous le retrouverons un dimanche à la sortie de la Messe qui fête la fin des récoltes. Ni Irene, ni moi, ne sommes habillés pour cet événement, c'est en bottes de paysan que nous irons le retrouver.

L'habit des jeunes filles est particulier. Il représente celui des jeunes femmes prêtes au mariage. Elles portent autour du cou 99 pièces d'or et la centième dans le corset entre leurs seins, c'est la dote de mariage.

 

Enfin le jour " J " est arrivé, le 20 octobre on charge Ritana sur une dépanneuse, les Comtois dans un van, et nous tentons encore une fois notre entrée en Serbie. Cette fois on espère la bonne, on a tous les papiers demandés, reste à savoir s'ils vont encore nous en demander un autre...

Tena, la fille de Krésimir qui parle un parfait anglais, est aussi présente pour nous traduire toutes les tractations. Nous la remercions beaucoup, elle a toujours été là aux côtés de son père et à notre service, car Krésimir s'il maîtrise la diplomatie et les rouages administratifs, il ne parle bien que le Croate.

Plus de 4H00 seront nécessaire rien que pour l'autorisation de sortie des chevaux du territoire Croate et pour négocier le prix de passage. Pourtant les autorités en étaient averties et les documents nécessaires présentés

Ensuite côté Serbe même topo. Notre Chancelière de l'Ambassade a téléphoné pour avertir de notre arrivée, que tout est en ordre, et qu'il serait judicieux de nous faciliter et accélérer les choses. Mais là aussi nous devrons attendre, et attendre, 5H00 de temps pour se faire dire qu'il nous manque un autre papier. On nous dit que sans carnet ATA les frais seront d'au moins 150 euros. Un carnet ATA après renseignement n'est qu'un passeport destiné à l'exportation ou l'importation de marchandises commerciales. C'est en rien ce que le service du transit des douanes Serbes prétendent, un passeport international pour chevaux. De plus nous ne faisons pas commerce de nos bestioles, c'est nos amis et le moteur de notre attelage.

Négociations, allers et retours d'un bureau à un autre, c'est en tout au bout de 9H00 de temps sur place qu'on nous laisse partir et entrer en Serbie moyennant la somme de 70 euros, versés à cette entreprise de transit et 20 euros de taxes douanières et vétérinaires. Qu'on m'explique cela, je n'ai toujours pas compris !!

Adieu la douane Serbo-Croate de Bajakovo-Batrovci, nous avons beaucoup appris de vous, en effet cette expérience va nous servir dans un proche avenir.

Aujourd'hui 22 octobre nous reprenons enfin la route, elle nous fait passer par Sid, une ville Serbe sous les feux de la rampe médiatique.

C'est par cette route que sont acheminés les réfugiés de la "crise", la Croatie les laisse encore passer pour le moment par la Douane de Tovarnik non loin de là.

 

La présence du cyrillique nous montre bien que nous sommes en Serbie, allez maintenant décoder les panneaux et autres infos, nous allons bien rigoler.

 

Nous faisons route en direction de Belgrade, les gens sont très accueillants, nous sommes aidés, attendus, c'est avec un comité d'accueil que le Maire nous reçoit ce soir à Bacinci.

Un pré au centre du village, eau à disposition, nous renouons avec la confiance et l'espoir.

 

Bientôt d'autres nouvelles de Ritana Team, enfin cela dépendra des connexions internet que l'on trouvera.

 

Irene et Marti

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelles de Ritana 06/10/2015

 

Patience, Insistance, Ténacité

 

 

J'en étais quasi certain. Les premières informations récoltées à la douane de Bajakovo-Batrovci lors du refus de notre passage étaient fausses. Les conditions vétérinaires de quarantaine ou de court séjour de maximum 5 jours, des frais de dossiers de plusieurs centaines d'euros, tout cela est une « méprise » de cette fonctionnaire. Je parle de méprise pour rester poli et objectif.

 

En fait, selon notre ami négociateur-traducteur, nous n'avions qu'à oublier l'affaire et retourner par la Hongrie et la Roumanie. Détour de plusieurs centaines de kilomètres et de 1 mois de perte de temps.

 

C'est sans compter notre patience et ma détermination. Rien n'est logique et tout contredit nos renseignements depuis un mois, même de la part des policiers Serbes rien ne présageait de telles conditions.

 

Alors voilà, nos nouvelles infos après quelques coûteux téléphones et un peu de patience. L'ambassade Suisse de Belgrade nous obtient d'autres infos après avoir appelé la même fonctionnaire des douanes. Nous pourrons passer par la Serbie sans problème et nous pourrons la traverser avec notre attelage comme prévu. Il y a pour ceci trois choses à faire : passer les chevaux en effet sur la douane autoroutière de Bajakovo-Batrovci, fournir un certificat médical récent (10 jours au plus) et s’acquitter d'un montant de frais de dossier raisonnable de 1000 à 2000 Dinars (entre 15 et 30 euros).

 

Exactement ce à quoi nous nous attendions normalement, et non pas une quarantaine sanitaire et plusieurs centaines d'euros pour un transit de 5 jours. Ah ! Mais les voies officielles nous ouvrent donc des portes que nous voyons fermées depuis 15 jours. Dorénavant nous saurons par qui passer pour arranger nos passages de frontière.

 

Côté Serbe, nous avons aussi contacté le Consul Général de Serbie à Zurich. Très conciliant, il nous offre de réitérer notre demande écrite, et pense aussi que les démarches devraient être différentes qu'annoncées en douane il y a deux jours. (Tu m'étonne !!)

 

Alors enfin nous recommençons à nous réjouir et à croire en notre entrée en Serbie. Pour ce faire nous avons pris rendez-vous ce matin 6 octobre avec un vétérinaire, afin qu'il examine et certifie l'état sanitaire de nos Comtois qui piaffent d'impatience dans leur parc. Ce certificat reste valable 3 jours, donc nous prévoyons de tenter à nouveau notre passage jeudi matin.

 

Patience, Insistance, Ténacité, c'est ce que j'ai appris de Sylvain Tesson dans sa traversée de l'Asie centrale à cheval, face aux administrations douanières pointilleuses. S'arrêter, attendre que le refus se transforme en peut-être, un, deux ou trois jours s'il le faut. Durant ce temps les chevaux crottent, pissent, devant le poste douanier où toutes les fleurs de la femme du chef ont disparu dans le ventre des chevaux. C'est là que miraculeusement toutes les portes s'ouvrent sans papiers et taxe quelconque.

 

Merci appuyé au Consul Général Serbe à Zurich, pour son ouverture et son écoute.

 

Ainsi qu'à Madame Memic de l'ambassade Suisse de Belgrade pour ses démarches.

 

Désolé d'avoir été obligé de vous déranger durant une période de crise assez compliquée, un juste accueil et travail du service vétérinaire de Bajakovo-Batrovci nous aurait évité cette peine et nous aurait fait économiser cette attente et les frais qui s'en dégagent.

 

Donc chers amis, familles, lecteurs, sans autre surprise, nous serons accueillis en Serbie jeudi matin.

 

Ritana Team

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelles de Ritana 03/10/2015

La Serbie, OUI ou NON ?

 

Coucou tout le monde, alors voici les dernières infos. La Serbie ne serait pas possible. La seule possibilité avancée ce matin par le service vétérinaire de la douane est de traverser en maximum 5 jours avec des chevaux et ils doivent être chargés dans un van ou une bétaillère, comme un transport animalier habituel. Nous n'aurons sois-disant jamais l'autorisation de passer à pieds avec nos Comtois par ce pays.

Encore une surprise alors que tout semblait finalement réglé est possible et que toutes les infos récoltées depuis un mois nous menaient vers Bajakovo pour nous faciliter les choses.

De plus le transit de la traversée de la Serbie serait coûteux en transport pour les chevaux et la roulotte, mais également en frais de douane avec les taxes diverses, le montant exact n'est pas connu mais cela peut aller jusqu'à 500 euros juste pour la douane.

Chose étrange, nos appels au consulat Serbe en Suisse, nous confirmaient que normalement nous devrions pouvoir passer, même ailleurs qu'à Bajakovo, si les vaccins sont à jour et un certificat de bonne santé accompagnant les papiers des chevaux. Donc les avis diffèrent et se contredisent sans cesse.

Donc nous sommes coincés ici sans pouvoir faire cette traversée de la Serbie.

Un autre espoir cet après-midi, nous essayons de voir si ce transit pourrait se faire par bateau sur le Danube. Il pourrait être moins coûteux, mais dans les deux cas il nous faut un certificat vétérinaire de moins de 10 jours et émanant de France puisque les chevaux sont français, ce qui est une autre absurdité puisque les chevaux sont ici en Croatie, mais bon... Cette alternative se trouve n'avoir jamais été réalisée et nous mettrait dans les même lois et dispositions qu'un transport routier, donc impossible.

Nous sommes donc dans l'obligation de baisser les bras et de nous y résoudre, il va peut-être falloir revenir en arrière au nord et repasser en Hongrie, pour ensuite la traverser d'ouest en est, et entrer directement en Roumanie où les démarches sont bien plus simplifiées. Nous avons perdu 3 semaines et en perdrions encore 5 ou 6 pour ce détour.

Certes, nous avons eu plaisir à traverser ce beau pays qu'est la Croatie et d'y rencontrer des gens merveilleux, mais l'arrivée au Bosphore pour décembre afin de ne pas se faire prendre par l'hiver en Bulgarie nous semble incertain. Peut-être qu'en longeant la côte Bulgare de la mer noire sans traverser le pays peut nous éviter la neige et des conditions nous obligeant à faire une longue pause, mais cela dépendant de la météo hivernale de cette année et nous n'en savons rien.

Voilà où nous en sommes. Nous avions écrit à l'Ambassade Serbe en Suisse, après avoir eu un mois plus tôt un téléphone avec eux. Aucune réponse de leur part et donc aucun moyen d'arranger nos affaires. Cet après-midi, nous contactons le consulat Serbe en Suisse qui nous propose de recontacter ces derniers lundi matin en parlant au Consul général. Nous de notre côté nous allons contacter l'Ambassade Suisse à Belgrade lundi matin, c'est là notre dernière chance d'éviter ce détour, ce retour en Hongrie, et de pouvoir  quand même visiter la Serbie et suivre le Danube. Mais sans assurance de succès.

Le feuilleton continue, je pense que si nous étions accompagnés d'une équipe de journalistes avec caméra sur l'épaule nous serions depuis longtemps en Serbie.

Ils se contredisent les uns les autres, comme le service vétérinaire de Bajakovo.

D'autres nouvelles suivront, merci d'envoyer vos bonnes ondes afin de favoriser une synchronicité favorable à notre affaire de douane Serbe.

Ritana Team

Nouvelles de Ritana 02/10/2015

Bonjour à toutes et tous

 

Nous voici à Lipovac depuis hier, à 1.5 km de la frontière autoroutière de Bajakovo. Là il y a un contrôle vétérinaire et nous espérons enfin entrer en Serbie pour environ 300 km avant de continuer le Danube côté Roumain ou Bulgare.

 

Aujourd'hui nous faisons pause et profitons du redoux que nous offre quelques rayons de soleil après 5 jours de pluie et de grisaille. Nous sommes reçus chez Josip et Vita Lovretic, des amis de Adam qui nous a organisé cette étape, comme le transport des chevaux et de Ritana la roulotte. Nous profitons d'une gentillesse et d'une aide précieuse. Il faut le dire, il y a des sentiments nouveaux face à l'accueil que nous réservent les Croates. Ce n'est pas seulement par soutien ou de par la culture hospitalière qui est hors norme, cela va bien plus loin. Il s'agit de l'honneur que nous leur offrons en leur donnant la chance de nous aider. C'est pour nous un honneur d'être accueilli ou aidé, mais l'honneur qu'ils ont de pouvoir le faire est bien plus grand, c'est une nouvelle donne dans notre approche des gens que notre route nous permet de rencontrer. L'honneur que nous leur faisons de se laisser aider produit des rivalités quand plusieurs personnes du même village veut absolument nous recevoir. Petites les rivalités certes, mais nous mesurons le regret ou la déception de celui qui n'est pas acteur de notre soutien. Les Croates sont des gens exceptionnels et vaut mieux ne pas refuser les nombreux cadeaux qui pleuvent, sous peine de blesser. Pourtant, parfois nous sommes obligés de refuser, l'espace et le poids à bord de Ritana est compté serré. Bref, vous l'aurez compris, on vous conseille vivement de visiter la Croatie profonde plutôt que le seul bord de mer lors de vos prochaines vacances.

 

La reconstruction après les deux dernières guerres des années 90 ici est assez douloureuse. Cette partie du Nord-Est de la Croatie a été très touchée, nous n'y voyons plus rien mais Lipovac par exemple, comme toutes les villes et villages de cette région ont été entièrement détruit. Les gens sont revenus plein d'espoir, ils ont investi partout avec une reconstruction de classe et de style, avec des infrastructures commerciales et touristiques, et pourtant tout est mort, rien ne fonctionne, l'économie se meurt. Déçus, trahis par une politique qui n'a pas tenu ses promesses, une Europe qui n'a pas apporté les rêves attendus, les gens se voient obligés d'abandonner les belles maisons et réalisations pour repartir travailler à l'étranger, ici pas de travail et s'ils en trouvent, il est sous payé et ne suffit pas à vivre.

 

Les renseignements ont été pris en douane pour demain, les papiers des chevaux en ordres et les vaccins à jour nous n'aurons pas de difficulté majeure à passer, pareil pour la roulotte sur une camion plateau, juste un contrôle de l'intérieur devrait suffire, nous n'aurons pas d'inventaire à fournir en douane. Donc "en principe", demain on passe en Serbie.

 

Maintenant quelques mots et photos de nos derniers jours ici

Le matin en partant de Bosnjaci nous trouvons As avec un fer antérieur en moins, il l'a perdu en s'étant touché de l'arrière. J'ai le matériel et le savoir de le remettre mais nos hôtes insistent pour que leur voisin le fasse, il sait bien ferrer et nous avons appris à ne pas frustrer l'honneur de nous rendre service.

De Bosnjaci, nous avons choisi de faire au plus court pour rejoindre Otok, 17 km sur une piste forestière dans une réserve naturelle magnifique. Large et bien damée, la piste roule bien c'est le bonheur total.

A préciser, depuis que les températures sont descendues, que la canicule nous a tiré sa révérence, nous faisons nos étapes majoritairement au trot, ça soulage les chevaux avec l'inertie, et nous couvrons de plus grandes distances, nous retrouvons une vitesse de croisière raisonnable.

Arrivés à l'entrée de Otok nous avons eu une belle surprise pour nous. Anciens bergers, nous aimons voir le bétail dehors et jusque là, entre Allemagne, Autriche, Hongrie, ce fût plutôt rare. La plupart du temps nous n'avons que rarement vu des bêtes au pré. Mais ici la surprise est de taille, un troupeau de vaches mères, et une harde de cochons d'au moins 100 individus, avec des mères et leurs petits, tout ce petit monde en liberté dans des grands espaces non clôturés, nous jubilons devant ce spectacle et nous arrêtons un moment pour les approcher.

Ensuite nous traversons Otok une jolie petite ville. Nous n'avons plus de thermos pour conserver du thé ou du café, le nôtre est cassé et on en a toujours pas trouvé dans les commerces que nous avons fréquenté. Donc pause réparatrice devant un bar pour se boire un café chaud et profiter des sanitaires.

D'ici nous ferons encore 6 km pour rejoindre Komletinci où nous pensons nous arrêter, c'est à mi chemin avec Lipovac notre dernière étape Croate.

Arrivés sur place, comme toujours je sors mon papier magique. Une suite de phrases traduites en Croate expliquant notre besoin d'un pré et d'un accès à l'eau pour faire étape. Nous n'avons pas encore eu le temps ou l'occasion d'acquérir des bases de cette langue, tout le monde ici parle facilement anglais ou allemand. A peine installé notre campement que je relève sur facebook un message de notre ami Adam qu'il nous avait organisé la même chose sans le lui avoir demandé. Bref nous sommes choyés, mais nous restons là.

Cette étape nous réserve aussi son lot de surprise. Tout d'abord la rencontre de Kresimir, un homme clé dans notre histoire, il est celui qui organise pour nous via Adam, le véhicule qui transportera notre roulotte sur l'autoroute jusqu'au passage de la douane Serbe. De plus, vous ne le saviez pas mais nous étions privé de notre vélo depuis un moment. La roue arrière s'était voilée et le vélo inutilisable. Kresimir nous trouve un ami qui trouve dans son stock exactement la même roue à 7 plateaux, même marque, tout cela pour à peine 6 euros. Et pour nous c'est aussi avec bonheur qu'il nous fait visiter une curiosité de Otok, un antique moulin à céréale. Mais attention ce moulin est spécial.

Il fonctionnait par traction animale, des petits chevaux. Dans un grand cirque couvert, une énorme roue horizontale en bois permet par un système d'ouverture d'y faire entrer des chevaux. Ceux-ci vont au pas, faire tourner cet engrenage en bois d'environ 6 mètres de diamètre. Lui même fera tourner un axe sur lequel est fixé la pierre de meule. Un simplicité ingénieuse, mieux que le vent ou l'eau, il fonctionne toujours, et la réalisation est bien plus simple.

Nous aurions bien fait quelques photos de ce système mais nos deux smartphones deviennent fatigués au niveau photographique, les lentilles se rayent et ça ne vaut plus grand chose. Nous pensons acquérir un appareil de photo digne de ce nom à Belgrade pour un prix  qu'on espère raisonnable. Nous ne pouvons pas sérieusement relater notre voyage avec un support aussi désastreux. A voir !!

 

Hier nous quittons Komletinci pour rejoindre Lipovac. Une belle route avec peu de trafic si ce n'est quelques camions pressés et rapides. Nous traversons un joli village, Podgrade, où un groupe d'habitants retapent un bâtiment communal, échafaudage et peinture, une belle initiative communautaire. A notre arrivée, grands gestes de félicitations et une demande claire, "stoppez ici on vous offre un café". Nous ne nous faisons pas prier, la pause est bienvenue pour nous comme pour les Comtois en sueur, le soleil est revenu et reprendre son souffle après 1H30 de trot c'est justifié.

Nous parcourons encore les 8 ou 10 kilomètres qui nous séparent de Lipovac. Adam nous avait dit de demander notre chemin en arrivant que tout le monde connait ici la famille Lovretic. Ce ne fût pas nécessaire et nous nous y attendions, au centre du village un comité d'accueil est là, et le fils de Josip nous attendait avec son vélo pour nous guider jusqu'au campement prévu. Belle herbe, eau, électricité, WC  et douche, tout est prévu.

Merci Josip et Vita

 

Nous voilà encore entre de bonnes et fraternelles mains pour cette dernière étape Croate. Nous garderons un souvenir impérissable de la bonté de tous les gens rencontrés dans ce pays. Demain nous espérons enfin passer en Serbie et continuer notre route.

 

A bientôt

Ritana Team

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelles de Ritana 29/09/2015

Un dernier espoir, en fait le seul...

 

Voilà encore une solution qu'on croyait avoir trouvé et qui se révèle impossible. Contrairement aux coups de téléphone donné par notre ami Zoran et David, nous ne pouvons pas passer en Bosnie par la douane de Zupanja. Hier nous y avons été refusé.

La policière ici présente comme son collègue ont beau eu avoir envie de nous laisser passer, pas question, le chef de la douane refuse. Il nous renvoie lui à 100 km plus à l'ouest à la douane de Gradiska ce qui nous fait 200 km de détour. En plus il s'avère que si nous passons en Bosnie, nous risquons d'y être pris au piège également, car rien ne prouve que la Serbie nous laissera rentrer là-bas, toujours ce fameux soucis de présence vétérinaire en douane.

Donc voilà, on doit aller par le seul passage possible de Croatie en Serbie, la douane de Bajakovo, où sont campés de nombreux migrants et où la situation est en crise. Le comble pour nous, cette douane avec service vétérinaire est sur une autoroute avec aucun autre accès routier.

Mais la chance nous sourit, en effet l'hospitalité Croate est la plus chaleureuse et effective que nous avons pu expérimenter jusque là. Hier après ce passage raté de frontière nous avons trouvé refuge à Bosnjaci chez la famille Jovanovac, des agriculteurs comme nous. Partage de la fête du Maïs, cochonnaille et boissons à volonté et une farouche envie de nous aider et comme toujours ici en Croatie les cadeaux pleuvent.

Ce matin, nous sommes allés avec le père et Willy un voisin, emmenés en voiture rencontrer le vétérinaire de Zupanja pour tenter une médiation avec la douane afin d'éviter ces 200 km de détour. Rien n'y fait, ni cette visite, ni celle que nous tentons encore une fois à la douane de Zupanja.

Seule solution possible, entrer en Serbie à Bajakovo. Alors pour contourner le problème de l'autoroute où se trouve la douane et le contrôle vétérinaire, nous avons décidé de la seule alternative logique. Nous allons demain prendre la direction de Lipovac, ville avant la douane. De là, grâce au réseau des amis de Adam notre hôte et maréchal de Zupanja, nous resterons deux jours. Un pour aller en douane se renseigner de tous les papiers qu'il faut pour les Comtois et Ritana, et l'autre pour chercher un transport routier pour l'équipage. Nous allons mettre Ritana la roulotte sur véhicule à plateau et les chevaux dans un van. Ainsi nous passerons la douane sur cette autoroute et nous nous ferons déposer 10 km plus loin à la sortie de Batrovci en Serbie. C'est la seule solution pour ne pas perdre plus de temps et de kilomètres.

Nous retrouverons ainsi rapidement le Danube et pourrons le suivre à nouveau, nous pourrons visiter Belgrade comme prévu et rejoindre la Roumanie ou la Bulgarie.

Mais nous commençons gentiment à intégrer de devoir nous attendre à tout et de ne plus trop se faire de fausse joie. Chose est claire, cela nous donne un avant goût des soucis que notre voyage peut nous amener, nous savons déjà qu'à l'avenir, surtout en Asie centrale, il va nous falloir rivaliser de demande de détails avant de choisir notre itinéraire, et parfois transgresser quelques règles pour certains passages comme l'a fait notre guide Sylvain dans ces pays. Choses dont je m'attendais certes, mas pas ici avant même d'être sorti de l'EU.

A bientôt

Ritana Team

Nouvelles de Ritana 27/09/2015

Ritana Team vous donne des nouvelles

 

Nous avons bien avancé, nous sommes à Zupanja, dernière agglomération en terre Croate, demain nous passerons la frontière à 4 km pour rejoindre la Bosnie.

Après avoir traversé cette région de la Croatie nous voulons relater ici nos derniers jours et remercier tous ceux que nous avons rencontré et qui nous ont reçu ou aidé. Il faut le dire, c'est important d'être souligné, l'hospitalité Croate est au-delà de ce que nous espérions, elle est hors norme. Les gens vous donnent tout, et ils s'offusquent que l'on ose refuser. Si nous laissions faire notre roulotte atteindrait 3 tonnes, l'accueil, les cadeaux, la fraternelle réaction face à notre passage, tout montre qu'ici l'Accueil se vit comme il s'écrit, avec une majuscule. C'est flagrant, différent, on vous aime et vous faites partie de la famille, c'est spontané et désintéressé.

 

Nos dernières étapes :

 

Le 23 dernier nous avons atteint Brsadin près de Vukovar, ville qu'on traverse en y découvrant à l'entrée un des nombreux vestiges ou stigmates de la guerre des année 90.

Comme notre route change, que nous ne suivrons plus le Danube pour un temps, nos cartes de l'euro-véloroute R6 ne nous servent plus à rien, donc arrêt obligatoire dans une station service pour acheter une carte de la Croatie. Comme sur la route et partout ici, notre passage est remarqué, les gens courent pour nous poser mille questions et nous féliciter, certains dans les villages courent hors de leur maison pour les mêmes raisons. Cela aussi est nouveau et nous impressionne.

A Brsadin en cherchant un pré, ce qu'on nous dit peu probable, un jeune parlant bien allemand nous invite à être reçu chez ses parents. La surprise est de taille, on nous offre un jardin potager, avec tomates, paprikas, choux, haricots, et j'en passe. Perplexe la famille nous assure que ce n'est pas un problème que nos comtois peuvent tout manger. (sourires)

Nous sommes de la terre, nous connaissons et savons le travail effectué ici, alors après insistance, ils nous laisserons tout de même protéger leur culture potagère de notre clôture mobile avant de lâcher nos chevaux sur le chemin herbeux et quelques parties en friches. Plus tard un voisin éleveur ovins avec qui nous sympathisons nous donnera du foin pour complémenter le repas de nos éléphants.

Merci à vous et nous gardons un bon souvenir de notre passage chez vous et des moments partagés.

 

Après avoir refusé une énième fois encore du maïs ou de l'avoine nous repartons pour rejoindre Vinkovci une assez grande ville. Le temps est devenu très agréable, il pleut, un peu mais pas trop et les températures ne dépassent pas 15 ou 16 degrés. Nos comtois peuvent donner tout ce qu'ils peuvent et ont plaisir à trotter que de souffrir de la chaleur. Nos étapes se rallongent et nous avons beaucoup de plaisir à les voir à nouveau jouer le soir au parc plutôt qu'à "larver" assommés par la canicule.

A la sortie de la ville nous voyons face à une grand camp militaire un pré bien garni. Le proche voisin Anton "Tony" pour les intimes, construit un restaurant qu'il espère finir l'année prochaine. Il nous y accueille, nous fournit eau et électricité, connexion wifi, et le matin Vera son épouse nous offrira un superbe petit déjeuner. Encore une fois on est gâté et ne savons plus comment remercier tant de gentillesse à notre égard.

Bon maintenant on doit vous parler de notre chien de garde. Waldo devient grand, il apprend bien et il fait déjà peur avant de savoir mordre ou attaquer. Ce qui nous fait moins plaisir, il semble se croire obligé de nous ramener sans cesse des cadeaux. En fait il est plus hyène que berger allemand et il nous ramène systématiquement des animaux morts. On a eu droit à tout, crapauds, poissons, rats crevés, et ce matin là un jeune levreau encore tout frais. Difficile de devoir systématiquement le frustrer en voulant lui apprendre de cesser cette habitude au lieu de le remercier.

Ensuite notre route nous mène à Gradište. Un village de toute beauté avec un lieu de pèlerinage Marial. Comme à chaque fin d'étape, nous négocions un pré de l'eau.

Si nous ne maîtrisons pas le Croate, chaque famille ont un(e) jeune qui parle ou anglais ou allemand. Ici aussi nous serons reçu en VIP, avec des cadeaux comme s'ils en pleuvaient.

Ensuite direction Zupanja, une bien drôle d'étape hier. Tout d'abord à peine partis voilà que nous entendons un cliquetis chez Altesse comme chez As. Le dernier ferrage des postérieurs date un peu mais surtout il a été mal fait au niveau du rivetage. Arrêt en bord de nationale 5 km avant la ville pour dépanner en rivant et remplaçant deux clous, une chose est sûre cependant, la repousse est sérieuse et il faut déferrer, parer et ferrer, mais on peut remettre les mêmes fers ils sont encore peu usés.

Donc au lieu de passer en Bosnie comme prévu, on se dit qu'on passera la nuit à Zupanja et qu'on y assurera la chose. Arrivés à l'entrée de la ville on croise une voiture de police, ils font demi-tour et nous rejoignent, arrêt en bord de route, contrôle des passeports, je me dis  que ce n'est pas le moment ni le jour en plus il pleut.

Un des deux policiers me dit être impressionné par notre projet et la distance déjà parcourue. Il me demande en anglais s'il peut nous aider à quelque chose, sentant l'ambiance plutôt positive je ravise mon humeur grincheuse et je dit d'un ton assez cash, oui il nous faut un pré, de l'eau, et je dois refaire le ferrage de trois pieds...

10 minutes de suspense, quelques coups de téléphone, puis un ordre clair : "suivez-nous on vous a trouvé une place". C'est une première, voilà Ritana escortée en pleine ville par une voiture de police.

Eh bien vous savez quoi, cela me rappelle la Slovaquie, quand un flic me faisait monter sur sa moto pour aller chercher la meilleure place possible !!

En fait nous voilà conduit chez l'ami d'un des policiers, un maréchal-ferrant, propriétaire de chevaux et d'un nouveau club équestre à Zupanja.

Adam nous reçoit chez lui comme des VIP, grands prés et eau, invitation à une excellent repas que nous concocte Maria son épouse, les petits soins de Mathei, un jeune qui s'occupe de ses chevaux, le goûter hier soir chez Marco un ami et voisin, enfin la totale. Cerise sur le gâteau, il vient ce matin à 10 heures avec son aide maréchal et son matériel, et ils nous font tout le travail alors que nous demandions qu'un aide pour tenir les pieds. En plus il fait ça très bien, à la Française, avec dégorgeage et rivetage en règle. Précisons encore que sans compter qu'il nous offre l'intervention, son épouse nous comble de cadeaux, conserves etc.

Merci aux policiers, Merci Adam et Maria, Merci Mathei, Merci Marco, nous sommes tellement touchés de tant de gentillesse que nous en sommes gênés.

Ceci dit, nous en sommes heureux, demain nous repartons tout bien équipés pour la Bosnie, même sous la pluie.

 

Le ferrage

 

Adam, Mathei, et les filles

 

As et Altesse dans leur pré, et la possibilité pour les jeunes d'expérimenter la sensation à dos "d'éléphants", les chevaux de cette taille sont de moins en moins courant plus notre voyage avance et cela impressionne.

 

 

Nous quittons la Croatie demain, Hvala (Rvalà-Merci), le souvenir que nous laissent ces quelques jours dans ce pays est bien le plus chaleureux accueil que nous avons pu ressentir jusque là, parfois même à l'excès, eh oui, parfois l'abondance d'invitations et de vie sociale peut peser quand en fin d'étape la seule chose que nous attendons est la sieste.

A bientôt sur d'autres lignes

Ritana Team

 

 

 

Nouvelles de Ritana 22/09/2015

RITANA prise en otage en Croatie

 

Ce soir, nous sommes encore à Dalj chez la famille Sušac. Nous pensions partir ce matin, mais mauvaise nouvelle, nous ne passerons pas en Serbie depuis la Croatie. D'une part la seule douane équipée de contrôle vétérinaire est sur une autoroute, je vous laisse imaginer cela avec une roulotte, d'autre part toute la frontière Serbo-Croate est fermée à tout trafic depuis hier. D'un côté comme de l'autre, les frontières sont fermées pour freiner ou canaliser les réfugiés. Donc même avec l'arrangement possible que nous offrait les relations de notre ex policier, la Serbie nous restera fermée pour le moment. Un visite cet après-midi en voiture au consulat Serbe de Vukovar n'y changera rien.

Du coup, bloqués ici la seule solution que nous pouvions entrevoir, était de retourner en arrière jusqu'en Hongrie, de la traverser d'ouest en est, et entrer directement en Roumanie en oubliant d'un coup la Serbie mais aussi de suivre le Danube comme nous le voulions. De plus c'est pas sûr que cela fonctionne, car là aussi il y a un problème, la Hongrie est en train de fermer également toutes ses frontières avec la Roumanie. Tout ceci ne serait jamais arrivé sans ce soucis migratoire de réfugiés. Ce retour est trop long, des kilomètres de perdus, un retard sur le programme qui nous bloquerait en hiver à peine arrivé au centre de la Bulgarie.

Mais notre bonne étoile est toujours là. David le fils, ce grand gagnant de prix en concours d'attelage, fait pour nous tout un tas de téléphones pour trouver une solution. Elle vient de tomber toute fraîche et nous permet de ne pas perdre notre avance et d'économiser des kilomètres. Nous allons passer de la Croatie en Bosnie, là c'est avéré que nos chevaux pourront passer si les papiers et les vaccins sont à jour. Ensuite on piquera à gauche et après 92 km en Bosnie on pourra passer en Serbie par une douane ouverte et où se trouve un contrôle vétérinaire. Enfin les renseignements sont justes, précis, et avantageux pour nous.

Voici l'itinéraire prévu que l'on entamera demain matin

De cette manière nous contournons toutes les difficultés et arriverons à nos fins, suivre le Danube, rester au plat, et traverser la Serbie quand même.

Bien entendu, nous savions que ce voyage jusqu'en Mongolie allait nous réserver quelques surprises, des bonnes et des moins drôles, surtout avec les douanes etc. Mais nous n'avons jamais imaginé que cela arriverait si tôt, avant même d'avoir quitté l'union européenne.

A bientôt sur d'autres lignes, on vous embrasse tous, merci aussi à David, Philippe, leurs parents, toute la famille Susac de Dajl.

Ritana Team

 

Nouvelles de Ritana 21/09/2015

Chers lecteurs,

quelques nouvelles de nous, ce soir à Dalj  en Croatie au bord du Danube

Nous allons clore le dossier des réfugiés sur notre blog, à moins que nous soyons obligés d'y revenir pour quelque chose de vraiment important ou particulier. Notre périple est une initiative privée et un voyage d'aventure, non un reportage journalistique, de plus nous sommes trop militant pour ne pas réagir alors on laisse cela de côté pour se concentrer sur nous et notre bonheur.

Mais avant cela je veux dire deux choses à l'attention des réfugiés et des administrations Européennes.

Aux réfugiés :

Toi le migrant réfugié, qui fuit une guerre ou un état dictatorial inhumain, bienvenue en Europe, protèges-toi chez nous, formes-toi si tu le peux, reconstruis-toi bien, et quand le moment sera venu, prends l'aide qu'il te faut chez nous pour reconstruire et changer ton pays une fois l'absurdité qui t'a fait partir, te laissera revenir.

Toi le migrant qui profite de ce flux pour trouver un refuge économique, qui cherche l'Eldorado européen pour t'enrichir et tomber dans la tourmente consumériste que tu convoite, je te le dis bien fort, restes chez toi. Développe plutôt ton pays plutôt que de croire qu'ici c'est mieux, l'Europe est en sursis,  elle va s'appauvrir et tu n'y trouveras pas ton bonheur. Ce que tu attends d'atteindre est un piège, pire que tes difficultés actuelles, et tu risque de désavouer celui qui t'aura tendu la main et aidé.

Aux Nations et Instances Européennes :

Vous allez vous foutre de notre gueule encore combien de temps ? Vous pleurez et vous voici inquiets de voir cet afflux de réfugiés. Vous vous retournez contre les Turques et la Grèce qui ne joue plus votre jeu de barrières européennes ou de filtre d'humains en urgence sanitaire, sociale ou sécuritaire. Vous vous renvoyez les responsabilités les uns sur les autres et allez nous imposer à nous contribuables de payer vos notes. Juste un exemple : combien de temps dure le cirque en Syrie ? combien de temps allez-vous encore laisser faire ? Pour vous plaindre ensuite de ce qui nous arrive, comme au Soudan ou ailleurs !

Nous ne sommes pas dupes, nous savons bien que si ces pays vous rapporteraient la moitié de ce que vous a apporté la Libye et la chute de Kadhafi, il  n'y aurait depuis longtemps plus de guerre civile en Syrie, et c'est juste un exemple... Et c'est qu'un aspect, il y a aussi tout ce qui n'est pas avouable publiquement, sans s'attirer des ennuis, ce que je vais pas vous donner le plaisir de me faire.

Le Sujet est Clos !!  Maintenant on peut revenir à nos moutons et le récit de nos dernières étapes

 

Ritana continue sa route, il fait gris, parfois on a eu la pluie, ces derniers jours sont plus agréables et nous apprécions les baisses de température

Un mot sur notre sentiment vis-à-vis de la Croatie. C'est merveilleux, un beau pays, nous y voyons la reconstruction rapide suite à deux guerres successives dans les années 90. Mais l'accueil que nous y recevons est particulièrement chaleureux. On retrouve tous ces gens qui sortent de leur maison pour nous voir et nous saluer, ces automobilistes qui lèvent le pouce en signe de félicitation. Les sourires, la joie dans les yeux, nous nous sentons très bien accueillis et nous le sommes, nous n'avons pas eu une seule fois de la peine à trouver un lieu d'étape, au contraire, nous sommes même comblés de cadeaux en tous genres.

Nous avons passé une première nuit à Lug après le départ de Suza. Sur la route de Vardarac pour rejoindre Osijek une famille entière voulait absolument nous inviter chez eux, la plus jeune aime les chevaux et elle en a deux. C'est parfois difficile de refuser des invitations spontanées de ce genre, mais nous venions de repartir et nous roulions à peine depuis une heure. Alors l'alternative a vite été trouvée, elle est montée avec nous pour quelques kilomètres, c'était parfait et l'échange très fraternel.

Arrivée à Osijek, le pont sur la Drava, un affluent du Danube

Nous traversons cette ville sur une 4 voies et entre deux lignes de trams, mais As et Altesse s'en moquent et n'en font pas cas, ils sont très motivés depuis qu'il fait moins chaud et nos étapes se font majoritairement au trot, ce qui laisse moins de temps à se faire impressionner par le trafic ou autre.

La Croatie n'est pas riche mais très belle, les gens sont déterminés ici à faire de leur pays un paradis, tout est beau et fait avec goût. Même s'il reste encore beaucoup de stigmates à effacer des combats qui ont fait rage ici, comme beaucoup de maisons portant encore des traces de fusillades.

Beaucoup de gens semblent avoir des chevaux, enfin les plus aisés, mais nous rencontrons moins d'attelage sur les routes qu'en Hongrie, mais il y en a partout et surtout chez les gens que nous rencontrons lors de nos étapes.

Après des courses en ville de Osijek nous trouvons refuge à Nemetin au bord de la Drava

La plus proche voisine et propriétaire de ce pré nous a accueillit un peu forcée en rentrant de son travail, elle est prof de math, mais avec des cafés et du gâteau, nous voyons ici en Croatie une hospitalité très spontanée.

Drago, un autre voisin, nous montre ses 3 poneys Shetland et un Lipizzaner avec lequel il fait de l'attelage également. Grâce à lui nous en savons bien plus que ce que la presse nous avait appris de ces deux guerres dans les années 90. Militaire de carrière retraité, il nous a expliqué et raconté des choses que la presse n'a pas relayé jusque chez nous.

Ensuite promenade avec les chiens au bord de cette rivière, et la surprise de trouver les ruines d'un campement de casques bleus qui semblent avoir subi une attaque en règle, caserne vidée à la grenade et d'autres vestiges non encore effacés de ces conflits. Sur les 100'000 âmes vivant à Osijek, seuls quelques 15'000 personnes sont restées défendre le lieu, les autres se sont réfugiés en Europe.

Des rampes qui servaient à l'entretien des chars d'assaut

Un peu partout des douilles provenant d'armes de type guerre urbaine, pistolet mitrailleur par exemple.

Quand je demande à Drago ancien officier des renseignements s'il croit en la protection et la stabilité qu'offre le fait de faire partie de l'union européenne, il me répond par un sourire pincé, nous savons tous que l'Europe peut s'écrouler du jour au lendemain et que la Croatie pourrait tout aussi bien se retrouver seule comme avant.

Nous suivons l'euro-vèloroute R6, même notre guide qui accompagne nos cartes le dit. Bien que la plupart des champs de mines sont déminés ou continuent de l'être en ce moment, il en reste parfois, surtout que certaines ont été déplacées par les inondations de 2014, et donc la prudence reste de mise, ne sortez pas des chemins en vous promenant dans les friches et les forêts.

 

L'étape suivante nous amenait hier à Dalj, là où la Drava rejoint le Danube. Charmant village historique où des fouilles archéologiques ont permis de découvrir des trésors de plusieurs époques du néolithique à nos jours. Nous sommes content de retrouver le Danube et notre but est d'y camper. Fausse joie, à la recherche d'un pré, il y a des flics partout, le mieux je me dis, c'est d'aller leur demander alors direction le poste de police. Ben non c'est raté, tout le bord du Danube est interdit d'accès et sous surveillance à cause du problème des réfugiés. Le flic me renvoie à 18 km plus loin alors qu'on vient d'en faire le même nombre, dont plusieurs à la montée et on veut une pause ici. Face à mon insistance il nous dit appeler par téléphone un de ses collègues qui a des chevaux. Trop cool, il arrive avec son bus pour nous guider et nous accueille dans la cour d'un des bâtiments de son exploitation. Flic à la retraite, d'ailleurs ici il y en a plein des flics qu'on arrive même plus à les compter. Lui est devenu à 48 ans exploitant agricole de 160 hectares de cultures céréalières. Il a une dizaine de chevaux, lui et son fils David font des concours d'attelage, le soutien du monde équestre se met en place et nous voilà posé avec un box pour les chevaux et du foin à volonté, accès douche et WC et même internet wifi dans la roulotte.

Bel élan de solidarité, notre voyage passionne et impressionne.

David l'aîné de ses fils s'occupe d'une centaine de moutons d'origine Russe, des Romanovsky. Belles bêtes, rustiques et solides, mais il ne sait pas trop comment s'occuper des pieds de ses ovins. Alors après un repas chez eux hier à midi, nous convenons de rester un jour de plus pour leur montrer comment tailler les pieds de ces bêtes qui en ont grand besoin. Matinée de travail commun, on apprend à mieux se connaître et à partager nos savoirs.

Ensuite on prend un peu de repos et en profitons pour se promener au bord de ce Danube à défaut de pouvoir y camper. En face de nous, cette Serbie que nous attendons de pouvoir visiter avant d'y trouver un point de passage.

A bientôt sur d'autres lignes

Ritana Team

 

 

 

 

 

Nouvelles de Ritana 18/09/2015

Les Réfugiés arrivent en Croatie et ce soir à Suza

Notre ami et fonctionnaire autrichien nous l'avait annoncé en privé il y a quelques jours, c'est fait les voilà déviés en Croatie depuis que la Hongrie à fermé hermétiquement sa frontière ce weekend pour en stopper l'avance.

Alors encore quelques précisions sur notre dernier post du blog il y a quelques heures. Il ne s'agit pas de quelques centaines comme l'a dit le pandore cette fin d'après-midi. Ce sont des milliers de migrants qui arrivent par Batina. Pour preuve, le témoignage d'un travailleur humanitaire pour commencer. De plus, le bal des véhicules de transports policiers ne s'est pas calmé mais au contraire beaucoup plus intensifié, avec de nouveaux véhicules débarcants selon les plaques d'immatriculation de bien plus loin encore. Les allers et retours sont devenus continuels tellement les bus sont nombreux, et ils amènent encore plus de policiers sur le site, toujours plus. La raison en est bien simple, ils tentent de contenir les réfugiés sur place pour attendre les transports qui les mènent au camp militaire. Mais cela ne suffit pas, certains d'entre eux arrivent à passer et partent à pieds sur les routes, nous en avons rencontré plusieurs dans le village de Suza se dirigeant vers le camp annoncé. Mais ce camp, combien peut-il recevoir de personnes ?

Selon nos sources il y a avait environ 200'000 migrants dans la zone de Horgos que nous avons voulu éviter avec notre attelage. Si la moitié sont passés en Hongrie avant fermeture il en reste encore 100'000 à venir. Et selon leurs témoignages, il en arrivera encore bien d'autres car les côtes grecques sont assaillies journellement. Ceux avec qui nous avons parlé arrivant de Syrie ont mis 10 jours pour arriver là.

Mais attention il n'y a pas qu'eux et la Syrie n'est qu'un des points de départ. Certains arrivent du Soudan, d'autres d'Afghanistan, d'autres ne veulent pas le dire.

Si ce n'était que des réfugiés de guerre, mais certains d'entre eux sont là par profit, comme un jeune double national Turco-grecque qui profite de cette migration pour voyager et se nourrir à peu de frais, voulant rejoindre l'Allemagne pour y travailler. Bon nombre de réfugiés économiques se mèlent aux cortèges et convois.

Je souhaite bon courage à Angela Merkel et son administration à faire la lumière sur ces dossiers et au cas par cas (tire la langue et sourit)

Les vrais réfugiés de guerre nous les reconnaissons assez vite, ce ne sont pas des hommes seuls et bien habillés avec sac au dos, mais des familles avec des enfants amaigris et affaiblis. Eux ne marchent plus sur les routes, ils attendent sagement les transports officiels et leurs regards sans âme par les fenêtres des véhicules en dit long sur ce qu'ils traversent.

Moi je leur ai crié à certains en anglais : "bienvenue en Europe et bonne chance pour la suite"

Le regard de quelques hommes à la terrasse du restaurant me laisse croire que je devrais laisser mon avis de côté. Et des soudanais se sont plaint de la chaleur sur le chemin, plus de 40 degrés encore aujourd'hui, nos comtois transpirent sans même travailler.

Il est 01H30 maintenant, le bal des transports policiers ne faiblit pas. Moi oui, et demain nous partons tôt pour éviter la chaleur. Je ne sais si notre route passe près de ce camp, il est sûrement trop bien gardé pour s'en approcher, nous verrons.

 

A bientôt sur d'autres lignes

Ritana Team

 

Nouvelles de Ritana 17/09/2015

Nouvelles du Front

 

Nous sommes encore à Suza aujourd'hui. Nous faisons un jour d'arrêt supplémentaire imprévu. As notre hongre avait deux clous dérivés au pied arrière droit. En voulant refaire le ferrage hier soir je me suis frappé le pouce avec mon marteau, donc main inutilisable pour quelques jours ou plus, c'est à voir.

Bonne nouvelle cependant, un voisin et ami de la propriétaire du pré que nous utilisons est venu ce matin pour faire le travail à ma place et tout s'est bien passé, nous pourrons reprendre la route demain.

En attendant, comme on pouvait s'y attendre, et comme s'y attendaient les autorités Croates, la frontière hongroise s'étant fermée à la vague de réfugiés syriens, ils ont été poussés et conduits par les serbes à la plus proche frontière Croate, celle de Batina que nous n'avions pas pu passer avant hier.

Depuis la terrasse de l'hôtel restaurant où nous sommes à travailler des mails et où la même propriétaire nous a offert de faire de la lessive, un ballet encore ininterrompu ce soir au moment même où je vous écris, de voitures, ambulances, minibus et autocars de la police Croate, récupèrent sur le pont Danubien à Batina et servant de frontière, un afflux de plusieurs centaines de réfugiés syriens et afghans, affamés et malades. Nous les voyons passer et ils sont emmenés à quelques kilomètres de nous dans un camp militaire avant de savoir ce qu'ils en feront. C'est l'animation dans le village, surtout avec les allers et retours d'une jeep de la compagnie des eaux qui vient chercher des vivres à l'épicerie juste à côté. Achats et confection de sachets portions avec fruits, jus de fruits, barres chocolatées et autre biscuits pour répondre à l'urgence alimentaire.

Un policier nous répond que 500 à 600 personnes sont déjà récupérées, mais personne ne peut prévoir encore combien de migrants vont se présenter dans les heures qui suivent. Nous ne pouvons que regarder ce manège et compatir, nous n'avons aucun moyen d'agir. Je pense que les autorités s'y attendaient car dans le lot des nombreux véhicules j'ai aussi vu des jeeps et voitures de la croix-rouge et une voiture du HCR. Merci Henry Dunant !!

Nous repartons demain matin et aurons certainement d'autres nouvelles à vous partager sur ce thème et ce drame humanitaire.

Ci-dessous quelques photos que j'ai pu voler par-ci par-là avec notre téléphone.

 

Un des nombreux cars escorté par une jeep de la gendarmerie

Ces minibus de 12 places sont remplis de gens assis et debout, pas loin de 20 personnes par véhicule. J'ai arrêté de les compter tellement il y en avait.

 

Arrêt express de deux de ces véhicules devant nous pour gérer une personne souffrant d'un malaise. Le flic nous dit qu'ils sont sous-alimentés et malades

L'aide locale s'organise, les Croates sont ouverts et compatissants, le services des eaux achète  et transporte de la nourriture

A l'heure où je vous écris, le temps que mettent les véhicules de police à faire leur allers et retours se réduit, donc ces réfugiés sont en marche sur la route et s'approchent. Est-ce vraiment bien de 600 personnes dont on parle, puisque le bal continue ?

 

J'en saurai plus dans le heures qui viennent et ne manquerai pas de venir vous le faire savoir

 

Marti, Ritana Team

Nouvelles de Ritana 16/09/2015

Coucou tout le monde

Nous sommes en pause pour 24 heures à Suza, en Croatie

 

Ben non ! Pas encore ! Nous n'avons pas réussi à entrer en Serbie à Batina. C'est un poste de douane certes récent et moderne, mais il n'y a pas moyen de le traverser avec d'autres animaux que des chiens.

Donc on nous renvoie à BajaKovo, seule douane Serbo-Croate munie d'un contrôle vétérinaire. C'est à 150 km plus au sud, en fait cela nous oblige à faire toute l'étape Croate que nous voulions éviter. Ma foi, si nous ne pouvons pas faire autrement on fera ce détour, ce n'est que les prémices de bien d'autres soucis de ce genre que nous rencontrerons en Asie centrale et dans les pays en "Stan".

Ceci dit, nous trouvons en Croatie un pays très accueillant et des gens très attentionnés. Nous savons après deux jours ici que nous n'aurons que peu de problème à nous faire accueillir avec notre ménagerie et notre roulotte. Voici ci-dessous le chemin que nous allons suivre.

Ici à Suza nous craignions de ne rien trouver pour nous poser, et il nous fallait une pause d'un jour. Tant à part des énormes cultures de maïs nous n'avons pas vu un brin d'herbe sur les km précédents. Au centre du village nous demandons dans un restaurant et par chance la propriétaire avait jusqu'à une dizaine de chevaux juste en dessous de cette église. Un parc digne d'un ranch américain, Lovac Koral est un endroit de 2 hectares plein d'herbe et à l'abri de tout, entièrement clôturé, nous sommes aux petits soins.

Pour la langue pas de soucis. Même si nous n'avons pas encore appris autre chose que bonjour et merci en croate, ici beaucoup de gens parlent encore hongrois ou l'anglais. La monnaie le "Kuna" est bien entendu avantageuse pour nous, si le niveau de vie moyen semble plus élevé qu'en Hongrie, pour nous le coût de la vie semble assez pareil, ce détour ne nous pèsera pas beaucoup plus sur le budget.

 

Allez, voyons un peu ce qui s'est passé ces derniers jours pour Ritana Team et nos chers Comtois :

 

Tout d'abord il faut savoir que la situation commence à se tendre aussi un peu en Croatie depuis hier. Si la vague de réfugiés syriens n'a pas déferlé ici, ils s'y attendent déjà un peu. Le Danube offre une barrière naturelle certes, mais l'armée hongroise est venue en masse sur sa frontière Serbe pour clore le dossier en fermant et clôturant physiquement forêts et campagnes. Nous l'avons vu de nos yeux avant de quitter Hercegszanto. la Croatie s'attend donc à les voir tenter cette déviation, affaire à suivre.

Lors de notre étape à Hercegszanto nous avions fait la connaissance de Otto et Julia de Budszak qui nous ont offert un pré en face de chez eux.

Ce couple se sont donnés après bien des travaux coûteux sur leur maison, de faire de l'accueil touristique avec chambres et table d'hôtes. Ils possèdent un Haflinger et deux poneys.

Il nous a proposé une promenade en calèche dans la région, visiter un lieu de pélerinage dédié à la vierge avec la seconde plus grande statue Mariale d'Europe.

Si nous restons quelque peu critique sur sa façon "cavalière" et autoritaire de mener son attelage, nous avons eu la chance d'une démonstration phénoménale de ce que sont ses deux poneys trotteurs.

En fait il n'y a eu que peu de trot, à peine partis les voilà lancés au grand galop sur les 14 km de ballade prévue. Magistrale aventure et preuve de courage.

Otto et Julia, nous vous remercions des merveilleux moments partagés avec vous, merci Otto pour l'organisation du vétérinaire afin de faire le rappel des vaccins à nos Comtois. Tu es un homme concret et efficace, nous gardons de vous un souvenir heureux de notre avant dernière étape Hongroise.

 

A Hercegszanto nous sommes restés une nuit bien cachés sur les terres d'un Kolkhoze abandonné. De l'herbe et de l'eau à volonté, une tranquillité bienvenue et trois surprises inattendues.

Tout d'abord un contrôle de police après avoir tenté de leur demander un simple renseignement : "pouvons-nous imprimer un plan à votre poste de police" ?

Il s'en suit un contrôle sérieux, on sent la tension monter, on nous parle encore des problèmes avec les réfugiés. Etrangement, alors que nous n'avons que rarement vu la présence d'un képi lors la traversée de la Hongrie, Ces derniers jours ici les contrôles vont se multipliés pour nous.

Seconde surprise à notre arrivée sur ce kolkhoze indiqué par un employé communal, sortie de nulle part, une jeune et belle cavalière parlant un parfait allemand autrichien, vient nous rendre visite et se renseigner sur nous et notre voyage. Elle aura disparu comme est elle est venue, nous ne saurons jamais qu'elle chemin elle empruntait et comment elle a pu apparaître et disparaître si soudainement.

Enfin la troisième surprise de cette étape se voit arriver au moment de notre départ. Un propriétaire terrien voisin du Kolkhoze qui nous avait dit bonjour, revient nous faire cadeau de pommes, raisins, poires, récoltés dans ses jardins.

Donc après ce refus de passage en douane Serbe de Hercegszanto nous retournons à Ujmohacs passer la nuit là-bas afin de prendre le bac et traverser le Danube au matin.

Les chevaux vont bien et sont très motivés. Les chaleurs sont en pause et les 20 degrés en journée nous permettent de faire de belles et grandes étapes majoritairement au trot. Campés au bord de cette digue pour la nuit, nous aurons la première mauvaise surprise du genre, un vol sur Ritana pendant notre relève de mails au bar du village qui offre le wifi. Fallait-il que cela arrive un jour ? Nous voilà privé de notre beau Klaxon "pouette-pouette" de tacot des années 30. La beauté de l'objet ou la matière en cuivre, toujours est-il qu'à notre retour le précieux objet avait disparu. Vissé sur la place conducteur, le voleur a du en casser la fixation pour l'emporter. Encore heureux, le reste de notre matériel est encore là et la porte de Ritana n'a pas été forcée.

 

Ujmohacs-Mohacs, ici pas de pont, le Danube se traverse ainsi...

Nous appréhendions  ce moment là, c'est la première fois que nos Comtois sont confrontés à cela. Et le récit d'Anne et Oswald, des roulottiers actuellement en Hongrie eux aussi, et qui ont vu un spectacle un peu particulier d'un attelage en difficulté sur un bac-ferry, nous redoutions non seulement la traversée, mais également la sortie où une pente à 10% nous faisait craindre les 2 tonnes de notre roulotte.

L'entrée se fait sans trop de soucis à part les rampes glissantes où dérapent nos éléphants, ce qui me fait réagir en conséquence, lâcher la caméra pour agir en cas de besoin. Pas de soucis, ils sont agiles et traversent l'obstacle avec brio.

Ensuite la traversée se fait sans problème malgré les nombreuses voitures garées autour de nous. A peine quelques sursauts d'Altesse avec le vrombissement des moteurs et les vibrations au sol lors des manoeuvres au départ et à l'arrivée.

Une fois de l'autre côté à Mohacs, le plus difficile nous attend, remonter la pente de 10% sur un sol de béton défoncé et plein de trous. Eh ben grosse surprise, bonne nouvelle, As et Altesse ont piqué un trot déterminé et encore une fois la puissance de nos traits comtois prouvent que rien ne leur résiste. Les 120 mètres de rampe se sont vus monter comme une simple sortie de champ difficile, et les 2 tonnes de Ritana ont été arraché de là comme d'un rien. Le prix de la traversée : 3 Euros pour la roulotte et les chevaux, le même prix qu'une voiture, et 1,50 Euros pour chacun de nous, un total de 6 Euros. En prime, As et Altesse leur ont offert une belle crotte sur le bac, question de marquer le passage de leur tribut.

 

Dernière étape Hongroise à Kölked. Nous sommes les bienvenus sur un pré que nous indique son proche voisin, nous recevons des visites et des félicitations, et la surprise d'un jeune couple, amoureux du cheval et de l'attelage avec leur deux jeunes chevaux, un étalon de 3 ans et une jument de 1 an et demi.

En arrivant, autre attelage au village, nous en croisons presque chaque jour, c'est le bonheur, en sera-t-il de même en Croatie puis en Serbie ?

Le lendemain matin nous sommes prêts à partir, nos papiers aussi, comme ceux des chevaux et des chiens. Nous quittons la Hongrie pour passer en Croatie.

Le pourrons-nous ? C'est la question.

Il semble que oui, car juste avant de partir un énième contrôle de police finira par quelques coups de téléphone pour s'en assurer. La Croatie fait partie de l'EU même s'ils n'ont pas signé les accords de Schengen, donc on passera la douane de Udvar sans aucune difficulté que celle de visiter la roulotte pour s'assurer de la non présence de passagers clandestins à bord. Ils n'ont même pas ouvert les papiers des chevaux ou des chiens pour en contrôler les vaccins. Par contre, comme précédemment à Hercegszanto, les douaniers posent devant l'attelage en prenant de multiples photos.

Direction donc Batina, où nous espérons passer en Serbie. Nous empruntons une route magnifique, traversons des villages de toute beauté, on sent qu'ici il y a moins de retard de développement et moins de pauvreté qu'en Hongrie.

A Draz il nous faut négocier du Gaz, notre bouteille est vide et on ne plus cuisiner. Le soucis c'est comme en Allemagne avec notre consigne de bouteille française, Il ne veulent pas reprendre notre vide Allemande. On fait 3 mois minimum avec une recharge donc on change de pays, de bouteille, parfois aussi de détendeur car ils diffèrent. De plus on doit re-payer une consigne et trouver à se débarrasser d'une vide que personne ne veut. Pffffft ! A quand la normalisation des contenants énergétiques ? Par chance cette fois-ci, un berger qui nous aide à la traduction avec le vendeur puisqu'il parle un peu allemand et hongrois, nous propose de garder notre bouteille vide et de la transmettre éventuellement à des allemands sur le retour.

On vous en parle, c'est pas forcément des plus intéressant, mais c'est important pour comprendre le quotidien de roulottiers au long cours qui souvent se révèle emprunt d'un tas de petits soucis du genre. Cela augmente le coût de certaines choses, freine et gêne notre habitude de gestion de tri et recyclage des déchets. Je dirai pas tout car nous n'en sommes pas fiers, parfois cela nous oblige à devoir laisser nos principes de côté et de faire des choses contre nature pour nous Suisses que nous sommes.

 

Pour rejoindre Batina on a deux solutions, la montagne devant nous avec une forte montée de 4km, ou une piste entre champs et forêts à flanc de coteaux sur un peu plus de 7 km mais au moins au plat. On s'engage donc à l'aventure c'est merveilleux et dans la nature.

Dans les champs pas de problème, la piste roule assez bien et As et Altesse sont très motivés.

Arrivés dans la forêt cela se complique, nous allons même planter la roulotte sur ses essieux. Des ornières détrempées et boueuses de plus de 40cm de profond nous bloquent là, à des kilomètres entre Draz et Batina.

Encore de la chance. Est-ce notre bonne étoile ? Le soutien éloigné mais très présent de tous ceux qui nous lisent et nous suivent ?

Bref, la synchronicité nous offre la présence d'un paysan avec son tracteur qui va nous sortir de là en tractant Ritana sur les 400 mètres de cette piste défoncée. On pourra ré-atteler plus loin et arriver à Batina avec peu de dégât, si ce n'est les freins à revoir et à purger, une fuite d'huile ayant déréglé notre précieux système.

Un nuit ici et nous voici à tenter notre entrée ratée en Serbie. Sur la route que nous décidons d'emprunter pour faire notre chemin en Croatie, le lendemain matin on rappelle à notre bon souvenir que la situation est tendue avec cette histoire de réfugiés. A peine les 7 premiers kilomètres parcourus qu'un contrôle de police nous donne la joie de faire connaissance avec les pandores Croates.

 

Voici pour cette fois, nous vous donnerons d'autres nouvelles de Ritana Team très bientôt.

Merci de nous lire et de nous soutenir

 

 

Nouvelles de Ritana 14/09/2015

Ce soir, seconde nuit en Croatie. Nous avons pu rentré dans ce pays sans problème, même s'ils n'ont pas signé les accords Schengen, ils font partie de l'EU et donc les démarches pour nos chevaux ont été faciles.

Demain nous tenterons encore une entrée en Serbie à Batina-Bezdan, sans savoir si ce sera possible que les chevaux soient acceptés à ce poste de douane. Pour nous pas de problème on a déjà le tampon d'entrée dans nos passeports. Dans le cas contraire, nous devrons rester en Croatie sur un peu plus de 170 km et espérer que cela sera possible en douane serbe de Palanka plus au sud du Danube.

Les Croates sont aussi hospitaliers que les hongrois et nous reçoivent avec solidarité et gentillesse.

Nous espérons pouvoir passer demain en Serbie et le plus rapidement possible. La vague de réfugiés syriens pose encore d'autres problèmes. Selon des renseignements reçus de sources officielles mais en privé, la Hongrie a envoyé l'armée bloquer sa frontière Sud avec la Serbie afin de stopper l'afflux de ces réfugiés. C'est vrai que nous avions vu à Hercegszanto des camions militaires et médicaux arriver de toutes parts. Cette vague de réfugiés pourrait essayer de passer en Croatie où ils pourraient rejoindre l'Europe plus facilement. La situation va se tendre dans toute la région et notre contact nous recommande de tenter d'être en Serbie mardi au plus tard.

La suite au prochain épisode !!

Nouvelles de Ritana 10/09/2015

Nouvelles décisions et nouvel itinéraire

 

Bonjour à tous, nos familles, nos amis, nos soutiens et sponsors

 

Nous sommes en pause à Hercegszanto (numéro 1 sur la carte) où nous n'avons pas pu passer la douane Serbe. Il pleut et il fait bon, environ 10 degrés, le temps idéal pour nos Comtois.

Quelques changements sont à l'ordre du jour. Tout d'abord nous attendons ici la visite d'un vétérinaire pour faire un rappel des vaccins de nos comtois, ils sont encore bons jusqu'à fin septembre mais n'étant pas sûrs de trouver des vétos partout en temps voulu, nous faisons les rappels à l'avance.

Notre route change. D'abord nous avions pensé suivre les indications des douaniers et rejoindre (numéro 2 sur la carte) passage de Horgos où Frontex (organe de coopération européenne des frontières) est en place et où se trouve les services vétérinaires douaniers de Serbie. Déjà c'est à 80 km donc 160 km si l'on veut revenir ensuite au bord du Danube. De plus, ce matin en cherchant des informations sur le meilleur chemin, nous apprenons que nous sommes très très loin de connaître la réalité de ce qui se passe en ce moment.

En effet nous ne suivons plus aucun lien d'information sur aucun média quel qu'il soit. Eh bien ici c'est pas la guerre, mais il y en a une qui dérange tout le monde ici et toute l'Europe, c'est l'afflux en masse de réfugiés syriens, afghans, et aussi d'Afrique et du Maghreb. Les couloirs se fermant les uns derrière les autres, tous ces réfugiés finissent en ce moment par remonter les bordures de la Serbie pour atteindre enfin Budapest et Vienne. C'est un chaos de folie, qui fait de la zone entourée en rouge sur notre carte une véritable incompréhension. Des réfugiés par milliers, en vagues successives, partout sur les routes, marchant sur les autoroutes et envahissant la régions nord de Horgos et le sud de la Hongrie. 200'000 réfugiés dans ce seul rayon rouge autour de Horgos. La police est omniprésente partout, même dans notre paisible village, les pandores se trouvent dans l'obligation d'escorter ces réfugiés piétons sur les autoroute pour leur propre sécurité. Un seul mot d'ordre de la part des autorités locales, n'aidez personnes, même dans l'urgence sanitaire ou médicale, ne faites monter personne dans vos véhicules et donc notre roulotte, sous peine d'être poursuivi pour aide aux passages des frontières et de se retrouver derrière les barreaux.

Non mais on va où là, on devrait laisser crever les gens au bord de la route ?

Bref, et ce n'est pas tout. Certains d'entre eux sont dans un tel besoin qu'ils peuvent en être dangereux, donc le renforcement de la sécurité est dans toutes les bouches ces derniers temps dans cette région. Et nos chers douaniers, non contents de nous faire faire 160 km de détour, veulent nous envoyer dans une zone sur-contrôlée et sensible.

Des habitants ici nous conseillent vivement d'éviter cette région et de passer encore plus à l'Est directement en Roumanie. Mais cela est sans compter notre détermination, nous voulons traverser la Serbie et suivre le Danube. Notre volonté est motivée par les bons échos que nous avons sur la beauté et l'accueil dans ce pays, ainsi que de voir Belgrade. Le chemin que nous suivons n'est pas seulement le plus plat, avec eau et herbe à volonté, mais c'est le chemin des pèlerins de Jérusalem, sur la route des Templiers, et le Danube le sang de la terre et du développement agricole au long des siècles des régions que nous traversons.

Donc voilà, puisque nous ne pouvons passer ici, nous ne voulons aller là-bas, nous avons fait appel à notre ami Autrichien qui nous en avait fait la proposition en cas de problème. Haut gradé attaché à la défense Autrichienne, il est devenu après le terrain et les expériences, un diplomate inter-armée en Europe de l'Est et son rayon d'action lui permet de nous aider tant que nous n'avons pas dépassé la frontière Bulgare. Notre appel ne l'a pas trop étonné, il est surbooké dans cette situation, alors nous allons suivre ses recommandations.

Retour à Mohacs (route tracée en verte sur la carte), traversée du Danube avec le Bac-ferry et ce sera une première pour nos Comtois, tant mieux il auront besoin  de cette expérience pour le Bosphore en Turquie. Puis direction Sud par la Croatie pour quelques kilomètres, et pour éviter les montagnes du parc national, nous tenterons de passer en Serbie par la Croatie à Batina (numéro 3 sur la carte). Selon lui on a plus de chance là-bas la situation est plus sereine et les conditions de contrôles vétérinaires plus simplifiés.  Si cela ne fonctionne pas alors on fera toute la route Croate en traversant le Danube et rejoindre la Serbie à Backa Palanka comme initialement prévu. Pour les forts dénivelés on fera comme à Blumberg en Allemagne, on ira à pied avec les chevaux et Ritana attelée par tracteur jusqu'aux sommets rencontrés.

Voici donc notre choix de route, on vous donnera bien entendu des nouvelles de notre aventure.

Salutations et remerciements

Ritana Team

Nouvelles de Ritana 09/09/2015

Refoulés à la frontière !!

2750 km depuis notre départ

Arrivés ce matin à la douane Serbe de Backi-Breg sur l'euro-véloroute R6 nous sommes invités à entrer en Serbie ailleurs. Malgré nos papiers en ordre nous devons faire 80 km de détour pour entrer dans un poste frontière où se trouve des services vétérinaires. Soit 80 km à l'est du Danube que nous voulions suivre. Nous allons faire ces 80 km mais retrouverons le Danube à Belgrade et en attendant on change de route le long de la Tizsca pour économiser de la route.

Les douaniers hongrois, serbes, et la police serbe, tous étaient désolés de nous refuser ce droit de passage qu'ils ont vainement tenté de négocier avec leur hiérarchie. Après 1h30 d'attente et de tractation c'est la peine dans l'âme qu'ils nous renvoient à Tompai Subotica.

Nous voici donc encore une semaine de plus en Hongrie à contourner la frontière direction Est.

Ritana Team

Nouvelles de Ritana 06/09/2015

Enfin de bonnes nouvelles, on va pouvoir reprendre la route !

Chacun, un jour ou un autre, trouve un endroit adéquat et fait son trou...

Mais il y en a d'autres, comme notre Waldo, qui lui en fait beaucoup et partout, en ce moment surtout dans le sable de la plage de Dunafalva.

 

Nous par contre nous avons refusé de faire le nôtre ici, même si Dunafalva est une étape magnifique, que ces jours de pause ici nous ont été très agréables, nous avons fini par trouver un maréchal-ferrant, un vrai, qui travaille non seulement à chaud, mais qui nous a fait un excellent travail avec nos fers neufs.

Il est venu ce matin tôt, et nous avons eu beaucoup de plaisir avec lui, ce qui ne gâche rien, il parle parfaitement allemand.

Merci à toi Béla Kajsza, ton forgeage est parfait, le parage également, ta rapidité étonnante, ton feeling avec nos Comtois appréciable, nous sommes heureux de t'avoir rencontré et d'avoir eu l'honneur d'être de tes clients.

Nous nous devons aussi de vous parler un peu de ce village de Dunafalva. Il mérite le détour et de s'y arrêter, les gens ici sont tous autant les uns que les autres des gens aimables et serviables, nous nous sommes sentis bienvenus et très appréciés, avec toujours cette discrétion respectueuse qui vous caractérise.

Merci à tous vous habitants de ce village pour votre accueil chaleureux. Nous devons aussi un grand merci au Maire Monsieur Erdèsz György. En absence de bancomat il nous a changé de sa poche des euros en forint pour assumer la fin de notre séjour ici. De plus, il nous fallait bien de l'électricité pour ferrer les chevaux, il nous a organisé par l'intermédiaire d'un employé communal, de le faire venir ce dimanche nous ouvrir le courant sur la place de camping qui pourtant était fermée depuis peu et où tout avait été démonté et rangé.  A notre question de : combien nous vous devons ? "Rien de rien, nous sommes heureux si nous avons la chance de vous aider". Merci à vous tous pour avoir toléré notre présence et celle de nos équidés sur vos plages et vos prés. Nous gardons un excellent souvenir de votre accueuil et de ce séjour chez vous.

Après il y a encore le plaisir des rencontres et des surprises. Lors de  la journée du concours d'attelage de Baja où nous étions invités, nous avions rencontré Egdom Van Cauteren. Cet un entrepreneur Belge à la retraite s'étant installé ici, à raison d'un peu plus de 8 mois par an, pour y passer un retraite paisible. Amoureux des traits Franc-Comtois et en possédant 2 juments lui-même, il est venu nous saluer et découvrir notre projet lors de cette journée à Baja. Il avait le lien de notre Blog et le moyen de nous suivre. Nous de notre côté aucun moyen de le contacter et pourtant l'idée nous avait traverser en galérant à la recherche d'un maréchal. Ayant eu vent de cela, il a désespérément chercher à nous joindre par le formulaire de contact de notre blog mais sans succès, il avait une adresse à nous proposer. La surprise, ce matin alors même que nous commencions avec Béla, ils étaient là lui et son homme de confiance. Venu en voiture pour nous retrouver et nous proposer son aide, avec dans son coffre de voiture des fers neufs et toute sa volonté de nous aider.

Ces fers se révèlent trop petits, mais sa visite et sa détermination à nous aider est un souffle de bonheur et de bien être. Les fers nous les avions, mais ne s'arrêtant pas là, Egdom va nous faire un beau cadeau en supportant financièrement notre expédition d'un don substantiel avant de repartir. Merci à toi et bonne continuation, penses aussi à faire un câlin à Pivoine et sa copine tes deux juments de notre part.

Voilà la fin heureuse de notre mésaventure. Dernière nuit ici à Dunafalva pour nous et nos Comtois, demain nous reprenons la route direction Serbie.

As s'est totalement remis de son clou dans le pied, pas d'infection, trou refermé et cicatrisé, fers neufs et bonne motivation après cette longue pause, nous sommes tous prêts à repartir. Cerise sur le gâteau, la canicule nous a tiré sa révérence, il y a même eu de la pluie hier et ce matin, et les températures de ces prochains jours sont annoncées à 25 degrés maxi.

A bientôt sur d'autres lignes

Ritana Team